REDEVANCE ET AUDIOVISUEL PUBLIC : ATTENTION DANGER !
Le lien entre les missions du service public de l’audiovisuel et son mode de financement n’est plus Ă dĂ©montrer. C’est Ă partir de ce lien que nos deux organisations s’expriment aujourd’hui sur les enjeux de la rĂ©forme de la redevance de l’audiovisuel public.
PrĂ©conisĂ©e par N.Sarkozy, cette rĂ©forme s’affiche comme l’unique moyen d’amĂ©liorer et de rendre pĂ©renne le financement de l’audiovisuel public. Sans dĂ©bat cette rĂ©forme est en passe d’ĂŞtre votĂ©e en catimini alors que les agents de la Redevance multiplient les actions pour faire connaĂ®tre leurs exigences en termes de service public.
L’adossement de la redevance audiovisuelle Ă un impĂ´t local (taxe d’habitation) prĂ©sente des risques importants pour l’avenir :
Le montant de la redevance adossĂ© Ă celui de la taxe d’habitation (une seule feuille d’impĂ´t) hypothèque les marges d’Ă©volution du niveau de la redevance.
La nĂ©cessitĂ© d’une augmentation significative et progressive de la redevance va se heurter au problème de l’Ă©volution du poids de la fiscalitĂ© locale dans le budget des mĂ©nages.
La compréhension et la légitimité de la redevance comme mode de financement autonome sera amoindrie.
Les partisans de la budgĂ©tisation pure et simple seront Ă terme confortĂ©s par la perte de lĂ©gitimitĂ© et d’adhĂ©sion au mode actuel de financement autonome par les tĂ©lĂ©spectateurs.
Le recouvrement simultanĂ© avec la taxe d’habitation est prĂ©sentĂ© comme le moyen d’amĂ©liorer le rendement de la collecte de la redevance.
Pour le ministère des finances, cette rĂ©forme s’inscrit dans le cadre d’un plan pluriannuel de suppressions d’emplois. Par cette rĂ©forme le Budget « rĂ©cupère » 1000 emplois !
La productivitĂ© du service de la redevance n’est pas en cause, ses rĂ©sultats sont en constante progression ( l’ensemble des recettes collectĂ©es en 2003 s’Ă©tablit Ă 2,1 milliards d’euros, soit un excĂ©dent de 25 millions d’euros par rapport aux recettes prĂ©visionnelles inscrites en Loi de finances).
Les dispositions lĂ©gislatives et rĂ©glementaires prĂ©vues pour lutter contre la fraude et prendre en compte les dĂ©clarants ne possĂ©dant pas de postes de tĂ©lĂ©vision, risquent très rapidement d’atteindre leurs limites.
Le nombre de dĂ©clarations de non-dĂ©tention de tĂ©lĂ©viseur pourrait atteindre un seuil critique remettant en cause l’existence de la redevance.
Le cumul des exonĂ©rations (TH et redevance) et l’abattement des rĂ©sidences secondaires remettent en cause les chiffres avancĂ©s, voire, selon le ministère de la culture, conduiront Ă une perte par rapport aux actuelles prĂ©visions du service.
Les Syndicats CGT du TrĂ©sor et de l’audiovisuel public se prononcent contre le projet du Ministre des Finances et exigent une nĂ©gociation pour une modernisation de la redevance de l’audiovisuel public.
Ce projet pose clairement la question du devenir de la redevance comme mode de financement autonome de l’audiovisuel public. Toute remise en cause de la redevance constitue une rĂ©elle menace pour les radios et tĂ©lĂ©visions publiques. Ce projet de rĂ©forme concerne pleinement les personnels des radios et tĂ©lĂ©visions publiques.
Au trĂ©sor, l’intersyndicale CGT, FO, CFDT et SU et les personnels des centres de la Redevance se mobilisent quotidiennement pour faire entendre l’exigence d’une modernisation de la mission, du service de la redevance et des moyens correspondants.
Les personnels ne croient pas Ă la viabilitĂ© de la redevance dès lors qu’elle sera adossĂ©e Ă la taxe d’habitation.
Ils croient en leur mission de service public et condamnent les politiques successives de rentabilitĂ© financière du service, caractĂ©risĂ©es par la baisse des effectifs (moins 18% en dix ans !) et le manque d’investissements pour sa modernisation.
Pour la CGT, il est nécessaire de bien prendre en compte les effets des nouvelles procédures adoptées par le parlement en 2003 et de renforcer les moyens du service.
A l’heure actuelle, la qualitĂ© de l’assiette de la redevance dĂ©pend pour une grande part des dĂ©clarations des tĂ©lĂ©viseurs vendu par les distributeurs. Il faut confirmer ces obligations dĂ©claratives et les renforcer pour une plus grande efficacitĂ© et plus de justice.
Un droit de communication aux services de la Redevance des fichiers des câblo-opĂ©rateurs, sociĂ©tĂ©s de tĂ©lĂ©vision payante et fournisseurs d’accès permettrait d’amĂ©liorer notablement l’assiette de la redevance et de dĂ©gager des ressources supplĂ©mentaires.
Les personnels de la redevance et leurs organisations syndicales actuellement en lutte interpellent l’ensemble des acteurs de l’audiovisuel public pour qu’une rĂ©forme prĂ©cipitĂ©e n’aboutisse pas Ă la remise en cause d’une mission et d’un service mettant ce secteur Ă l’abri des pressions de toutes origines.
Le SNT-CGT et le SNRT-CGT appellent Ă une large mobilisation pour le maintien du service public de la redevance et sa modernisation !
L’enjeu d’un financement ambitieux et pĂ©renne de l’audiovisuel public concerne tous les acteurs de ce dossier !