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« Droit de réponse » ... à Michel Polac

par François Ruffin,

Dans le Charlie Hebdo du 26 février 2003, Michel Polac affirme : « Les Petits Soldats du journalisme sent le bidonnage. »

Et de s’appuyer sur un passage : « Pour défendre un supplément ’Maroc’ pur sucre touristique, Joffrin (directeur de la rédaction du Nouvel Obs, aurait répliqué : ’C’est une de nos meilleures ventes cette année. Et puis moi, j’aime bien. C’est drôle, c’est marrant, c’est parisien. Oh, le pauvre immigré, le pauvre chômeur, on l’a déjà fait dix fois ! C’est vrai, on fait une sorte de Gala pour riches. Il faudrait trouver une cause à défendre. » Et Michel Polac de conclure : « Trop, c’est trop : ce prétendu document n’est qu’un roman feuilleton. »

A cet exemple précis, je voudrais répondre précisément. Cette rencontre avec Laurent Joffrin s’est déroulée le 7 juin 2001. Une camarade a pris des notes - que j’ai adressées par fax à la rédaction de Charlie. On y retrouve, quasiment texto, ma citation.

J’ai également fourni à Michel Polac le numéro de téléphone de cette étudiante - afin qu’elle confirme ou non ma version. Et j’ai proposé d’offrir d’autres coordonnées, d’un étudiant qui, choqué par ce cynisme, a dû conserver un souvenir plus ou moins précis de cette heure mémorable.

A propos d’un autre livre, Polac note : « Est-ce du bidon ? Je ne le pense pas, parce qu’il y avait d’autres témoins.  » J’espère qu’il en tirera la même conclusion pour mon ouvrage.

Je comprends que Polac soit surpris par la crudité de ces propos. Mais le CFJ, c’est parfois, dans ses meilleurs instants, comme une fin de repas de communion bien arrosé : les pontes en visite se déboutonnent, leurs langues se délient, car on est « en famille ».

Enfin, un « bidonnage » ne se « sent » pas : on le prouve, ou l’on se tait. L’on peut me reprocher d’avoir trié les citations : je n’ai pas, de fait, retranscrit deux années de discours. En revanche, comment m’accuser d’en avoir inventé - sans autre indice qu’une intime conviction qui ne repose sur rien ?

Dernière minute : Michel Polac a téléphoné à la camarade qui avait pris des notes. Elle a confirmé. Devrait donc paraître, je l’espère, un rectificatif dans le prochain Charlie.

 

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