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« L’Europe, l’Europe... »

Encore et encore des miettes de « pédagogie » (5)

Quelques extraits d’éducation nationale et régionale.

I. En provenance des grandes voix autorisées

Laurent Joffrin, Alain Duhamel, Olivier Mazerolle, Arlette Chabot, Alexandre Adler et Associated Press.

- Comment Laurent Joffrin fait parler Jacques Delors. Confusion dans le camp du oui « de gauche »... Le 12 mai, Le Monde (daté 13 mai) publie une interview de Jacques Delors : « Le devoir de vérité impose de dire qu’il peut y avoir un plan B. Mais une solution rapide est impossible » [1]. « Le devoir de vérité impose de dire qu’il peut y en avoir un mais il faut expliquer l’extrême difficulté du problème », déclare dans le texte de l’interview l’ancien président de la Commission européenne (que la titraille du Monde présente comme le « président du comité de soutien au oui du Parti socialiste ».).

Or, deux semaines plus tôt, dans un mémorable entretien au Nouvel Observateur (28 avril), recueilli par Laurent Joffrin et annoncé en Une par l’exclamation tonitruante « Ils vous mentent » , Delors affirmait : « Il n’y a pas de plan B ».

Delors dit « pas de plan B » le 28 avril (dans l’ Obs), « un plan B » le 12 mai (dans Le Monde). Ça fait désordre... « Les propos de Jacques Delors sur le "plan B" suscitent le trouble » (Le Monde, 14 mai 2005). Le Nouvel Observateur, qui peut légitimement se sentir « trahi » par le revirement de Delors, indique sobrement sur son site Internet (12 mai) (lien périmé) : « " Le devoir de vérité impose de dire qu’il peut y avoir un plan B mais il faut expliquer l’extrême difficulté du problème ", affirme l’ancien président de la Commission au Monde. Fin avril, dans Le Nouvel Observateur, il affirmait qu’il n’y avait pas de plan alternatif. »

Le Canard enchaîné (11 mai 2005) apporte un utile éclairage, sous la forme d’une brève discrète :

« Dernier prétexte à rigolade, au sein du Nouvel Observateur : l’interview de Jacques Delors, jugée trop modérée, voire gnangnan, a été réécrite par Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de l’hebdo. Et “durcie”, afin de pouvoir, face à “la flambée du non”, titrer à la une (le 28/4), et en lettres énormes : “ Ils vous mentent ! ” Un ton agressif que, selon divers confrères du Nouvel Obs, on a fait endosser à Delors, qui n’en demandait pas tant, et le regrette. »

Quelques jours après l’interview de Jacques Delors publiée par l’Obs (28 avril 2005), Le Monde (4 mai 2005) rappelait déjà qu’un an plus tôt, l’ex-président de la Commission européenne confiait avoir « beaucoup de critiques -à faire- contre ce texte » (le projet de Traité constitutionnel) [2].

On ne sait trop ce que Delors pense vraiment ou a exactement dit, mais quand Laurent Joffrin lui donne la parole, mieux vaut se méfier.... [3]

- Alain Duhamel et Olivier Mazerolle interrogent... « 100 minutes pour comprendre » (France 2, 21 avril 2005). Alain Duhamel et Olivier Mazerolle interrogent successivement Valéry Giscard d’Estaing et Jean-Pierre Chevènement. En régardant l’émission, on a nettement l’impression d’un contraste complet entre la déférence à l’égard du premier et l’agressivité à l’égard du second qui peut rarement aller au bout de ses argument. Ce n’est qu’une impression : est-elle fondée ? Une analyse attentive montre par qu’ Alain Duhamel intervient 17 fois face Giscard d’Estaing et ... 27 fois face à Chevènement. Dans le premier cas, ses interventions sont de simples relances (parfois formulées comme des objections émanant de partisans du « non ») ; dans le second cas, ses interventions sont souvent des interruptions ou des objections. Quant à Olivier Mazerolle, entre autres « bons mots », on lui doit celui-ci : « [...] il se répand en France une sorte de grande peur, comme il y a eu la peur de la grande peste, là, on a peur que cette Constitution, ce ne soit une machine libérale à la britannique.  » Et un plus tard, en écho : « Vous savez qu’il y a quand même une grande peur, c’est celle des délocalisations.  » Des peurs irrationnelles, bien sûr.

- Reportés pour cause d’Europe. Dans Libération du 13 mai 2005, Raphaël Garrigos signe un article intitulé « Télé : des reports de circonstance »et mentionne :
- Mon boulot, l’Europe et moi (documentaire qui « retrace l’épopée des ouvriers de Ronal, dont l’usine a été délocalisée en Pologne » ? Programmé pour le 12 mai, reporté au 6 juin.
- Une émission de Un oeil sur la planète (France 2) consacrée à la Turquie ? Reportée en Octobre.
Selon Raphaël Garrigos, Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, aurait déclaré : « Nous ne sommes pas dans un climat de sérénité. En parlant de la Turquie, on nous aurait accusés de faire monter le non et en même temps de faire monter le oui. » Après l’annulation, en avril, de l’invitation de n’épisode José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, dans 100 minutes pour convaincre (France2), l’autocensure devient une règle déontologique de base...

- Alexandre Adler sur France ... Culture. Dans sa chronique des matins de « France Culture », le très élégant chargé des commentaires géopolitiques relève le drame suivant : « Il s’agit purement et simplement du départ de Pinault et du grand musée qu’il avait l’intention de doter de ses collections de peintures contemporaines à l’île Seguin à Boulogne Billancourt. [...] Et bien euh ce beau symbole euh n’existera pas, euh, François Pinault excédé par les tracasseries administratives de toutes natures, reporté d’années en années pour la construction de son musée, a finalement décidé de jeter l’éponge et comme il se trouve que à Venise l’ancienne fondation Agnelli qui est le palais Grassi était disponible, qu’il y avait la possibilité d’y construire rapidement, sans autorisation euh nombreuses et vétilleuses, eh bien François Pinault a décidé donc de se déplacer à Venise. Ce n’est pas une délocalisation loin de l’Europe, c’est en Europe, on puit y construire en euros, la loi italienne n’est pas si différente de la loi française, nous ne sommes pas dans la Roumanie chère à Philippe Devilliers, nous sommes simplement dans le drame français. [...] ».

C’est déjà par mal, mais le meilleur est à venir :

« Donc il ne s’agit pas ici des anglo-saxons que l’on dénonce un peu comme au bon temps de la radio de Vichy, il ne s’agit pas des Japonais, ces petites fourmis, il ne s’agit pas des Chinois qui vont nous dévorer, il ne s’agit même pas des Indiens. Il s’agit de l’Italie. Et je crois que la coupe est pleine. [...] Son choix signifie simplement qu’il y a une France qui aujourd’hui est arrivée au bord de l’explosion, une France sclérotique, une France prétentieuse, une France tournée vers elle-même, une France qui se croit irremplaçable et qui se trompe. Cette France, excusez-moi de ce petit supplément de propagande, c’est bien sûr la France du non . Avant de remporter le référendum, à dieu ne plaise , les partisans du non peuvent se féliciter d’une belle victoire, ils ont fait partir les collections les plus intéressantes d’art contemporain qui existaient sur notre sol vers le palais Grassi à Venise. Après tout, aujourd’hui, grâce à Shengen, c’est encore un peu la France, mais pas tout à fait. » [Transcrit par un correspondant]

- Associated Press, pédagogue. « La Constitution rendra-t-elle l’Europe plus démocratique ? », s’interroge l’Agence le 13 mai 2005. Et elle répond : « Les partisans du « oui » en sont convaincus. Le traité établissant la Constitution européenne va démocratiser l’Union européenne, critiquée depuis sa fondation pour son caractère technocratique et loin des citoyens. » 2451 caractères (espaces compris) explicitent ce point de vue. « Les partisans du « non » objectent que cette « démocratie européenne » restera « virtuelle », selon l’expression de Jean-Pierre Chevènement. » 521 caractères suffisent à prendre connaissance de ses arguments. [Dépêche signalée par un correspondant]

II. En provenance de la presse régionale

Ouest-France, Le Midi-libre, Sud-Ouest, Les Dernière Nouvelles d’Alsace...

- « Référendum : vous avez dit équilibre ? ». Tel est le titre d’un tract du SNJ Ouest-France en daté du 10 mai 2005. Le voici :

« Notre choix européen est connu, écrivait Didier Pillet à la Une du journal du 29 mars. Il sera rappelé et nos éditorialistes ( !) expliciteront les raisons pour lesquelles nous souhaitons la poursuite sans à-coups de l’aventure européenne. Mais cela ne nous exonèrera pas, bien au contraire, de présenter très objectivement ce qui figure dans le traité, ni d’animer loyalement le débat en faisant état, de manière équilibrée, des points de vue qui plaident pour le " oui " comme de ceux qui optent pour le " non ". "

Au deux-tiers de la campagne, qu’en est-il de ces bonnes intentions ? Force est de constater que, pour le moment, elles font plutôt figure de voeu pieux. Pour preuve, une analyse des pages générales (essentiellement la page 2) entre ce fameux 29 mars et le samedi 7 mai. Délibérément, nous n’avons pas comptabilisé les comptes rendus de débats télévisés et meetings de campagne (c’est l’actu), la série des " Une question, une réponse ", les brèves ayant trait aux résultats des sondages, ni les éditos de FRH [François-Régis Hutin]au nombre de quatre.

Têtes sur 7 colonnes favorables au " oui " : 5 (interviews de Giscard, Fisher et Barnier, Raffarin, Solana, Strauss-Kahn) ; favorables au " non " : 2 (Emmanuelli, Villiers).

Articles sur 3 ou 4 colonnes favorables au " oui " ou, plus généralement, exprimant des positions opposées au " non " : 16 (Hollande/Sarko, CFDT, Delors, Moscovici, députés européens à Strasbourg, Le Drian, Poignant, Bayrou, Morillon, Chirac, Lemétayer, Jospin, Sapin, Europe de la culture, Chirac, Barroso) ; favorables au " non " : 7 (Retailleau, Wurtz, Chévènement, Sanchez, Dupont-Aignan, Buffet, manifestation du Front national).

Points de vue favorables au " oui " : 6 (Bouthors, Pisani, Auxiette, Haigneré, Villepin, Balkenende) ; favorables au " non " : 1 (Saunier).

Brèves favorables au " oui " ou citant des positions opposées au " non " : 51 ; favorables au " non " ou relatant des critiques sur le camp du " oui : 19.

On nous objectera sans doute que la période correspond à une très forte avance du " non " dans les sondages, ce qui a rendu le camp du " oui " particulièrement nerveux et prolixe. Aujourd’hui, la tendance semble s’être s’inversée. Pour autant, on voit mal revenir à l’équilibre si fièrement affiché.

En ce qui le concerne, le SNJ ne donne pas de consigne de vote à ses adhérents. Réuni à la mi-avril, son comité national n’en a pas moins jugé critiquable, tant sur le fond que sur la forme, le projet de traité constitutionnel faisant l’objet du référendum du 29 mai. On peut en lire les principales raisons sur le site du syndicat : www.snj.fr ».

Lire : Critique du projet de traité et appel à un traitement éditorial équitable (SNJ)

-  « Midi Libre cajole les partisans du oui ». C’’est ce que prétend L’Acccroche, le journal indépendant de Montpellier. Qui ajoute : « Oui-ouiste ? Le quotidien régional s’en défend et prétend ne pas prendre officiellement parti dans la campagne référendaire. Pourtant, un inventaire méticuleux des articles, chroniques et brèves suggère le contraire... » Mais pour en savoir plus, il faut acheter le n°1, 16 pages en vente 2€, à partir du 21 mai à Montpellier.

- Dans Sud Ouest  : la photo sans NON. Sud Ouest, le 18 mai 2005 publie un article consacré au festival « Avis de KO social » Il est illustré par la photo que voici.

Pas bien intéressant ? Si l’on veut, car sur le site web de Sud-Ouest l’article complet était consultable (... avant de disparaître) en début de matinée ... avec la VRAIE PHOTO :

Stéphane Lhomme, se présentant comme « lecteur de Sud-Ouest sur papier ET SUR LE WEB ! » a adressé la lettre suivante « à Monsieur le Président-directeur général, directeur de la publication de Sud-Ouest » :

« Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’expliquer pourquoi, sur la photo publiée en dernière page de Sud-Ouest (version "papier") du mercredi 18 mai 2005, le Tee-Shirt d’un des personnages est BLANC alors que sur la photo originale il porte de façon EXTRÊMEMENT VISIBLE la mention "NON" tout à fait explicite en ces temps de campagne référendaire.

Je vous remercie par avance de ne pas désigner un "lampiste" qui serait coupable d’une "initiative individuelle".

NB : je suis conscient du risque de boycott dans Sud-Ouest des activités des associations que j’anime, mais je pense aussi que nombre de journalistes (et de photographes !) ne partagent pas cette façon d’ "aménager" la réalité... »

Libération 20 mai 2004, sous le titre, « Sud-Ouest lave plus blanc », publie les deux photos et cette explication du directeur de la rédaction de Sud-Ouest : « C’est une décision malencontreuse, soupire Jean-Paul Brunel [...]. Dans un contexte électoral très sensible et alors que nous veillons scrupuleusement à l’équilibre, quelqu’un a jugé bon d’effacer ce "non" ». Et Libé de poursuivre : « Pas de censure du non au référendum, affirme Brunei qui va présenter ses regrets à ses lecteurs pour ce caviardage "inapproprié". Reste une inconnue : est-ce bien à la Constitution que le tee-shirt disait non ? » . On va se renseigner... Mais la question la plus importante est peut-être celle-ci : un tel « caviardage » serait-il intervenu avec un tee-shirt affichant un « oui » triomphal ? Les Dernières Nouvelles d’Alsace - voir ci-dessous - auraient eu plutôt tendance à l’exhiber...

- La publicité préférée des Dernières Nouvelles d’Alsace . Dans les DNA du samedi 14 mai, une page entière de publicité se présente ainsi :

- Sur la moitié supérieure de la page ((lettres de 11,5 cm de hauteur)

- Sur la deuxième moitié de la page :

Publicité signée « " Les Vitrines de Strasbourg" Association de commerçants »

Plus loin en page rédactionnelle, un petit article dans la rubrique : « Vite dit » : « Dites oui à Strasbourg !", annoncent des affiches sur fond bleu. Ce clin d’oeil est celui de l’association des commerçants "Les vitrines deStrasbourg" pour faire venir les consommateurs dans les magasins qui seront ouverts le lundi de Pentecôte. L’association a aussi réalisé une campagne de pub outre-Rhin pour essayer d’attirer la clientèle allemande à Strasbourg, ce jour restant férié en Allemagne. Rendez-vous lundi pour savoir si c’est le oui ou le non qui l’emportera . »

Lundi 16 mai ou lundi 30 mai ? Hypocrites DNA... (ColMar)

- Les Derniers déséquilibres d’Alsace. Du 4 au 14 mai, Les Dernières Nouvelles d’Alsace ont publié 49 articles de toutes tailles dans le dossier « Référendum sur la Constitution européenne » : 37 favorables au oui, 10 favorables au non, 2 indécis. Ce qui pouvait paraître un rééquilibrage (Lire dans : ) n’était donc qu’un feu de paille (ColMar)

- Toujours plus fort ! - Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 12 mai donnent le résultat probable d’un référendum qui n’aura pas lieu.

Dans un article titré « L’Allemagne ratifie le Traité constitutionnel. Un signal de Berlin avant le vote en France », assorti d’une photo du Bundestag légendée « La ratification allemande ne fait aucun doute », Willy Bodenmuller écrit sous un sous-titre « Les Allemands privés d’un débat de fond » : « D’ailleurs même si le référendum avait eu lieu, le oui l’aurait sans doute emporté à en croire les derniers sondages : 59 % des Allemands approuvent la Constitution, 15 % seulement la rejettent, 26 % sont indécis. Seul regret : nombre d’Allemands ont l’impression qu’on les prive d’un débat de fond sur un texte qu’ils ne connaissent guère. » (ColMar)

- Ces ivrognes qui votent « non » ... et sympathisent avec le Front national. L’information était d’importance et d’une haute teneur explicative. Les Dernières Nouvelles d’Alsace du vendredi 6 mai 2005 publient une « brève » au titre suggestif : «  Ivre, il dit non à la constitution ». Vous voulez tout savoir ? Voici : « L’homme a choisi son camp. Ce sera celui du non. Une décision prise en complet état d’ivresse. La police a interpellé ce Colmarien d’une cinquantaine d’années, hier vers 3 h, en flagrant délit. L’individu venait d’écrire à la peinture « Non à la constitution » sur des containers de la rue de Peyerimhoff, à Colmar. Sur la chaussée, il avait tracé une Croix de Lorraine et le sigle du FN. Entendu au commissariat, l’homme sera poursuivi ultérieurement devant le tribunal pour dégradations. »

 

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Notes

[1Le “plan B”, c’est, dans le vocabulaire des initiés, le dispositif prévu (envisagé, en cours de réflexion...) au cas où le texte proposé actuellement aux Etats membres de l’Union européenne serait refusé, par exemple si le Non l’emporterait au référendum français du 29 mai. Les partisans du Oui sont bien entendu tentés de faire croire que le “plan B” n’existe pas : le TCE ou le chaos...

[2Rappelons, comme le site du Nouvel Observateur quand il traite du Monde, que « Le Monde et Le Nouvel Observateur sont actionnaires l’un de l’autre, au niveau de 6 % pour Le Monde et de 5,5 % pour Le Nouvel Observateur, et que Jean-Marie Colombani est administrateur du Nouvel Observateur ». Voir Le groupe Le Monde (Acrimed).

[3Delors a déclaré à La Tribune (vendredi 20 mai) que ceux qui parlent de Plan B " sont des singes savants qui veulent se rendrent intéressants ", selon Le Monde (22-23 mai 2005). Enfin, presque. Voici comment Le Monde rapporte les déclarations de Delors : " L’ancien président de la commission européenne se fustige lui-même, vendredi, en déclarant à La Tribune que ceux qui parlent de Plan B " (etc.). (En gras : souligné par nous. Acrimed, 21 mai 2005).

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