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Dix revendications pour sauver l’information (SNJ)

Si le journalisme est devenu un sport de combat, le syndicalisme l’a toujours Ă©tĂ©. Ă€ l’occasion de la dixième Ă©dition des Assises du Journalisme et de l’Information, qui se tiendra Ă  Tours du 15 au 17 mars, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) met Ă  la disposition de la profession dix revendications pour rĂ©gĂ©nĂ©rer les pratiques, assurer les conditions d’une information de qualitĂ© et restaurer la confiance entre les journalistes et les citoyens [1].

1) Création d’une instance nationale de déontologie. Fondée sur le modèle de la Commission de la Carte. Cette instance qui pourra être saisie par toute personne ou institution s’estimant mal traitée, publiera ses avis en s’appuyant sur une Charte d’éthique commune à toute la profession et à toutes les entreprises de médias.

2) CrĂ©ation d’un statut juridique de l’Ă©quipe rĂ©dactionnelle. Il s’agit d’instaurer dans chaque entreprise de mĂ©dias un droit collectif pour incarner l’âme du journal et dĂ©fendre son indĂ©pendance, ainsi que des collèges journalistes obligatoires pour leur permettre d’ĂŞtre reprĂ©sentĂ©s par leurs pairs dans les entreprises.

3) Promulgation d’une loi anti concentrations des mĂ©dias. Pour mettre fin Ă  la mainmise des industriels milliardaires et des multinationales sur l’information, nĂ©cessitĂ© de crĂ©er de nouveaux seuils, qui prennent en compte les audiences liĂ©es aux supports numĂ©riques.

4) CrĂ©ation d’une « taxe Google », s’imposant Ă  tous les agrĂ©gateurs de contenus, afin d’abonder le fonds des aides publiques totalement remaniĂ© pour servir rĂ©ellement leur objectif lĂ©gal initial : pluralisme et qualitĂ© de l’information. EntrĂ©e dans le comitĂ© d’attribution de ces aides des reprĂ©sentants des journalistes et de la sociĂ©tĂ© civile.

5) Conditionnement des aides publiques au respect des règles d’éthique, d’indĂ©pendance, et lois sociales communes Ă  la profession (notamment le respect du salariat et l’application de barèmes de salaires dĂ©cents dans toutes les formes de presse). Augmentation des moyens allouĂ©s Ă  la crĂ©ation d’entreprises de presse Ă  but non lucratif dans le cadre de crĂ©ation ou de reprise d’un mĂ©dia par des salariĂ©s, sous le statut d’entreprise solidaire de presse d’information.

6) Renforcement de la protection des sources des journalistes. Il s’agit de les mettre Ă  l’abri des intrusions facilitĂ©es par la loi Renseignement. Interdiction de poursuites judiciaires ou civiles contre des journalistes et/ou lanceurs d’alerte pour atteinte au secret des affaires, au secret de l’instruction, au secret des correspondances ou de la vie privĂ©e de personnalitĂ©s publiques dans le cadre d’une enquĂŞte relevant d’un impĂ©ratif prĂ©pondĂ©rant d’intĂ©rĂŞt public. CrĂ©ation d’un statut protecteur du lanceur d’alerte.

7) Libre accès des journalistes aux lieux de privation des libertés. Centres d’éducation fermés pour mineurs, centres de détention, centres de rétention. Possibilité de visiter ces lieux sur demande express, dans le respect des règles de sécurité, hors le cadre d’une visite parlementaire. Libre accès des journalistes aux lieux recevant du public, gares, centres commerciaux, salles de spectacles, enceintes sportives, sans avoir à solliciter une autorisation de filmer ou de prendre des photos. Libre accès des journalistes aux informations publiques et documents administratifs.

8) Lutte contre les commentaires de haine. Engagement de tous les médias pour une modération obligatoire des commentaires haineux, sexistes, racistes, homophobes, relayés sur les sites d’infos et les réseaux sociaux des médias.

9) Refonte complète du Conseil SupĂ©rieur de l’Audiovisuel (CSA). Changement de composition, du mode de dĂ©signation de ses membres, et recadrage de ses missions pour Ă©viter toute tentation de s’immiscer dans la dĂ©ontologie des journalistes.

10) Pour un service public de l’information. Une vĂ©ritable indĂ©pendance du CSA vis-Ă -vis des pouvoirs politiques : refonte du mode de nomination afin que la moitiĂ© de ses membres soit dĂ©signĂ©e par les salariĂ©s des entreprises publiques. DĂ©signation des PDG des entreprises de l’audiovisuel public par des conseils d’administrations pluralistes et indĂ©pendants, oĂą siĂ©geront des reprĂ©sentants de toutes les catĂ©gories professionnelles des entreprises concernĂ©es. Augmentation progressive de la redevance afin de la mettre au niveau des ressources de ce type dans les pays europĂ©ens. Abrogation des dĂ©crets « Tasca » qui prĂ©voient des quotas obligatoires de productions privĂ©es dans les programmes. Cette obligation entraĂ®ne le dĂ©veloppement artificiel de sociĂ©tĂ©s de production dont l’activitĂ© est assurĂ©e sur le dos de l’audiovisuel public.

Paris, le 12 Mars 2017

Source : le site du SNJ.

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