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Accueil > Critiques > (...) > Télévisions publiques : sous le règne de Sarkozy

Le grand dépeçage de la télévision publique a-t-il commencé ?

Nous publions ci-dessous un communiqué du SNJ-CGT et du SNRT-CGT.(Acrimed)

Deux semaines après la déclaration fracassante du Président Sarkozy, le 8 janvier, annonçant la fin de la publicité sur les chaînes publiques, le grand dépeçage du groupe public a-t-il commencé dans les arrières cours des cabinets présidentiels ?

La suppression de la ressource publicitaire amènerait-elle une réduction du nombre des chaînes publiques, comme l’avait pressenti la CGT et malgré toutes les promesses sarkoziennes ?

Si l’on en croit le site Internet Mediapart qui semble bien renseigné, c’est la dimension régionale de France 3 qui serait bradée au profit de la presse quotidienne régionale (PQR) dans le cadre de sociétés d’économie mixte où la rejoindraient les conseils régionaux [1]

Objectif : réduire le périmètre public d’un de ses secteurs réputé coûteux (trop de régions dans ce pays !) et redonner de l’air à une PQR dont le modèle économique est quasi moribond.

Cette vieille idée de vente de France 3 par appartements refait donc surface. Bien évidemment, dans ce cadre, on ne voit pas pourquoi serait maintenue à terme une antenne nationale, sinon pour fusionner les deux rédactions nationales de France 3 et France 2 et liquider la chaîne publique de trop !

Le coup est tout à fait possible mais il n’a de sens que si France 3 est bradée, car les groupes de la PQR sont financièrement en grande difficulté. Mais l’Etat a déjà fait ce genre de chose en liquidant par exemple la SFP au dixième de sa valeur à un certain Vincent Bolloré...

En tout état de cause, cette orientation, si elle était confirmée, serait lourde de conséquences. Aucun salarié, aucun citoyen ne pourrait se réjouir d’un tel scénario qui ne protègerait absolument personne et en tout cas pas l’indépendance éditoriale de la chaîne ni la pluralité des médias dans notre pays.

A qui profite le crime ? Certainement pas au groupe public qui retrouve une nouvelle fois un ferment de déstabilisation et de découragement des personnels.

Par contre cela profitera aux groupes privés, car ils jouent une partie serrée où tous les coups sont permis pour récupérer un morceau du gibier. A l’Elysée aussi qui, derrière l’agitation, va chercher à trouver un profit politique à cette opération...

Le président doit s’expliquer ! On ne joue pas ainsi avec l’avenir de plusieurs milliers de salariés ! La CGT appelle le personnel à se préparer dans l’unité à une mobilisation de grande ampleur pour défendre l’audiovisuel public, son périmètre, son indépendance, ses programmes, nos emplois, notre avenir...

Paris, le 28 janvier 2008

 

Notes

[1Lire, sur le site de Mediapart, « L’Elysée discute avec la presse régionale du démantèlement de France 3 » par Gérard Desportes. « Nous démentons catégoriquement » ces allégations, a affirmé à l’AFP le porte-parole de l’Elysée David Martinon. À suivre... (Note d’Acrimed)

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