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Médias et extrême droite : de l’accélération au basculement

par Maxime Friot,

Clarifications.

Nous avons expliqué, en long et en large, comment les pratiques ordinaires du journalisme politique, souvent de façon inconsciente, participaient de la banalisation de l’extrême droite. Mais le moment qui s’est ouvert avec la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin marque un tournant, une accélération, un basculement.

La diabolisation hystérique de LFI et du Nouveau Front populaire en est le symptôme évident (nous y reviendrons). Mais, plus directement, nous assistons au glissement explicite d’une fraction du champ journalistique dans les bras de l’extrême droite – s’inscrivant ainsi dans les pas du champ politique et particulièrement de LR (alliance du président, Éric Ciotti, avec le RN ; déclaration du candidat tête de liste aux élections européennes, François-Xavier Bellamy, qui voterait « bien sûr » pour le RN plutôt que pour le Nouveau Front Populaire en général et LFI en particulier).

Une accélération qui se manifeste bien sûr dans le groupe Bolloré. Depuis tout en haut d’abord, puisque Le Monde nous apprend que Vincent Bolloré et Éric Ciotti sont de mèche.

Par les têtes d’affiche ensuite : de Pascal Praud en campagne pour « l’union des droites » à Cyril Hanouna qui tente de mettre en scène sur son plateau le rapprochement de Reconquête avec le RN, après avoir laissé entendre que ce dernier était moins dangereux que LFI – et avoir dit « LFI au pouvoir, moi je pars, c’est sûr ! » puis, sur X (12/06) : « C’était une boutade ! Je serai [toujours] là pour vous mettre devant vos idées nauséabondes et anti républicaines ! […] Vous êtes la honte de la France ! »

Par les petits soldats enfin : c’est ainsi que l’on apprend que le chroniqueur Guillaume Bigot, habitué des plateaux de CNews, sera candidat RN aux élections législatives.

Mais le basculement ne se limite pas aux médias du groupe Bolloré. Premier exemple : d’après BFM-TV, le sondeur médiatique Jérôme Sainte-Marie sera lui aussi candidat RN aux législatives. Deuxième exemple : le directeur des rédactions du Figaro, Alexis Brézet, ne se désolidarise pas d’Éric Ciotti. Troisième exemple : Alain Finkielkraut, dans Le Point, admet la possibilité de « peut-être » devoir « à plus ou moins longue échéance » voter pour le RN pour faire barrage à LFI.

Et la campagne ne fait que démarrer.


Maxime Friot

 
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