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En Bref

Double peine publicitaire pour les lecteurs des Inrockuptibles

Dans Les Inrockuptibles du 13 septembre on peut voir :

- en pages 2 et 3 une publicitĂ© pour « Black opium », un parfum Yves Saint Laurent.


- en pages 20 et 21 un hommage Ă©mouvant Ă  Pierre BergĂ© dĂ©cĂ©dĂ© le 8 septembre et qui fut le co-fondateur de l’entreprise Yves Saint Laurent [1]. Pierre BergĂ©, 363è fortune française selon le « Classement Challenges 2016 », Ă©tait co-actionnaire du Monde avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse qui est le propriĂ©taire des... Inrockuptibles.




Toujours dans le mĂŞme numĂ©ro de l’hebdomadaire de M. Pigasse [2] on peut voir :

- en pages 8 et 9, une double page de publicitĂ© pour « Miss Dior », un parfum Dior ;


- en pages 56 et 57, un article enthousiaste sur une exposition consacrĂ©e Ă  Christian Dior [3].


Comme dans la plupart des hebdomadaires d’information politique et gĂ©nĂ©rale, dans ce numĂ©ro des Inrockuptibles, plus du quart de la pagination est occupĂ© par des publicitĂ©s [4]. Un envahissement publicitaire qui est un problème en soi. Problème d’autant plus grave lorsqu’à des pages de rĂ©clame rĂ©pondent des articles mettant avantageusement en avant le produit, ou la marque, vantĂ© et vendu par ailleurs. On est alors en droit de se poser quelques questions : s’agit-il d’une fâcheuse coĂŻncidence, peut-ĂŞtre mĂŞme rendue possible par une sĂ©paration absolument impermĂ©able – et vertueuse – entre la rĂ©daction et la rĂ©gie publicitaire du magazine ? Ou au contraire, la rĂ©daction a-t-elle opportunĂ©ment signalĂ© Ă  la rĂ©gie la prĂ©paration d’articles plutĂ´t aimables pour deux marques de luxe qui ont tenu Ă  saluer l’effort par l’achat de ces pages ? Quelle que soit la rĂ©ponse Ă  ces questions, c’est bien Ă©videmment le problème du poids de la publicitĂ© dans le modèle Ă©conomique des mĂ©dias, et ses consĂ©quences sur l’indĂ©pendance des rĂ©dactions, qui est ici posĂ©.

Denis Souchon

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