Ainsi, dans Libération du 10 avril 2004, on pouvait encore lire à la fin de la brève chronologie des événements qui ont marqué l’année : « Avril - Après que quatre civils américains ont été tués le 31 mars à Fallouja, l’armée américaine riposte et assiège la ville. » [1] Ces prétendus « civils » étaient des mercenaires : on attend encore que la presse française « enquête » et s’interroge vraiment [2].
Leurs employeurs ont pourtant rendu un hommage aux quatre victimes et n’ont montré aucun embarras pour dévoiler la vraie nature de leur présence en Irak
Sur son site Internet, une société américaine privée, Blackwater USA [3], rend hommage à quatre des siens, victimes « d’une attaque non provoquée et des agissements haineux qui ont suivi » le 31 mars 2004 à Fallujah en Iraq et se propose de recueillir des fonds pour aider leurs familles. Blackwater USA était donc l’employeur des quatre civils américains dont le sort a ému et scandalisé le monde entier. Le métier est risqué, ils le savent, et le chagrin de la Direction est quelque peu atténué par la « fierté et la satisfaction de savoir qu’ils aident le peuple iraquien » [4].
Qui a engagé Blackwater USA pour cette (ces ?) mission(s) en Iraq : le gouvernement intérimaire iraquien, après autorisation en bonne et due forme du Département d’Etat ? le Département d’Etat ? Celui de la Défense ? Une ou des multinationales ? Et puis, pour y faire quoi ?
Ces détails-là, on s’en doute, ne sont pas disponibles sur le site. Il faudra - il faudrait...- les chercher ailleurs...