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Les médias et les manifestations de Gênes

Gênes : témoignages

" Strasbourg, le 23 juillet 2001

Bonjour,

J’écris sur un coup de colère, mais aussi bien entendu à la suite d’une longue réflexion sur les mécanismes médiatiques, pour témoigner de mon dégout de la manière dont les médias traitent des manifestations de Gênes. demandons aux journalistes de faire leur travail de journaliste, de cesser d’obéir au doigt et à l’oeil à leurs rédacteurs cyniques qui aiment vendre du sang à la une des quotidiens, de s’intéresser aux cris du peuple, le vrai, pas celui de casseurs encagoulés de mèche avec la police.

Il est urgent à mon avis que Acrimed participe avec les forces sociales organisées à la mise en accusation des médias et de leur soumission aux forces de l’argent. La question se pose. On ne peut pas rester les bras croisés à répéter éternellement que nous sommes contre les casseurs pour un mouvement pacifique. il nous faut analyser de font en comble, le rôle de la violence, les mécanismes de la "stratégie de tension" mis au point par les gourvernements qui n’hésitent pas à enroler pour leur basse besogne des provocateurs professionels ...

Honte aux journalistes d’obéir aux ordres des maîtres de ce monde, dont la violence quotidienne est illustrée par ce chiffre scandaleux de 30 000 personnes qui meurent de faim chaque jour. Honte aux journalistes de se taire, de préférer leur petite place au soleil,et les diners mondains avec ceux qui ont le sang et la sueur des peuples sur les mains et les yeux braqués sur les indices boursiers.

Honte aux journalistes de regarder passer le train du monde nouveau celui d’une jeunesse assoifée de justice, qui aime faire la fête dans la fraternité, qui ne s’en laisse pas compter et commence à penser par elle -même les voies de son avenir, donne des leçons de civisme à tous ceux qui refusent de voir la mondialisation des peuples en marche… "

Fabien, citoyen vigilant de Strasbourg

A Gênes, le 22 juillet

Lu sur le site d’Indymedia [lien périmé, juin 2010]

" Vers 1h00 du matin, dimanche 22, alors qu’une bonne partie des manifestants étaient sur le retour, la police a investi le centre de convergence ou était basé le centre de presse indépendante et une école qui a servi de dortoir. La violence de la police a été extrême. On compte au moins 40 blessés, dont certains ont été évacués sur des civières. Des témoignages font état de tâches de sang sur les sols et les murs. Ce fut une véritable opération militaire avec des hélicoptères à l’appui. Les locaux ont été saccagés. Le matériel informatique, notamment celui du réseau Indymedia, qui n’a pas été saisi est fracassé. La police détient maintenant des documents confidentiels comme la liste des contacts de l’équipe légale. Une cinquantaine d’arrestations a eu lieu, dont quelques Français. L’opération s’est terminée vers 3h00. "

Nul doute que les "grands" médias vont se mobiliser pour défendre la liberté de la presse et de l’information .

Acrimed, le 22 juillet 2001

 

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