Conforama a connu ces derniers mois une « sĂ©quence » de communication fortement nĂ©gative. On se souvient de l’affaire des fauteuils importĂ©s sans contrĂ´les suffisants de Chine, braquant le projecteur sur les mĂ©thodes de fabrication et d’achat de certains distributeurs privilĂ©giant le prix bas Ă la qualitĂ©.
En communication, il faut sortir d’une séquence négative pour réorienter la perception médiatique et refaire parler en bien de l’entreprise. Le magasin Conforama du Pont-Neuf à Paris, dont la réouverture est prévue mi-mai, va donner lieu à une vaste opération de communication dans la presse grand public, orchestrée par Publicis et Obraz Conseil. La presse féminine, grand public, et décoration va certainement largement relayer cette information majeure de la réouverture d’un magasin et après la lecture de ce billet, vous ne vous étonnerez plus de voir autant de retombées presse. Je vais vous expliquer pourquoi...
Le mercredi 13 mai, les journalistes sont conviĂ©s en fin de journĂ©e Ă une « confĂ©rence de presse »... enfin ça, c’était le terme officiel quand les journalistes se dĂ©plaçaient pour recevoir de l’information, l’analyser, faire leur travail et restituer au lecteur l’ensemble... aujourd’hui si vous invitez des journalistes Ă une « confĂ©rence de presse »... c’est le bide assurĂ© !

Conforama a donc dĂ©cidĂ© de laisser de cĂ´tĂ© tabous et dĂ©ontologie dont plus aucun journaliste n’apprend l’orthographe du mot. Conforama Pont-Neuf vous invite donc Ă un « shopping dĂ©co », valable pour deux personnes, avec service voiturier s’il vous plaĂ®t. Un shopping d’accord... pourquoi pas... vous venez dĂ©couvrir le magasin et y reviendrez par la suite pour dĂ©penser une partie de vos Ă©conomies.
Mais l’invitation ne semblant pas suffire, Conforama l’accompagne d’un spĂ©cimen de chèque de mille euros, libellĂ© au nom du journaliste invitĂ©. Un chèque au dos duquel vous dĂ©couvrez que pendant la soirĂ©e, ce sont pas moins de 10 000 euros qui seront distribuĂ©s aux journalistes prĂ©sents sous forme de 10 « shoppings » d’une valeur unitaire de mille euros. Un tirage au sort bien ficelĂ©, dont le règlement est dĂ©posĂ© chez un huissier de justice.

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En conclusion :
- Aujourd’hui pour faire venir des journalistes et leur faire parler d’un sujet, il suffit donc de les « acheter » [1], car avec un bon d’achat de 1000 euros on est loin du gadget publicitaire communĂ©ment admis.
- Pour un journaliste prĂ©sent, il n’y a apparemment aucune incompatibilitĂ© Ă faire son mĂ©tier et Ă recevoir un cadeau Ă©quivalent Ă presque un mois de salaire de certains. Parlez en aux « journalistes » du magazine 20ans payĂ©s 10 euros la page ;-)
- Pour une agence de communication comme Publicis il n’y a aucune gène à mettre en place ce type d’opération qui se rapproche dangereusement de la ligne jaune de la corruption
- et pour le lecteur qui s’émerveillera du plan de communication de Conforama Pont-Neuf « dont tout le monde parle », il sera finalement le dindon de la farce, mais le mĂ©ritera un peu car il refuse aujourd’hui de financer une presse rĂ©ellement indĂ©pendante.
Concernant le sujet d’accroche de ce billet, celui des fauteuils bas de gamme, rassurez-vous, Conforama ne change pas de cible ! La campagne d’affichage que vous dĂ©couvrirez dans Paris ne laisse place Ă aucun doute : « le design Ă petit prix dĂ©barque Ă Paris. Jusqu’à - 20% sur tout le magasin »... au moins vous ĂŞtes prĂ©venu. Si vous cherchez une solderie de produits bas de gamme, vous avez l’adresse !
Philippe Nieuwbourg