Alain Finkielkraut fut égal à lui-même. Jeannette Bougrab ne cessa de répéter que la République ne devait pas excuser des comportements inadmissibles. Hugues Lagrange tenta d’expliquer que le contexte international, le chômage et surtout la ségrégation sociale étaient des facteurs explicatifs, mais qui n’expliquent pas tout, puisque, selon lui, le conflit des cultures joue un rôle décisif. Il tenta d’expliquer, mais ce qu’il avait à dire n’intéressait personne dans le studio. Et surtout pas Daniel Leconte.
L’émission était commencée depuis une quinzaine de minutes, quand Daniel Leconte intervint [5].
I. Mensonges
- Daniel Leconte : « Écoutez, on est dans le dĂ©ni. Hugues Lagrange va parler du dĂ©ni des cultures, moi je considère qu’on est dans le dĂ©ni de l’information. Et il y a un certain nombre de journalistes, si vous voulez - je ne dis pas tous, Dieu merci, par exemple Le Monde a Ă©tĂ© sur cette affaire exemplaire, Le Figaro aussi – il y a un certain nombre de journalistes qui fonctionnent… »
- Alain Finkielkraut : « Le Figaro, c’est une circonstance aggravante, enfin aux yeux de certains, je pense. »
Passons sur l’article « exemplaire » du Monde. Mais quand on lit l’un des deux articles consacrĂ©s au documentaire par Le Figaro, (« Scènes de machisme ordinaire »), on dĂ©couvre qu’il accrĂ©dite la version proposĂ©e par la rĂ©alisatrice [6], mais sans dire un mot sur cette autre version, mentionnĂ©e un peu partout selon laquelle les tĂ©moignages (45 au total) auraient Ă©tĂ© soigneusement triĂ©s et montĂ©s en fonction du commentaire. Cette omission est, Ă n’en pas douter, une « circonstance aggravante », Monsieur Finkielkraut.
- Daniel Leconte : « En tous les cas, il y a un certain nombre de journalistes qui fonctionnent sur le dĂ©ni. Alors un des Ă©lĂ©ments du dĂ©ni, c’est par exemple vous citez l’Obs. Alors l’Obs, ils sont drĂ´les, ils sont rigolos. Ils disent : "en fin de compte ce film ne rĂ©pond pas Ă la question du pourquoi". Autrement dit, ils demandent aux journalistes de ne pas ĂŞtre sur les faits. Moi depuis que j’ai fait ce mĂ©tier dans le passĂ©, je suis sur les faits en gĂ©nĂ©ral et on demande Ă un journaliste… moi tous les journalistes que je fais travailler, je leur demande de me ramener l’information, les faits. Non, lĂ pour eux, comme d’ailleurs pour LibĂ©ration, c’est la question du pourquoi. D’ailleurs c’est la question qui est posĂ©e Ă Hugues Lagrange et quand Hugues Lagrange, lui, rĂ©pond pourquoi on lui dĂ©nie aussi le droit de le dire pour des raisons purement idĂ©ologiques. Ça c’est la première façon de faire du dĂ©ni.
Mensonge par omission n°1. Il suffit de lire l’article paru dans Le Nouvel Observateur du 23 septembre 2010 (« Le doc qui dĂ©range ») pour dĂ©couvrir que son auteure, Marie Vaton, conteste, non les faits mais leur sĂ©lection arbitraire, avant d’interroger : « Pourquoi ne pas avoir cherchĂ© Ă analyser les causes du machisme des garçons ? Leur malaise, leurs frustrations, les discriminations dont ils sont victimes ? » RĂ©ponse de Leconte : parce que les causes ne sont pas des faits !
Mensonge par omission n°2. Il suffit de lire l’article paru dans LibĂ©ration le 29 octobre 2010 (« La citĂ© des lieux communs ») pour dĂ©couvrir qu’il met, lui aussi, en question, mais modĂ©rĂ©ment, la sĂ©lection des faits et l’usage des tĂ©moignages, avant de prĂ©ciser : « […] ce qui aurait pu ĂŞtre finalement un point de vue d’auteur, une manière caricaturale mais efficace de mettre certains jeunes de quartier devant leur machisme, est malheureusement discrĂ©ditĂ© par le commentaire. Il ne donne jamais les statistiques des violences faites aux femmes, un phĂ©nomène national et pas spĂ©cifique aux quartiers, et est truffĂ© d’erreurs. » Un commentaire truffĂ© d’erreurs sur les faits, Monsieur Leconte…
- Daniel Leconte : « La deuxième, vous parliez de la “fixeuse”. Deuxième façon de fonctionner sur le dĂ©ni, c’est le parti pris. On peut savoir très vite, au bout de 48 heures, que la “fixeuse” en question ment. Il suffit de vĂ©rifier, « ArrĂŞt sur Images » a fait ce travail très facilement. Ils ont vu qu’elle a changĂ© de version quatre fois en un mois et qu’Ă chaque fois elle promettait des choses qu’elle tenait pas, elle parlait de rĂ©fĂ©rĂ©s qui n’ont jamais eu lieu, la presse relayait ce genre de choses, mais ça permettait, si vous voulez, de maintenir en suspicion le travail d’approche que nous avions fait de cette rĂ©alitĂ© ».
Mensonge par omission n°3. L’article d’ « ArrĂŞt sur images » auquel Daniel Leconte fait, semble-t-il, rĂ©fĂ©rence n’est disponible que pour les abonnĂ©s (« La citĂ© du mâle : bidonnage, ou censure ? »). Or non seulement cet article Ă©tablit, pour l’essentiel, non que Nabila LaĂŻb ment mais que le « bidonnage est difficile Ă prouver », mais surtout, il rappelle, en lui laissant la parole que celle-ci n’est pas seulement « fixeuse », mais journaliste, comme le confirme un journaliste du Point, par ailleurs très critique sur le documentaire :
« LaĂŻb est en colère, Ă©galement, pour des raisons qui dĂ©passent le fond du film. "J’ai fait toute l’enquĂŞte, c’est grâce Ă moi si Sanchez a eu tous les contacts" souligne-t-elle. Et lors du montage final, elle a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©e alors qu’elle avait Ă©tĂ© employĂ©e, selon elle, comme journaliste et non seulement comme fixeuse. "Tout au long du tournage, on ne m’a jamais considĂ©rĂ©e comme une journaliste", dĂ©plore-t-elle. La jeune femme, titulaire d’une carte de presse, a travaillĂ© pour France 2, et pour Le Point, comme journaliste. "Elle est parfois difficile Ă gĂ©rer, elle a un fort caractère, mais je n’ai jamais eu de problème avec elle", affirme Decugis, qui la prĂ©sente comme "ayant un pied dans la citĂ©, un pied dans le journalisme". "Ma crĂ©dibilitĂ© en a pris un coup dans la citĂ©", dĂ©plore-t-elle. "J’avais tissĂ© des liens de confiance… tout est parti en fumĂ©e". »
- Daniel Leconte : Il y a une troisième façon si vous voulez, c’est la calomnie. C’est la calomnie de la mĂŞme façon qu’Hugues Lagrange par exemple quand il fait son travail sur le dĂ©ni des cultures, on le soupçonne d’ĂŞtre nĂ©oconservateur, nous on a dit qu’on avait un regard nĂ©oconservateur sur les citĂ©s. Ou bien ça a Ă©tĂ© dans Le Monde diplomatique qui est aussi une rĂ©fĂ©rence, il y a des ennemis qu’on mĂ©rite et j’en suis fier, c’Ă©tait un fĂ©minisme anti-immigrĂ©s. VoilĂ il y a une façon de disqualifier si vous voulez le travail que nous faisons. Quand on n’arrive pas Ă disqualifier ce travail, on essaye de disqualifier les gens. Et donc mis bout Ă bout tout ça fait qu’on tient pendant un mois sur une fiction et qui n’est pas du tout la rĂ©alitĂ© qui est une fiction et qui alimente une certaine presse pour dire une certaine vĂ©ritĂ© qui n’est pas Ă©vidente, pas la nĂ´tre. »
Calomnie, mais de qui ? Il suffit de lire l’article de Mona Chollet, paru dans « La valise diplomatique » sur Le Monde diplomatique, le 1er octobre 2010 (« Sur Arte, un "fĂ©minisme" anti-immigrĂ©s ») pour vĂ©rifier qu’il ne comporte aucune calomnie, mais des faits, surtout des faits, Monsieur Leconte, assortis de commentaires qui, jusqu’à plus ample informĂ©, ne visent pas des « gens » mais leur travail : une prĂ©sentation des « faits » qui en dĂ©figure le sens.
Expliquer, c’est justifier ? De leur côté, Jeannette Bougrab et Alain Finkielkraut s’employèrent à refuser toute tentative d’explication : la première parce qu’expliquer ce serait justifier, le second parce que toute autre explication que la sienne serait une justification. Exemples :
- Jeannette Bougrab : « […] On oublie qu’en France une femme meurt tous les deux jours des coups portĂ©s par son conjoint et ce qui me surprend, c’est… Moi je ne veux pas savoir pourquoi ! Que les choses soient claires ! Mais ce n’est pas le travail du pourquoi. »
- Alain Finkielkraut : « Oui mais Jeannette Bougrab j’ai quand mĂŞme une question Ă vous poser […] Le Monde diplomatique, Le Nouvel Observateur, TĂ©lĂ©rama, sont pleins de bonnes intentions. Ils pensent que montrer des gens qui vous expliquent par exemple "la meuf qui s’est fait tuer dans une poubelle je m’en fiche, ça m’a rien fait", La citĂ© du mâle, c’est entretenir le dĂ©goĂ»t des citĂ©s. Ils prĂ©fèrent le dĂ©ni au dĂ©goĂ»t, ils disent : nous ne devons pas alimenter le racisme. […] On ne va pas parler des jeunes arabes ou des jeunes noirs des banlieues parce que ce sont des victimes potentielles de l’exclusion : alors, quoi qu’ils fassent, ils sont excusables. »
Seul Hugues Lagrange s’efforça à sa façon, évidemment discutable, de quitter ce procès en sorcellerie. Ainsi :
- Hughes Lagrange : « Expliquer et justifier sont deux choses diffĂ©rentes… »
- Alain Finkielkraut (en Ă©cho) : « “Expliquer et justifier sont deux choses diffĂ©rentes”. Je voudrais introduire un autre facteur d’explication… Mais d’abord Daniel Leconte.
Daniel Leconte put alors, tout à loisir, donner la mesure de son immense talent de journaliste…
II. Calomnies
On écoute
Reprenons [7]…
- Hughes Lagrange : « Expliquer et justifier sont deux choses diffĂ©rentes »
- Alain Finkielkraut : « “Expliquer et justifier sont deux choses diffĂ©rentes”. Je voudrais introduire un autre facteur d’explication… Mais d’abord Daniel Leconte. »
- Daniel Leconte : « Oui il y a beaucoup de choses auxquelles je voudrais rĂ©pondre, alors je vais essayer dans l’ordre. Par rapport Ă ce que dit Lagrange sur faire l’effort du pourquoi. Vu la difficultĂ© que vous rencontrez vous-mĂŞme Ă le faire, sachant comment vous rentrez en opposition avec des gens qui vous le reprochent, la confusion qu’il y a dans tout ça, je dis bien sĂ»r et c’est votre travail de sociologue de le faire et de le faire bien, mais ça ne garantit pas la solution au problème. Il y a une difficultĂ© juste sur le constat dĂ©jĂ aujourd’hui parce que les gens ne veulent pas le voir, il y a le dĂ©ni sur le constat lui-mĂŞme, vous en ĂŞtes la victime. Donc dĂ©jà ça. Alors après sur l’interprĂ©tation… »
Et immédiatement après la leçon…
Bidouillage
- Daniel Leconte : « Mais je vais vous citer un exemple qui va vous intĂ©resser Alain, vous allez comprendre pourquoi. C’est un dialogue que rapporte Pierre Bourdieu, il y a 20 ans. Pierre Bourdieu. Il met en prĂ©sence François et Ali, ça va vous intĂ©resser Hugues Lagrange. »
Daniel Leconte lit alors, non un dialogue, mais un extrait d’un entretien sociologique publié dans La Misère du monde [8].
L’entretien tel que Daniel Leconte l’a lu [9]
- Question de Pierre Bourdieu : "Ta copine elle est de la cité aussi ?"
François : "Ouais, elle est de la cité."
- Pierre Bourdieu : "T’habites avec elle ?"
- François : "Comment habiter ?"
- Bourdieu : "J’veux dire t’habites avec elle, t’es pas mariĂ© encore ?"
- François : "Non, non j’suis pas mariĂ©. Non j’suis pas avec elle, non."
- Bourdieu : "Tu vas te marier après le service quoi ?"
- François : "Non, non il faut qu’elle travaille et moi aussi Ă©videmment."Pierre Bourdieu se tourne vers Ali [ajoutĂ© par Daniel Leconte]
- Bourdieu : "Et toi tu as une copine ?"
- Ali : "Bah moi c’est vite fait, bien fait. Non moi c’est vite… [il rigole] Non moi j’aime pas… vraiment qu’elle est bien. Parce que les filles que l’on connaĂ®t sont pas sĂ©rieuses. Vaut mieux connaĂ®tre les filles qui sont bien sĂ©rieuses, mais c’est dur Ă trouver."
- Bourdieu : " Oui. [10] Et celles qui vont avec vous, elles le sont pas ?"
- Ali : "Non, non, elles sont pas sérieuses. Vous lui tournez le dos, ben ça y est vous la voyez plus, elle est déjà avec un autre."
Après cette lecture, Daniel Leconte poursuit :
- Daniel Leconte : « Alors maintenant commentaire de Bourdieu, ça c’est le plus intĂ©ressant : "J’ai d’emblĂ©e bĂ©ni le hasard (j’ai ensuite compris que c’Ă©tait un effet de leur amitiĂ©) qui m’a fait rencontrer ensemble Ali et François. Comment ceux qui liront leurs propos pourraient-ils ne pas voir qu’ils ont en fait tout en commun, hormis l’origine ethnique, Ă laquelle, ils ne font d’ailleurs jamais rĂ©fĂ©rence et Ă quel point sont absurdes et criminels ceux qui introduisent dans le discours politique et dans le cerveau des citoyens la dichotomie immigrĂ©s/nationaux." »
VoilĂ un exemple du respect scrupuleux des faits par le journaliste-sans-idĂ©ologie que prĂ©tend ĂŞtre Daniel Leconte ! Le commentaire de Pierre Bourdieu porte sur un entretien de 13 pages (et le prĂ©cède) : ce n’est pas un commentaire qui porterait particulièrement sur l’extrait lu Ă l’antenne et le suivrait. Or ce petit montage de texte, rĂ©alisĂ© Ă partir d’un ouvrage qu’il n’a sans doute pas lu, permet au producteur d’un documentaire dĂ©jĂ rĂ©putĂ© pour son art de sĂ©lectionner les faits, de laisser entendre que la « dichotomie immigrĂ©s/nationaux » est pertinente puisqu’Ali tient des propos manifestement plus machistes que ceux de François. Comme s’il n’existait pas des « nationaux » dont le machisme n’a rien Ă envier Ă celui d’Ali. Mais Daniel Leconte sait-il ce qu’est une dichotomie ?
Pourtant le pire vient immédiatement après ce bidouillage :
Calomnie
- Daniel Leconte : « Voila ce que disait Bourdieu il y a 20 ans. S’il avait dit autre chose peut-ĂŞtre que Sohane ne serait pas morte. C’est-Ă -dire que, en fait… »
- Alain Finkielkraut : « LĂ , vous allez trop loin quand mĂŞme »
- Daniel Leconte : « Non je vais peut-ĂŞtre un peu loin pour que vous rĂ©agissiez, Alain Finkielkraut. VoilĂ . »
- Alain Finkielkraut : [riant] « Mais je sais que les auditeurs peuvent rĂ©agir. Je suis assez critique avec la pensĂ©e de Bourdieu, mais on ne peut pas lui imputer une responsabilitĂ© aussi lourde que celle-lĂ . »
Alain Finkielkraut « sait » que les auditeurs pourraient rĂ©agir (comme ils l’ont fait quand Jean-Claude Milner a dĂ©clarĂ© Ă l’antenne que Les HĂ©ritiers de Pierre Bourdieu et Claude Passeron Ă©tait un ouvrage antisĂ©mite [11]). Mais il ne relève mĂŞme pas que Daniel Leconte retire Ă peine ce qu’il a affirmĂ© et que la fugitive et timide mise au point du « philosophe » n’arrĂŞte pas « l’amoureux des faits ». Qui poursuit ainsi :
Vilénie
- Daniel Leconte : « Ayant rĂ©agi à ça. On a lĂ une figure absolument spectaculaire du dĂ©ni. »
- Alain Finkielkraut : « Ah oui, c’est le dĂ©ni. »
- Daniel Leconte : « C’est-Ă -dire elle est sous les yeux et on dit exactement l’inverse de ce que l’on vient de dĂ©crire. »
- Hugues Lagrange : « Il faut savoir qu’il y a 20 ans, on repro… »
- Daniel Leconte : « On reproduise Ă l’identique le dĂ©ni ! C’est exceptionnel quand mĂŞme. »
- Hugues Lagrange : « Les filles bien sĂ©rieuses… »
- Jeannette Bougrab : « ArrĂŞtez de parler de ces filles sĂ©rieuses. Le problème c’est que… »
- Daniel Leconte : « Non mais ce n’est pas moi, c’est Bourdieu. » [Rires]
Après une calomnie grossière, une vilénie mensongère qui suscite des rires cultivés au micro de France… Culture. Une vilénie immédiatement corrigée (sans qu’on l’entende distinctement et sans que personne n’y prenne garde) par Hugues Lagrange :
- Hugues Lagrange : « “Les filles sĂ©rieuses”, ce sont les jeunes qui emploient ce mot. »
Pas Pierre Bourdieu, Ă©videmment. Mais Alain Finkielkraut avait sans doute goĂ»tĂ© la « plaisanterie » ! Qu’il n’a pas relevĂ©e, pressĂ© d’en venir Ă l’essentiel, que voici :
- Jeannette Bougrab : « Non mais le truc c’est qu’ils peuvent dire tout ce qu’ils veulent, on leur trouve toujours des raisons, des explications. »
- Alain Finkielkraut : « Ah non, personne ici. »
Personne « ici » ne trouve des explications ? Encore faudrait-il qu’on les cherche puisque « expliquer, ce n’est pas justifier », comme l’a très provisoirement concĂ©dĂ© Alain Finkielkraut.
Épilogue ?
Dix minutes plus tard, la culture reprend ses droits [12].
- Daniel Leconte : « La deuxième chose, Alain, que je voudrais vous dire. La deuxième chose que je voudrais vous dire. Et cette idĂ©e que les premières victimes des islamistes sont les musulmans je veux que les gens l’entendent. La deuxième chose que je voulais vous dire par rapport Ă votre question de l’antiracisme. Moi je pense que c’est une question qui est abordĂ©e, qui est frĂ´lĂ©e dans le livre d’Hugues Lagrange mais qui me parait dĂ©terminante. Et qu’il y avait d’ailleurs dans ce que je vous citais du Bourdieu tout Ă l’heure. C’est l’univers de la classe. C’est l’univers,… le magistère, je pense, le magistère marxiste, la grille de lecture marxiste du monde qu’il y a aujourd’hui en sciences sociales Ă l’universitĂ© française. C’est-Ă -dire que tout ce qui ne rentre pas dans ce moule-lĂ , qui a un critère idĂ©ologique dominant si vous voulez, est expulsĂ©. Et je pense que… alors que c’est quand mĂŞme d’ailleurs du marxisme vulgaire parce qu’il ne faut pas oublier que chez les marxistes il y avait en particulier Balibar et Althusser qui avaient introduits des Ă©lĂ©ments, si vous voulez, qui n’Ă©taient pas de l’Ă©conomisme vulgaire ou du dĂ©terminisme vulgaire par l’Ă©conomie ou le social, qu’on ne trouvait… il y avait dĂ©jĂ chez eux cette Ă©volution. LĂ on est revenu… il y a un retour du social qui permet d’expliquer tout. Et je pense qu’il y a une opposition vent debout de ces gens qui – consciente ou inconsciente – contre un autre type d’explication sur le comportement des gens. »
On n’est pas obligĂ© de relire plusieurs fois ce galimatias d’une rare indigence… On retiendra seulement que Daniel Leconte assène que le marxisme – dont il ignore tout - est dominant dans les sciences sociales françaises et qu’il invoque Étienne Balibar comme si ce dernier avait cessĂ© d’exister, ou du moins d’écrire contre les « thèses » Ă la Leconte-Finkielkraut.
Le droit à la bêtise et à l’ignorance doit être concédé à Daniel Leconte. Mais à quel titre ? Au nom du journalisme ? Sur France Culture ?
Henri Maler (grâce à la transcription de Didier Duterrier)