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Face au journalisme de classe (tract)

Un tract d’Acrimed pour les manifestations du 1er mai. Disponible en pdf ici.

RĂ©gulièrement qualifiĂ© de « fĂŞte du travail » par les mĂ©dias dominants, le 1er mai fait l’objet d’une dĂ©politisation massive. Alors que les licenciements se multiplient, les luttes des travailleurs et travailleuses sont passĂ©es sous silence, tandis que les attaques du gouvernement contre le système de protection sociale, les droits des salariĂ©s et les services publics sont relĂ©guĂ©es au second plan.

Dans la droite ligne de la loi de finances 2025 imposant des saignées budgétaires à l’enseignement, la transition écologique, l’AME, la culture, l’audiovisuel public, etc., les politiques austéritaires mériteraient reportages et enquêtes. Mais au lieu d’exercer ce rôle de contre-pouvoir, les médias dominants accompagnent et légitiment la casse sociale.


PrĂ©parer les esprits aux « sacrifices » sociaux


Au cours des deux derniers mois, les sĂ©quences de matraquage patronal se sont de nouveau multipliĂ©es autour de deux mots d’ordre : « travailler plus » et « rĂ©duire les dĂ©penses publiques ». MenĂ©es avant-hier au nom de « l’équilibre » du système des retraites, hier de « l’effort de guerre », aujourd’hui de la lutte contre le « dĂ©ficit public » face Ă  la « guerre commerciale », les campagnes mĂ©diatiques se suivent et se ressemblent. AlignĂ©es sur les positions du gouvernement, elles relaient les intĂ©rĂŞts du patronat.

« Pensions ou munitions ? » ; « Les canons ou les allocations ? » SignĂ©s Dominique Seux (Les Échos, 10/03) et Étienne Gernelle (RTL, 10/03), les deux slogans rĂ©sument le cadrage du dĂ©bat public. « Pas d’échappatoire, il faut rĂ©duire les dĂ©penses publiques », prescrit L’Opinion (7/03), Ă  l’image des Ă©ditos « Ă©co » de l’audiovisuel, de France Inter Ă  BFM-TV. « Il faut choisir : se reposer… ou ĂŞtre libre », prĂ©venait dĂ©jĂ  Olivier Babeau sur Europe 1 (3/03). « Notre sacro-saint modèle social […] ruine consciencieusement le pays », martèle jour après jour Le Figaro (7/03). Le Monde prend toute sa part au matraquage, prĂ©sentant le « douloureux rĂ©veil budgĂ©taire »â€¦ comme une fatalitĂ© : « Le rĂ©armement du pays […] place l’exĂ©cutif dans la situation très dĂ©licate d’avoir Ă  remettre Ă  plat les dĂ©penses de l’État, des collectivitĂ©s locales et de la SĂ©curitĂ© sociale pour trouver des gisements durables d’économies. » (7/03)

Bref, les Ă©ditocrates jouent (presque) partout leur rĂ´le traditionnel de gardiens de l’ordre. PĂ©dagogues de l’orthodoxie nĂ©olibĂ©rale, ils affirment qu’« il n’y a pas d’alternative » et mĂ©nagent les profiteurs de crise pour mieux fabriquer le consentement aux « sacrifices que les Français devraient faire » : « On sait très bien qu’on a une contradiction entre notre modèle social gĂ©nĂ©reux, confortable, solidaire, adaptĂ© Ă  la paix, et la nĂ©cessitĂ© d’aller vers un effort de guerre et une Ă©conomie de guerre. » (Christophe Barbier, BFM-TV, 5/03)


Diabolisation de la gauche sociale et politique


Les voix contestataires sont d’autant plus inaudibles que la diabolisation mĂ©diatique de la gauche sociale et politique se poursuit sur fond de normalisation de l’extrĂŞme droite. La condamnation judiciaire du RN est commentĂ©e comme un « dĂ©ni de dĂ©mocratie » ; une large partie de l’éditocratie fait dĂ©sormais le procès de la justice, accrĂ©ditant les pires slogans de l’extrĂŞme droite contre l’État de droit ; « insĂ©curitĂ© » et « immigration » continuent de polariser l’agenda, polluĂ© par les surenchères des Retailleau, Darmanin, Wauquiez, etc. auxquels les chefferies Ă©ditoriales dĂ©roulent le tapis rouge.

Dans ce grand bain réactionnaire, les urgences sociales et écologiques sont reléguées aux marges, les syndicats de salariés n’ont pas voix au chapitre et La France insoumise continue d’essuyer les calomnies en série, clouée au pilori pour son engagement contre le génocide en Palestine, largement invisibilisé par les grands médias.

Face Ă  cela, il faut soutenir les mĂ©dias indĂ©pendants, seuls capables d’imposer d’autres prĂ©occupations et d’autres voix ; organiser les solidaritĂ©s avec les journalistes qui tentent de faire front en interne ; et continuer de porter les propositions visant Ă  libĂ©rer l’information de l’emprise des industriels et de la communication.


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