Mai 68... Quarante ans après
... Commémorations.
La commémoration du 40ème « anniversaires de Mai 68 a été un grand moment de célébration commerciale (Mai 68, ça se vend sous forme de pavés en chocolat), ludique (mai 68, ça se joue… à se reconnaître sur des photos de presse), sondagière (pour savoir « Quels sont vos slogans préférés »…)
Quelques médias n’ont pas lésiné… sur l’occasion de se mettre en valeur :}« Mai 68 sur RTL - Trois mois de festin, trois mois de digestion ». D’autres se sont contentés d’un service minimum, de crainte de perdre, faute de consensus, leurs téléspectateurs : Quarantième anniversaire de Mai 68 : TF1 et M6 se rebellent...,
Mais presque partout, le même cortège d’experts et surtout de notables de « l’événement », leur dernier livre en main, a traversé les studios de radio et les plateaux de télévision pour assurer la promotion d’un mai 68 « consensuel », autrement dit « culturel » : « Quand Serge July et Marie Drucker papotent sur 68 (vidéo) » et « Mai 68 – Journalisme d’entente cordiale sur RTL »
« Ce n’était qu’un début ». Mais des tentatives de lui trouver une suite, il ne fut souvent question que pour les disqualifier : « Mai 68 - Un mot d’ordre d’Arte : « Ce n’était qu’un docu, enterrons-le sous un débat ». Quant à ceux qui ne satisfaisaient pas d’une veillée funèbre, ils durent se contenter d’une effraction : « Mai 2008 s’invite au domicile d’Alain Finkielkraut »
De mai 68, finalement il ne restait, pour l’essentiel que le souvenir du mouvement étudiant et l’évocation fugitive de la grève générale : « Mai 68 - Une tranche de « commémoration » sur France Inter ». La plupart des acteurs n’étaient plus que des témoins, tandis que le commentaire était monopolisé… par les grands détenteurs de la parole légitime, rassemblés autour du « héros » : « Mai 68 - 10 millions de grévistes, un seul survivant : Daniel Cohn-Bendit ? »
Nos articles
À propos de « Sous les pavés 2018 ».
Une célébration qui tourne à l’autocélébration, des commentaires qui se passent de commentaires, des débats pour ne rien dire.
Les programmes des télévisions généralistes publiques et privées (France 2, France 3, TF1 et M6) sur mai 68 : du pareil au même ?
Double fureur de Finkielkraut confronté à l’intrusion de manifestants et à un livre qui l’inscrirait dans une « liste noire » imaginaire.
Où il est question d’une soirée patronnée par Daniel Leconte (avec Philippe Val dans le rôle de l’invité), suivie d’une lettre ouverte des participants à un documentaire sur l’école Vitruve.
Lorsqu’un ex-porte-parole de la contestation étudiante se métamorphose en un très médiatique porte-parole du consensus social.
Une émission de divertissement et de conciliation.
Quand des acteurs de 68 devenus les notaires de son interprétation confisquent les commentaires de ce printemps-là.
Ce qui reste de 68 ? Le divorce de Sarkozy