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AFP-Caracas : les syndicats contre le lockout, le gouvernement vénézuélien aussi...

Les syndicats rétablissent les fils coupés par la direction ; le gouvernement vénézuélien refuse d’accréditer les correspondants "illégaux". Et la direction finit par céder. Nous publions ci-dessous d’abord deux informations, datées du 6 janvier 2005, sur les suites de la décision de la direction de l’AFP de fermer le bureau de Caracas (Sur cette décision, lire : « L’AFP, "patron voyou" au Venezuela » (SNJ-CGT)), puis le communiqué de la direction annonçant les "gel" de sa décision, suivi du communiqué de l’intersyndicale (Acrimed)

I. Oppositions

- Communiqué de l’intersyndicale de l’AFP
Les syndicats rétablissent les fils coupés par la direction


Une délégation d’élus et de représentants syndicaux CGT, SNJ, FO, SUD, CFDT, CGC et CFTC a pris la responsabilité de rétablir les liaisons entre le bureau de Caracas et le réseau AFP, coupées le 1er janvier par la direction, pour permettre aux salariés locaux, qui occupent le bureau, de continuer à assurer la représentation de l’AFP au Venezuela.

Un conflit social mal géré, et la brutale décision du PDG de lockouter le bureau, fait entrer l’AFP dans l’illégalité la plus totale. Les autorités vénézuéliennes ont déjà infligées plusieurs amendes à l’AFP pour non respect de la législation du travail. Avec ce lockout -et une couverture temporairement assurée par des journalistes dans une situation de quasi-clandestinité vis-à-vis des autorités du pays- la direction de l’AFP s’enferre dans une épreuve de force, avec les salariés mais aussi le gouvernement vénézuelien, qui hypothèque gravement la capacité de l’agence à remplir ses missions dans la régions.

Les syndicats CGT, SNJ, FO, SUD, CFDT, CGC et CFTC appellent l’ensemble des journalistes de l’agence à refuser le lockout de la direction contre le bureau de Caracas et à traiter la copie que les salariés de ce bureau enverront sur les fils.

Les syndicats CGT, SNJ, FO, SUD, CFDT, CGC et CFTC demandent instamment à la direction de revenir à la table des négociations pour trouver une solution, respectueuse de la dignité des salariés et des lois locales, qui permettent à l’AFP d’assurer ses missions d’intérêt général d’agence mondiale, telles que définies dans son statut.

Les syndicats CGT, SNJ, FO, SUD, CFDT, CGC et CFTC demandent au PDG de les recevoir dans les plus brefs délais.

Intersyndicale AFP, 6 janvier 2005

- Sur le site d’Aporrea
Caracas refuse d’accréditer des correspondants « illégaux » de l’AFP

Le Gouvernement vénézuelien a informé aujourd’hui qu’il ne donnera pas d’accréditation « à des correspondants étrangers qui se substituent illégalement aux journalistes vénézuéliens de l’Agence France presse (AFP) », qui a fermé ses bureaux à Caracas en raison d’un conflit du travail.

Le Ministère de la communication et de l’Information a affirmé qu’il « n’accréditera aucun correspondant étranger qui prétendrait se substituer de manière illégale à des journalistes vénézuelien de l’AFP dans une période d’élaboration d’un contrat collectif et un conflit du travail devant les instances juridiques et avant que celles ci n’aient rendu une sentence
claire
 ».

Cet avertissement a été fait par le Ministère pour répondre aux « informations qui parlent de l’existence supposée de procédures pour se substituer aux journalistes vénézueliens de l’AFP par des citoyens de nationalité étrangère, fait qui, s’il était avéré, serait en violation avec
les normes du droit du travail en vigueur dans le pays
 ».

La direction centrale de l’AFP a annoncé la fermeture de son bureau de Caracas à partir du 31 décembre, mais le 29 décembre, le Ministère vénézuélien du travail a repoussé cette initiative et a ordonné la poursuite des négociations d’un nouveau contrat collectif.

L’AFP a expliqué à l’Inspection du Travail vénézuelien la fermeture définitive de la délégation de Caracas pour réduire les coûts de fonctionnement et face à l’impossibilité de continuer la discussion du contrat collectif.

Les représentants des travailleurs ont expliqué que l’objectif de l’agence était de réouvrir plus tard avec un autre personnel a qui ne serait pas appliqué les obligations d’un contrat collectif.

Le ministre de la Communication et de l’Information, Andrés Izarra, a déclaré depuis son bureau qu’il « appuyait institutionnellement la décision adoptée par le Ministère du travail (...) qui a décidé de ne pas valider la fermeture de l’entreprise France Presse au Venezuela ».

Il a également exhorté toutes les parties « à parvenir a un accord qui ne soit pas inférieur aux droits des travailleurs, dans le cadre du plus strict respect des lois du travail et de la Constitution ».

- Lire sur le site d’Aporrea : « Caracas negará acreditación a corresponsales "ilegales" de AFP ».

II. Suite et fin ?  [1]

- Un communiqué de la direction

Au vu des derniers développements de la crise à Caracas, la Direction a décidé :

- Le gel immédiat de la décision de fermer le bureau et l’engagement d’une procédure administrative de réouverture auprès des instances compétentes du ministère du Travail.

- Le retour à la normalité du travail rédactionnel, commercial et administratif du bureau de Caracas avec l’ensemble des employés figurant encore dans l’effectif. Les salaires de la première quinzaine de janvier leur seront réglés dans les meilleurs délais.

- L’envoi dès que possible d’un chargé de mission dans l’attente de l’affichage et la nomination d’un chef de poste expatrié.

- La reprise à très brève échéance, sous la responsabilité du Directeur régional Jean-Pierre Gallois, de la négociation sur la Convention collective et sur les départs à négocier.

La Direction rappelle que son objectif final n’a jamais été que l’AFP ne soit plus présente au Venezuela et espère que, après cette crise, les conditions d’un véritable dialogue social réaliste soient enfin réunies

- Un communiqué de l’intersyndicale

L’intersyndicale CGT, SNJ, FO, SUD, CFDT et CFTC de l’AFP prend acte de la décision de la direction de « gel immédiat » du lockout du bureau de l’Agence au Venezuela et d’un « retour à la normalité du travail » dans ce bureau important de l’AFP.

Les syndicats de l’AFP regrettent, qu’une nouvelle fois, il a fallu une mobilisation du personnel pour s’opposer à une décision brutale du PDG, sans aucune consultation ni information, notamment du Comité d’entreprise, qui a porté un grave préjudice à l’image de l’AFP dans le monde.

L’intersyndicale restera très attentive à la suite des négociations entre la direction régionale et le Comité syndical de Caracas.

Elle s’opposera notamment à toute mesure qui viserait à licencier de façon autoritaire des collaborateurs locaux de l’AFP à Caracas.

Intersyndicale CGT, SNJ, FO, SUD, CFDT, CFTC,
17 janvier 2005

 

Notes

[1Publié ici même avec retard, le 2 février 2005.

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