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Au nom du pluralisme, taisez-vous !

Une dĂ©claration d’Acrimed qui invite les Ă©conomistes Ă  gages, les chroniqueurs et les Ă©ditocrates qui depuis trente ans chantent les louanges du libĂ©ralisme, Ă  se taire au nom du pluralisme comme de la dĂ©cence la plus Ă©lĂ©mentaire.

VoilĂ  trente ans que les libĂ©raux occupent tout l’espace mĂ©diatique, chantent les louanges de la mondialisation heureuse, de l’Europe des marchĂ©s, et de la baisse des dĂ©ficits publics.

Trente années que ces zélateurs zélés du capitalisme nous abreuvent de doctrines libérales qui causent les crises, détruisent les emplois et bouleversent le climat.

Trente annĂ©es qu’ils braillent contre les dĂ©penses de l’État, appellent Ă  rĂ©duire son pĂ©rimètre, enjoignent d’allĂ©ger la pression fiscale, acclament la concurrence et roucoulent dès que l’on rĂ©duit le nombre de fonctionnaires.

Trente annĂ©es qu’ils accompagnent la casse du droit du travail, qu’ils se fĂ©licitent des dividendes offerts aux actionnaires, prĂŞchent inlassablement le « mĂ©rite » des riches et des rentiers. Trente annĂ©es qu’ils accablent les travailleurs et les plus dĂ©munis, les « tire-au-flanc » et les « privilĂ©giĂ©s » dans leurs mĂ©dias gavĂ©s de subventions publiques.

Trente annĂ©es que ces spĂ©cialistes de la pensĂ©e jetable se trompent sur tout. Qu’ils cĂ©lèbrent la finance triomphante Ă  la veille de la crise des subprimes. Qu’ils vantent la « solidaritĂ© europĂ©enne » quand sont imposĂ©es des coupes drastiques aux pays en difficultĂ©. Qu’ils applaudissent, malgrĂ© la crise climatique, le capitalisme et le consumĂ©risme effrĂ©nĂ© dans leurs mĂ©dias saturĂ©s de publicitĂ©s.

Trente années que les économistes à gages – qui cachetonnent dans les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC40 – les chroniqueurs libéraux ou les simples éditocrates cadenassent la parole et monopolisent des plateaux faits par eux et pour eux.

De « l’État obèse » et « boursouflĂ© » fustigĂ© par Laurent Joffrin dans les annĂ©es 1980 Ă  la « suppression de la cinquième semaine de congĂ©s payĂ©s » prĂ´nĂ©e par Christophe Barbier en 2011, en passant par « la mondialisation heureuse » appelĂ©e de ses vĹ“ux par Alain Minc Ă  la veille des annĂ©es 2000, ils ont assĂ©nĂ© tant de fois le mĂŞme discours, le mĂŞme message, qu’il est connu de tous, et par cĹ“ur : « Vive l’individualisme et le marchĂ© » ; « Ă€ bas la solidaritĂ© et la puissance publique » !

Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, certains retournent (une nouvelle fois) leur veste : c’est l’État tant honni qui est appelĂ© Ă  la rescousse. Mais alors que le système de santĂ© est Ă  bout de souffle du fait des politiques libĂ©rales et des coupes budgĂ©taires, alors que des vies sont en jeu, que penser des sommations Ă  la « baisse des dĂ©penses de santĂ© » d’Éric Le Boucher ? Que penser des prophĂ©ties de Nicolas Bouzou en 2014, selon lesquelles « dans 10 ans, nous aurons deux fois trop de lits d’hĂ´pitaux » ? Que penser des cris d’orfraie d’Agnès Verdier-MoliniĂ© contre « le taux d’absentĂ©isme très Ă©levĂ© qu’il y a dans nos hĂ´pitaux publics » ? Que penser enfin, en pleine crise du Covid-19, des railleries d’Yves Calvi contre « la pleurniche permanente hospitalière » (12 mars 2020) ?

Aujourd’hui plus que jamais, après ces trente annĂ©es de captation de l’antenne, il est temps qu’ils se taisent.

Au nom du pluralisme comme au nom de la décence la plus élémentaire, nous demandons à Jacques Attali, Ruth Elkrief, Dominique Seux, Axel de Tarlé, Alain Minc, Jean Quatremer, Christine Ockrent, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Baverez, Alain Duhamel, Christophe Barbier, Brice Couturier, Jacques Julliard, Franz-Olivier Giesbert, Arnaud Leparmentier, Éric Le Boucher, Nicolas Beytout, Yves de Kerdel, Élie Cohen, Christian de Boissieu, Raphaël Enthoven, François Lenglet, Daniel Cohen, Patrick Artus, Christian Menanteau, Éric Brunet, Yves Calvi, Laurent Joffrin, David Pujadas, Yves Thréard, François de Closets, Pascal Perri, Nicolas Doze, Jean-Marc Sylvestre, Nicolas Bouzou, Jean-Hervé Lorenzi, Olivier Truchot, Dominique Reynié, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié et consorts, de ne plus prendre la parole dans les médias pendant trente ans.

Nous demandons Ă©galement aux mĂ©dias qui les emploient ou qui les invitent – et a fortiori les mĂ©dias du secteur public – d’en profiter pour laisser la place, et faire entendre d’autres voix (qui ne soient pas leurs clones) pendant trente ans.

Dans trente ans, alors, on pourra débattre à armes égales.


Acrimed


Post-scriptum : Nous ne doutons pas que le Conseil supĂ©rieur de l’audiovisuel veillera Ă  ce que le pluralisme soit ainsi strictement respectĂ©.


Annexe (non exhaustive) : (Plus de) trente ans de fulgurances pro-marchĂ©


- 1984, Serge July et Laurent Joffrin  : « Comme ces vieilles forteresses [...], la masse grisâtre de l’État français ressemble de plus en plus Ă  un château fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l’entreprise, par l’initiative, par la communication. » (Hors sĂ©rie de LibĂ©ration)

- 1991, Nicolas Beytout : « Pas de baisse d’impĂ´ts, mais des transferts ; pas de diminution des dĂ©penses ni de remise en cause de certaines fonctions de l’État ; pas d’aide sectorielle massive ni de privatisation rĂ©elle. La France fait toujours bande Ă  part, incapable de choisir, comme le dit Michel Albert, entre "capitalisme rhĂ©nan" et "capitalisme nĂ©o-amĂ©ricain". » (Les Échos).

- 1992, François de Closets  : « Bien gĂ©rer, c’est dĂ©penser moins ou produire mieux. IndiffĂ©remment. Or les deux phĂ©nomènes sont liĂ©s. L’accroissement des budgets et des effectifs s’oppose Ă  l’amĂ©lioration du service car elle permet de ne jamais procĂ©der aux rĂ©formes de fond. » (Le DĂ©bat)

- 1996, Élie Cohen : « La politique monĂ©taire est tellement importante qu’il faut la faire Ă©chapper au processus politique dĂ©mocratique classique. » (La Tentation hexagonale, Fayard)

- 1997, Alain Minc : « La mondialisation est Ă  l’Ă©conomie ce que l’air est Ă  l’individu ou la pomme Ă  la gravitation universelle. » (Le JDD)

- 1998, Daniel Cohn-Bendit : « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marchĂ©. » (Une envie de politique, La DĂ©couverte)

- 1998, Christine Ockrent : « Les patrons en France ont mauvaise presse. On les entend Ă  peine dans le dĂ©bat public. Cette frilositĂ© des grands patrons Ă  s’exprimer sur des sujets d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral constitue une vraie carence de la dĂ©mocratie. » (Les Grands patrons, Plon)

- 1999, Laurent Joffrin : « DĂ©cidĂ©ment, dĂ©finitivement, la France a choisi la modernitĂ©. Ainsi, il ne s’agit plus de se battre pour ou contre l’Europe : l’Europe est faite ; pour ou contre la mondialisation : elle est inĂ©luctable ; pour ou contre la flexibilitĂ© : il y en a un bon usage ; pour ou contre l’économie de marchĂ© : elle est lĂ  et personne ne songe plus Ă  la remplacer, y compris Ă  l’extrĂŞme-gauche. » (Le Nouvel Observateur)

- 1999, Jacques Attali : « La libĂ©ralisation des Ă©changes est une nĂ©cessitĂ©. Elle doit se poursuivre. » (Capital)

- 2000, Philippe Val : « Il ne peut y avoir de dĂ©mocratie sans marchĂ©. » (Charlie Hebdo)

- 2000, Le Monde : « La France adopte enfin la loi sur la concurrence dans l’électricitĂ©. »

- 2002, Arnaud Leparmentier : « Depuis vingt ans, les États europĂ©ens ont fait le mauvais choix. Ils n’ont guère augmentĂ© leurs dĂ©penses rĂ©galiennes — police, justice, armĂ©e, dĂ©penses administratives — [...] En revanche, l’État social (santĂ©, retraites, allocations familiale, chĂ´mage, aide au logement, RMI) ne cesse de progresser. » (Le Monde)

- 2003, Jean-Marie Colombani : « Nous devons souscrire d’autant plus naturellement Ă  l’économie de marchĂ© que nous jouons chaque jour notre vie. » (Acteurs de l’économie)

- 2003, Alain Duhamel : « C’était [...] une erreur et une facilitĂ© de continuer comme on l’a fait le recrutement des fonctionnaires. LĂ , il y a Ă  mon avis une bastille Ă  prendre. Les statuts de 1945 sont des anachronismes qu’il faut Ă©videmment modifier. » (Le Point)

- 2003, Daniel Cohen : « Une fois avalĂ©es quelques dernières pilules amères, comme l’ouverture du capital d’EDF, la France aura accompli le gros de l’adaptation Ă  l’Europe et au monde qui empoisonne sa vie depuis vingt ans. » (Le Monde)

- 2005, Jean-Marc Sylvestre : « [Le libĂ©ralisme est] le meilleur système. La guerre Ă©conomique fait moins de victime que les guerres militaires ou religieuses. » (VSD)

- 2005, Patrick Artus : « Ce qu’il faudrait aujourd’hui pour entamer vraiment la rĂ©forme de l’État, c’est une rupture, un choc. Cela passerait par la remise en cause globale du statut de la fonction publique et la disparition des corps de mĂ©tiers par ministères. » (Challenges).

- 2006, Jean-Michel Aphatie : « La France se retrouve aujourd’hui lourde de 4,7 millions de fonctionnaires, record d’Europe, du monde et de l’Univers, pour la stratosphère seule Pluton fait mieux. » (Blog RTL)

- 2006, Nicolas Baverez : « Il y a quatre leviers simples Ă  actionner : fiscalitĂ© simplifiĂ©e, libĂ©ralisation du marchĂ© du travail, rĂ©forme de l’Etat, rĂ©orientation de la protection sociale vers l’activitĂ©. » (L’Express)

- 2007, Bernard-Henri LĂ©vy : « Ă€ force de ne pas assumer ce qu’elle est, Ă  savoir une gauche de gouvernement - responsable, moderne, libĂ©rale, compatible avec l’Ă©conomie de marchĂ© -, la gauche est aujourd’hui gagnĂ©e par une nouvelle tentation totalitaire » (Le Parisien)

- 2008, Jean-Michel Aphatie : « Ce grand corps Ă©tatique apparaĂ®t mou et flasque, entretenu dans son ankylose par un discours syndical Ă©galitariste, maintenu dans un mal ĂŞtre par un pouvoir incapable de rĂ©guler son fonctionnement » (Blog RTL)

- 2008, Élie Cohen : « L’État doit revoir les dĂ©penses publiques en rĂ©duisant le nombre de fonctionnaires. » (Le Nouvel Observateur)

- 2009, RaphaĂ«l Enthoven : « Pour le meilleur et le pire, l’Ă©conomie de marchĂ© est la dot de la dĂ©mocratie dont l’Ă©goĂŻsme individuel est paradoxalement Ă  la fois le pire ennemi et la meilleure garantie. » (La Tribune)

- 2011, Yves Calvi : « Le seul enjeu de 2012 ne doit-il pas ĂŞtre la rĂ©duction de la dette française et les moyens proposĂ©s pour y arriver ? » (C dans l’air, France 5)

- 2012, Éric Brunet : « Je dĂ©fends l’idĂ©e, âprement, et vous savez que j’y suis attachĂ©, que l’État devrait dĂ©penser moins avant de penser Ă  augmenter nos impĂ´ts. D’abord, des Ă©conomies ! Et des vraies Ă©conomies ! Des vraies Ă©conomies mesdames, messieurs ! » (RMC)

- 2012, Axel de TarlĂ© : « Nous voulons la retraite Ă  60 ans ? Très bien, mais alors il faut "arbitrer", comme on dit. Il faut faire des Ă©conomies ailleurs, sur les dĂ©penses de santĂ©, d’éducation, de chĂ´mage… » (Le JDD)

- 2012, François Lenglet : « Il faut Ă©videmment couper dans les dĂ©penses publiques, parfois très violemment. Mais le plus important est de rĂ©tablir la compĂ©titivitĂ©, qui elle-mĂŞme provoque la croissance et donc fait fondre la dette. » (Qui va payer la crise ?, Fayard)

- 2012, Christophe Barbier : « Il ne s’agit pas de dĂ©penser moins, il s’agit de dĂ©penser beaucoup moins, et vite. Des augmentations promises pour diverses allocations aux 60 000 postes prĂ©vus dans l’Éducation, la liste de ce qui n’est pas raisonnable est fort longue. » (L’Express)

- 2013, Ivan Rioufol  : « Derrière la dĂ©fense du "modèle social" se dissimule l’incapacitĂ© du pouvoir Ă  admettre la faillite de l’État-mamma. Elle oblige Ă  rĂ©duire les aides et les redistributions. [...] L’État est-il si riche et efficace pour se permettre le grand jeu ? » (Le Figaro)

- 2013, Axel de TarlĂ© : « L’austĂ©ritĂ©, ça paye. […] Les pays d’Europe du Sud ont engagĂ© des rĂ©formes douloureuses, avec baisse de salaires et mesures de flexibilitĂ©. [...] Les rĂ©sultats de cette cure commencent Ă  se faire sentir. Tous ces pays sont en train de regagner en compĂ©titivitĂ©. […] La recette allemande, qui prĂ´ne l’effort, fonctionne : il suffisait de perdre quelques kilos pour courir plus vite ! » (Le JDD)

- 2013, Dominique Seux : « Les dĂ©penses publiques, si rien n’est fait, seront en 2014, pour la première fois, les plus Ă©levĂ©es des 27 pays europĂ©ens [...]. Ă€ ce niveau, ce n’est plus de l’aspirine, c’est de la morphine, c’est-Ă -dire une drogue. » (Les Échos)

- 2014, Philippe Dessertine : « Le PrĂ©sident de la RĂ©publique s’y est engagĂ© : d’ici Ă  2017, les dĂ©penses publiques doivent maigrir [...]. Quel programme admirable dans un pays oĂą la rĂ©ponse Ă  tout problème se traduit par un accroissement du dĂ©ficit, oĂą la moindre rĂ©forme rĂ©elle c’est-Ă -dire avec diminution des crĂ©dits, se termine dans la rue. »

- 2014, Agnès Verdier-MoliniĂ© : « Il ne faut pas dire : "Dans l’éducation on ne fera pas d’économie, sur la question du chĂ´mage on ne fera pas d’économie, ou sur les dĂ©partements on ne fera pas d’économie". Il faut que tout le monde participe Ă  l’effort d’économies. » (BFM-TV)

- 2015, David Pujadas : « Jean-Paul [Chapel], petite question complĂ©mentaire : est-ce que [la rĂ©forme] va allĂ©ger ceci : le fameux code du travail avec ses près d’un kilo et demi ? » (JT France 2)

- 2015, Yves ThrĂ©ard : « Vivement 2017 ! […] L’heure sera alors venue de remercier [François Hollande] – au sens figurĂ©, bien sĂ»r – pour exiger une tout autre politique, marquĂ©e du sceau de la responsabilitĂ©. Baisse des dĂ©penses publiques, amaigrissement de la fonction publique, simplification du Code du travail, rĂ©vision de la fiscalitĂ©, reconstruction de l’école ».

- 2015, Ruth Elkrief : « Si les rĂ©formes de l’Eurogroupe ne sont pas faites, alors on crĂ©e la dette de demain, et donc on ne règle rien, on continue Ă  creuser cette dette pour les cinquante prochaines annĂ©es. » (BFM-TV, Ă  propos de la Grèce)

- 2015, C dans l’air : « Parmi les dossiers les plus brĂ»lants, la refonte d’un mastodonte, devenu tabou Ă  gauche : le code du travail et ses 3 600 pages, 11 000 articles… Ă  Ă©crĂ©mer d’urgence. »

- 2017, Pascal Perri : « La bonne formule est finalement d’enrichir les producteurs car eux seuls peuvent ensuite rĂ©partir la richesse produite : ils payent des impĂ´ts, ils investissent et ils crĂ©ent des emplois. Pour dire les choses plus simplement, seule une vraie politique de l’offre permet de redistribuer la richesse. » (Les Échos)

- 2017, Franz-Olivier Giesbert : « Si le libĂ©ralisme de la Chine reste Ă  prouver, ce n’est pas vraiment le cas du communisme d’une France oĂą 5,6 millions de personnes travaillent dans le secteur public, soit 20 % au moins de l’emploi dans notre pays. [...] Je n’oserai parler d’embrigadement idĂ©ologique mais force est de constater que la France est un pays oĂą l’on apprend, dès la petite enfance, que tous nos ennuis viennent de l’ultralibĂ©ralisme, souvent qualifiĂ© de "sauvage". » (La Revue des deux mondes)

- 2018, RaphaĂ«l Enthoven : « Aucune doctrine n’est moins comprise que le libĂ©ralisme, en France. La haine qu’il inspire est Ă  la mesure de l’inculture qui sĂ©vit. » (Causeur)

- 2018, Nicolas Doze : « RĂ©tablir l’ISF se comprend politiquement, mais n’est pas dĂ©fendable Ă©conomiquement. [...] Un pays pauvre est d’abord un pays qui n’a plus de riches. » (BFM-TV)

- 2018, GaĂ«tan de Capèle : « La France continue, seule en Europe, sa course d’escargots. De la grande offensive contre les dĂ©penses publiques, personne n’a encore vu la couleur. » (Le Figaro)

- 2019, François Lenglet : « Quand la santĂ© est gratuite, la demande est illimitĂ©e ! On trouve des gens qui n’ont rien Ă  faire aux urgences mais qui viennent car c’est gratuit. » (LCI)

- 2019, Éric Le Boucher : « Les grèves Ă  l’hĂ´pital ou celle du 5 dĂ©cembre portent, une fois encore, sur "l’insuffisance des moyens". Avec 56 % du PIB, la France est au premier rang de dĂ©penses publiques. Ce "pognon de dingue", comme dit M. Macron, est amassĂ© chaque annĂ©e par des prĂ©lèvements croissants aux dĂ©pens de la compĂ©titivitĂ© du pays. Qui peut imaginer sĂ©rieusement qu’il est souhaitable et possible de poursuivre indĂ©finiment dans cette voie ? » (Les Échos)

- 2019, Nicolas Beytout : « Dommage [que le gouvernement] n’ait pas profitĂ© de ce moment de gĂ©nĂ©rositĂ© pour exiger en retour [des hĂ´pitaux] quelques mesures fortes de rĂ©organisation et de chasse aux dĂ©penses inutiles, dans un secteur qui en compte tant. » (L’Opinion)

- 2019, Brice Couturier : « Il faut Ă  prĂ©sent s’attaquer aux principaux facteurs de blocage de notre Ă©conomie : les innombrables incitations Ă  travailler moins et Ă  profiter plus que comporte un système social obèse, au bord de la paralysie. » (Le Figaro)

- 2020, Bernard Guetta : « Le nĂ©o-libĂ©ralisme n’a certainement pas eu que des torts. Il a sorti des centaines de millions de personnes de la misère absolue [...]. » (Le Point)

- 2020, Nicolas Bouzou : « Nous avons fait le choix de mettre l’économie en sommeil pour protĂ©ger la santĂ© des individus. Donc c’est le capitalisme qui se met au service de la santĂ© des gens. Le dĂ©bat absolu après la crise, ce sera la croissance. Le seul moyen de solvabiliser nos finances publiques, ce sera la croissance. Et la croissance Ă  court terme, ce sera de travailler plus. » (CNews)

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