💰 Dégageons les capitalistes des médias : signez notre pétition !
‹ Retour à l'accueil

Lu, vu, entendu : vide-grenier automnal

DSK, suites – Petites annonces gratuites – On ne meurt qu’une fois – Informations triomphales – Fascinant David Abiker – Impayable Figaro

Il nous avait beaucoup manqué, mais…

I. DSK, suite(s) : France-Soir, es-tu lĂ  ?

Si, par malheur pour ses salariĂ©s, la version papier du journal France-Soir risque de disparaĂ®tre, les recettes qui ont assurĂ© au quotidien « populaire » le succès que l’on sait ne sont pas perdues pour tout le monde…

… Ni pour LibĂ©, qui peut concourir, au concours des meilleures « unes » sur l’« affaire DSK » et ses « suites », dans la mĂŞme catĂ©gorie :

… Ni pour Le Figaro, qui approfondit l’« enquĂŞte sur les clubs Ă©changistes » [1] de France-Soir, avec de nouvelles rĂ©vĂ©lations :

II. Petites annonces gratuites

– Qu’on se le dise : chez Bouygues, on embauche !

Ce n’est pas tout à fait une petite annonce, mais plutôt une publi-interview avec photo, parue dans le gratuit Métro, où un jeune salarié du groupe Bouygues fait la promo du patron. Gratuitement…

Dans la livraison du 10 octobre de l’édition française de MĂ©tro, propriĂ©tĂ© Ă  100 % de TF1 (propriĂ©tĂ© de Bouygues), on trouve en page 18 une interview du dĂ©nommĂ© M. B., salariĂ© depuis peu chez… Bouygues. Le titre de l’interview est d’un optimisme qui fait chaud au cĹ“ur en ces temps de crise : « EmbauchĂ© dans le BTP dès sa fin de stage ». En effet, l’heureux M. B. « n’a pas connu le chĂ´mage. Ni la recherche d’emploi, d’ailleurs : il a Ă©tĂ© embauchĂ© Ă  l’issue de son stage de fin d’études chez Bouygues Constructions en tant qu’ingĂ©nieur de travaux », nous dit-on en introduction. L’interview proprement dite nous apprend la motivation centrale de ce jeune cadre : « Je voulais faire un mĂ©tier concret, qui me permette de voir les rĂ©sultats de son travail ». Mais il n’y a pas que le rĂ©sultat qui compte : « C’est une profession passionnante, oĂą les relations humaines sont très importantes… On croit souvent qu’on est lĂ  pour tirer des câbles, mais ce n’est pas le cas ! » Et… on peut inviter les copains ? Mais oui : « Une fois embauchĂ© chez Bouygues, j’ai pu constater qu’il y avait une demande Ă©norme quand on m’a dit : “Tu peux appeler tes amis de promo car on va embaucher” ». Bref, dans cette publi-interview d’une remarquable efficacitĂ©, un salariĂ© de Bouygues fait l’éloge de Bouygues dans une publication du groupe Bouygues. MĂŞme Dassault n’avait pas osĂ© avec son Figaro. Mais il n’est peut-ĂŞtre pas trop tard. Ou nous avons oublié…

– 17 octobre 1961 : cinquante ans et 20 minutes plus tard

… 20 minutes qui, le 17 octobre 2011, accorde une place significative Ă  la commĂ©moration du massacre : l’évĂ©nement est Ă©voquĂ© dans une brève de cinquante mots, consacrĂ©s, pour l’essentiel, aux dĂ©clarations de Claude GuĂ©ant, ministre de l’IntĂ©rieur. Cinquante mots et un chiffre : ce massacre a fait « deux morts ». Cinquante ans plus tard, 20 minutes en est donc restĂ© Ă  l’information fournie par ce qu’un « gratuit » dans son genre, s’il avait alors existĂ©, se serait sans doute contentĂ© de dĂ©livrer au public le lendemain du massacre : le communiquĂ© de presse du prĂ©fet Maurice Papon du 18 octobre 1961.

II. Scoop : on ne meurt qu’une fois

Mais il faut que cela se sache…

– Bill Gates en avance

Lenouvelobs.com, ou plus exactement un blog hĂ©bergĂ© par Lenouvelobs.com, Ă  l’annonce de la mort de Steve Jobs, s’emmĂŞle un peu les pinceaux :

Cruelle rencontre, cette bĂ©vue est surmontĂ©e d’une audacieuse promesse : « tout savoir avant tout le monde ». Tout et n’importe quoi ?

– Kadhafi, trois fois mort…

L’information est importante, n’en doutons pas. Mais les chaînes d’info en continu qui font des émissions spéciales sur les informations qu’elles continuent à diffuser s’exposent à donner quelque impression de… saturation.

– â€¦ et en direct ?

Une regrettable collision, « indĂ©pendante de notre volontĂ© », sans doute. Mais indice d’un idĂ©al journalistique ?

III. Informations triomphales

– Excès de prĂ©cipitation ?

Lemonde.fr est très « primaire »

Le site du quotidien du soir a veillĂ© tard, ce samedi 15 octobre, pour nous faire vivre en direct le second tour de la primaire socialiste. Ă€ commencer par cet Ă©vĂ©nement fondateur : l’ouverture des premiers bureaux de vote, dans « certains collectivitĂ©s d’outre-mer », qui fait tout naturellement la « une » :

Il faut dire que ce Ă  quoi nous assistons, c’est un triomphe. Quel triomphe ?

La gauche irréaliste appréciera.

– L’erreur est humaine : la CNN est très humaine

... Et ne s’amĂ©liore guère en gĂ©ographie. Nous avions signalĂ© ça :

ArrĂŞt sur images a signalĂ© ça :

À suivre…

IV. Fascinant David Abiker

Europe 1, « Des clics et des claques », mercredi 12 octobre : retour sur la « polĂ©mique » autour de l’apparition d’Audrey Pulvar au cĂ´tĂ© d’Arnaud Montebourg au soir du premier tour de la primaire socialiste. Du dĂ©bat intitulĂ© « journalistes-politiques : liaisons dangereuses ? », on retiendra la conclusion de David Abiker, qui tient Ă  dire « trois choses ». Il aurait mieux fait de s’arrĂŞter Ă  la première.

Ça ne dĂ©marrait en effet pas si mal : « la relation entre Montebourg et Pulvar est connue, et que si aujourd’hui on peut la discuter, c’est que les choses avaient Ă©tĂ© rendues publiques […] Je ne veux pas vous dire combien de bisous j’ai comptĂ©s le matin, le soir, le midi, entre des interviewers jugĂ©s totalement indĂ©pendants et leurs propres invitĂ©s. Quand je dis des bisous, c’est que ça se claque la bise tous les matins, entre journalistes indĂ©pendants et politiques. Non mais, il faut le dire ! » C’est dit. Et notĂ©.

C’Ă©tait le premier point. Le deuxième, « c’est que pour l’instant on n’a qu’un seul cas d’école » : le cas oĂą « les journalistes sont fĂ©minines et les politiques masculins ». David Abiker parvient Ă  dominer le brouhaha des commentaires pour poser le vrai problème : « Qu’est-ce qu’elles ont toutes ces andouilles Ă  tomber amoureuses d’hommes politiques Ă  chaque fois qu’elles les voient ? »

« Ils sont plein de testostĂ©rone, c’est connu », commente une voix fĂ©minine dont le site Internet d’Europe 1 n’a pas pris la peine de prĂ©ciser l’identitĂ©. « Bonne question », approuve quant Ă  lui Guy Birenbaum. Et David Abiker de nous offrir sa bonne rĂ©ponse : « Je renvoie aux femmes qu’elles sont fascinĂ©es par le pouvoir ! Et qu’elles se dĂ©brouillent avec ça ! »

Heureusement, la publicitĂ© a empĂŞchĂ© David Abiker [2] de nous confier la troisième « chose » qu’il avait sur le cĹ“ur.

V. Impayable Figaro

... Qui, dans un article agrĂ©mentĂ© d’infographies, publiĂ© le 10 novembre sur son site Internet, prĂ©tend tester la valeur des prĂ©visions sondagières Ă  six mois de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, en tirant le bilan des prĂ©cĂ©dentes Ă©ditions. Mais, on le sait, l’amour est aveugle. Et mauvais en calcul :
- En 1965 : « De Gaulle l’emporte mais son score est très Ă©loignĂ© des premières prĂ©visions faites par les sondages. »
- En 1981 : « Le favori s’incline. »
- En 1988 : Mitterrand, favori des sondages, « l’emporte dans des proportions Ă  peu près Ă©quivalentes aux prĂ©visions ».
- En 1995 : « En se trompant sur l’identitĂ© des deux finalistes, les sondages rĂ©alisent la plus mauvaise estimation de l’histoire des prĂ©sidentielles. »
- En 2002 : « Le favori l’emporte mais les sondages se trompent sur l’identitĂ© du deuxième finaliste. »
- En 2007 : « Le favori s’incline. »

Conclusion du Figaro ? « Depuis l’Ă©lection de 1965, les sondages voient juste. Une fois sur deux. » CQFD !

Mots-clés

Notre association

Acrimed, observatoire des médias

Acrimed (Action-Critique-Médias) est une association d'intérêt général à but non lucratif, fondée en 1996. Observatoire des médias né du mouvement social de 1995, Acrimed cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d'une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Qui sommes-nous ?

Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres mĂ©dias sont nĂ©cessaires !

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l'association.