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Lu, vu, entendu : « Hommages »

... En tout genre et Ă  des titres divers.

Hommage, donc...

– Ă€ la luciditĂ© d’Alain Minc

Au dĂ©tour d’un article par ailleurs sans grand intĂ©rĂŞt sur Sarkozy et les journalistes, cette observation d’Alain Minc : « Un homme politique qui dĂ©conne, il est battu. Un chef d’entreprise qui prend une mauvaise dĂ©cision, il fait faillite. Un journaliste qui dit une connerie, il est lĂ  vingt ans après ».

Il en va malheureusement de mĂŞme de certains essayistes conseillers des princes, et convaincus de plagiat [1].

– Ă€ l’unanimitĂ© des « experts »

Deux titres repĂ©rĂ©s, le 24 novembre 2010, sur Google News, dont la contradiction flagrante est un hymne aux “experts”, aux agences, et aux mĂ©dias qui les relaient :

- Reuters : « USA - Les stocks de brut ont augmentĂ© moins que prĂ©vu ». Et dans le corps de la dĂ©pĂŞche, cette prĂ©cision : « Les stocks de brut ont augmentĂ© d’un million de barils Ă  358,6 millions [...] Les Ă©conomistes attendaient en moyenne 2,1 millions de barils de hausse ».

-AWP/AFP : « PÉTROLE/USA : hausse inattendue des stocks de brut (DoE) ». Et dans le corps de la dĂ©pĂŞche : « Les stocks de brut ont progressĂ© de 1,0 million de barils Ă  358,6 millions de barils [...] Les analystes [...] anticipaient Ă  l’inverse un repli de 1,9 million de barils ».

– Aux publicitĂ©s du Figaro.fr

Après l’acquittement du gendarme qui a tuĂ© un Gitan, lefigaro.fr a osĂ© un rapprochement audacieux, mais sans doute involontaire. Il serait par consĂ©quent malveillant de l’attribuer Ă  son orientation Ă©ditoriale :

Capture d’écran du 17 septembre 2010 :


– Aux confĂ©rences des « Echos »

« MĂ©dias 2010 » : la confĂ©rence annuelle organisĂ©e le 16 dĂ©cembre 2010 par le groupe Les Echos (en partenariat avec MĂ©diamĂ©trie, TNS-Sofres, etc.), invite les participants Ă  « MonĂ©tiser les contenus et la marque ». Pour celles et ceux qui souhaiteraient y assister, c’est « 950 € HT (soit 1 136,20 € TTC) par personne ». Avec tout de mĂŞme « 0 % de rĂ©duction Ă  partir de la deuxième inscription d’une mĂŞme sociĂ©tĂ© ».

« Ă€ qui s’adresse cette confĂ©rence ? » La prĂ©sentation (en .pdf) sur le site de la TNS-Sofres dresse la liste : « PrĂ©sidents, prĂ©sidents-directeurs gĂ©nĂ©raux, directeurs gĂ©nĂ©raux, directeurs du dĂ©veloppement et de la stratĂ©gie, directeurs marketing et communication, directeurs publicitĂ© et directeurs commerciaux, directeurs diversification et produits dĂ©rivĂ©s, FAI, agences de publicitĂ©, banques et sociĂ©tĂ©s d’investissement, opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms, consultants, journalistes... Et tous ceux qui sont concernĂ©s par l’Ă©volution du secteur des mĂ©dias ».

« Tous ceux qui sont concernĂ©s » ? Aucune rĂ©duction ne semble prĂ©vue pour les prĂ©caires.

– Aux lapsus non rĂ©vĂ©lateurs

- Les repères de L’Alsace

Ce titre relevĂ© dans L’Alsace : « La mosquĂ©e, un espace de foi et un repaire ». Rappelons qu’un « repaire » est, selon le dictionnaire, un lieu qui sert de refuge Ă  une bĂŞte sauvage ou Ă  des individus dangereux.

Quelques heures plus tard, le titre est corrigé...

... mais demeure dans l’adresse URL :



- La « privattitude » du Monde

Un titre Ă©trange sur le site du Monde.fr, le 24 novembre 2010 : « Les banques irlandaises en voie de privatisation ». Et nous qui croyions qu’elles Ă©taient dĂ©jĂ  privĂ©es !


La première phrase de l’article rĂ©tablit la vĂ©ritĂ© : « Les fonds massifs que l’État irlandais s’apprĂŞte Ă  injecter dans les banques du pays grâce au plan d’aide international devraient conduire Ă  une nationalisation quasi totale du secteur bancaire de l’ex-Tigre celtique, assure, mercredi 24 novembre, la presse irlandaise ». Mauvais rĂ©flexe ?

– Ă€ France Inter, paisiblement piratĂ©

Le lundi 1er novembre 2010, dans la sĂ©quence matinale d’Inter activ’, un auditeur se fait Ă©vacuer manu militari de l’antenne par l’animateur Bruno Duvic, au beau milieu d’une question, dont on ne saura pas la teneur exacte
– Bruno Duvic : « Allez, nous allons au standard [...] Bastien nous appelle d’Ile-de-France, Bonjour ! »
– Bastien : « Bonjour »
– Bruno Duvic : « Bienvenue sur France Inter, Sylvie Guillem et Dominique Meyer vous Ă©coutent. »
– Bastien : « Oui, comme vous le savez, c’est uniquement Ă  son amitiĂ© avec Carla Sarkozy que Philippe Val doit sa tĂŞte, sa place Ă  la tĂŞte de... » Les derniers mots de la retranscription sont Ă  peine audibles Ă  l’antenne car Bastien est bruyamment interrompu par Bruno Duvic. Peut-ĂŞtre que Bastien voulait dire : « c’est uniquement Ă  son amitiĂ© avec Carla Sarkozy que Philippe Val doit sa place Ă  la tĂŞte de France Inter ? »
– Bruno Duvic : « Ah, tiens donc, un appel pirate, on est ravis [au point de fermer le micro Ă  l’auditeur], eh bĂ©, Ă©coutez, alors, on va, on va prĂ©ciser une chose : il y a un mĂ©diateur de Radio France qui intervient tous les mois sur l’antenne de France Inter, et vous pouvez adresser vos messages, vos coups de gueule les plus puissants, au mĂ©diateur de France Inter. Vous trouverez son adresse sur franceinter.com, il s’appelle JĂ©rĂ´me Bouvier et il intervient une fois par mois Ă  l’antenne pour faire dialoguer de manière totalement paisible les auditeurs et la direction de France Inter, dont je ne suis pas le porte-parole. La question pipeau que nous avait suggĂ©rĂ©e Bastien sur la fiche qui a Ă©tĂ© transmise, elle est tout de mĂŞme intĂ©ressante : “Sylvie Guillem, en ces temps de crise, est-ce que vous avez des tĂ©moignages sur le thème : la culture nous fait du bien, ça nous fait du bien de venir nous, de venir vous voir sur scène ?” »

Tant il est vrai que, Ă  ce point « ravi » d’un « appel pirate », l’animateur peut finalement trouver « intĂ©ressante » une « question pipeau »... Pour les relations entre la direction de France Inter et l’exĂ©cutif en revanche, il faudra repasser...

– Ă€ l’indignation de SĂ©golène Royal

Souvenez-vous : SĂ©golène Royal, indignĂ©e, avait brandi cette couverture de Challenges en coupant le titre de cet hebdomadaire (Lire « Quelle horreur ! SĂ©golène Royal a dĂ©coupĂ© un confrère de France Inter »)

Un correspondant, dont la mĂ©moire n’a pas flanchĂ©, nous incite Ă  complĂ©ter l’information. Le 29 mars 2007, Challenges offrait sa « une » à… SĂ©golène Royal.

Challenges un jour, Challenges toujours !

– Ă€ Renaud Revel, enquĂŞteur en coulisses

Deux jours (d’enquĂŞte) après l’interview de Sarkozy par un trio de porte-micros triĂ©s sur le volet, Renaud Revel « spĂ©cialiste » mĂ©dias de L’Express, nous dĂ©crit avec Ă©clat les « coulisses » de l’épisode. Les rĂ©vĂ©lations sont fracassantes : y assistait « une brochette de professionnels de tĂ©lĂ©vision qu’entouraient les conseillers du chef de l’État et… Carla Bruni ». Autre surprise : « d’un avis unanime, le chef de l’État est apparu très content et dĂ©tendu au terme de ce long entretien ». Et pour cause : « aucune questions (sic) n’avait Ă©tĂ© occultĂ©e, (Ă  l’exception de l’attentat de Karachi, faut-il corriger, mĂŞme si l’oubli est involontaire) ». M. Revel a le sens de la « correction ».

Professionnels, conseillers, prĂ©sident, « prĂ©sidente », tous sont bien contents. Seule ombre au tableau : « Rodolphe Belmer, de son cĂ´tĂ©, a seulement regrettĂ© que David Pujadas coupe parfois la parole – et l’herbe sous le pied – Ă  Michel Denisot. Une critique Ă  la marge. »

Mais le vĂ©ritable scoop est dans le dernier paragraphe, Ă  savourer : « Quant Ă  David Pujadas, il me faisait remarquer ce matin, avec amusement, après avoir considĂ©rĂ©, lui aussi, que l’émission s’était plutĂ´t bien dĂ©roulĂ©e, que la petite pique du chef de l’État rappelant Ă  Claire Chazal et Ă  lui-mĂŞme, Ă  propos de la problĂ©matique sĂ©curitaire, les journaux de 20 heures de TF1 et de France 2 faisant la part bien belle aux incidents survenus Ă  Grenoble Ă  l’étĂ© 2010  [2], Ă©tait malvenue le concernant puisqu’il Ă©tait en vacances Ă  cette Ă©poque ».

Amusant, non ?

– Ă€ Jacques Julliard, pour l’ensemble de son Ĺ“uvre

Le 18 novembre 2010, Jacques Julliard, 77 ans et jusqu’ici pimpant directeur dĂ©lĂ©guĂ© du Nouvel Observateur, oĂą il Ă©tait entrĂ© en 1970, annonce dans une lettre aux salariĂ©s qu’il quitte le journal de Jean Daniel, pour rejoindre Marianne : « Deux sentiments ont inspirĂ© ma dĂ©cision. D’abord, le besoin de rompre avec mon confort intellectuel et de me remettre en cause. Ensuite, le sentiment qu’à la place que j’occupe, Ă  l’âge que j’ai, je n’ai plus guère de chances de peser sur l’avenir de ce journal : ni sur ses orientations, ni sur sa formule, oĂą je m’inquiète de voir trop souvent le cĂ´tĂ© magazine l’emporter sur notre vocation originelle et notre “cĹ“ur de mĂ©tier”. »

S’apercevoir en 2010 de l’évolution “magazine” du Nouvel Obs pour s’en consoler dans les bras de… Marianne, voilĂ  donc la dernière facĂ©tie de cet ancien membre de la Fondation Saint-Simon.

Or celui-ci, le 18 janvier 2010, dans une tribune publiĂ©e par LibĂ©ration et intitulĂ©e « Vingt thèses pour repartir du pied gauche », fustigeait le « capitalisme financier » et des « tendances » dont on ne se souvient pas qu’ils aient beaucoup Ă©mu en son temps… la Fondation Saint-Simon. « L’Europe, qui, Ă  cause des positions de ses deux nations de tĂŞte, l’Allemagne et la France, aurait dĂ» jouer un rĂ´le de contrepoids aux tendances hyperlibĂ©rales du capitalisme anglo-saxon, a failli complètement […] Conduite par des politiciens mĂ©diocres et sans vision, elle s’est faite l’instrument docile des tendances les plus dĂ©rĂ©gulatrices du capitalisme international [3].

Ă€ titre d’hommage au sparring-partner de Luc Ferry sur LCI (groupe Bouygues), rappelons d’autres exemples de cette luciditĂ© borgne qui fait tout le charme du nouvel Ă©ditorialiste de Marianne :

Dans L’AnnĂ©e des dupes, (Le Seuil, 1996), celui-ci donnait quelques indications sur son « genre de vie » :

- Jeudi 9 fĂ©vrier : « DĂ®ner chez Anne Sinclair avec DSK, Olivier Duhamel et Évelyne »
- Lundi 13 mars : « DĂ©jeuner avec Jacques Chirac au Nouvel Obs. En plus de l’état-major du journal, on avait invitĂ© une brochette de patrons prestigieux : Vincent BollorĂ©, Michel David-Weill, Jean-Luc Lagardère, Didier Pineau-Valencienne, Antoine Riboud, Serge Trigano, etc. »
- Lundi 20 mars : « Le soir, dĂ®ner chez Caroline Lang [...]. Il y a lĂ  tout le gratin de la presse, Giesbert, PPDA, Christine Ockrent, quelques intellectuels, BHL, etc. »
- Samedi 25 mars : « Joyeux et sympathique dĂ®ner chez Pierre et Blandine Rosanvallon. »
- Vendredi 31 mars : « DĂ®ner avec Nicolas Sarkozy chez Bernard-Henri LĂ©vy. »

Mais deux ans plus tard, dans L’AnnĂ©e des fantĂ´mes (Le Seuil, 1998), Jacques Julliard ne dĂ©colĂ©rait pas contre la gauche caviar [4] : « Il y a dans la gauche caviar un tel dĂ©calage entre le discours public et le genre de vie, autrement dit une telle hypocrisie sociale, qu’elle dĂ©valorise tout ce qu’elle touche. » Faut-il en conclure qu’il faut ajuster le discours public Ă  la prĂ©servation du « genre de vie » ?

Est-ce encore le cas ? Le 3 novembre 2010, sur le site du Nouvel Ă©conomiste, le mĂŞme estimait que « la lutte des classes, ce n’est pas un principe, c’est un constat ». Un constat, immĂ©diatement tempĂ©rĂ© par cet autre : « L’allongement de la durĂ©e des cotisations me paraĂ®t inĂ©luctable. […] Le mot mĂŞme de retraite et l’attachement qu’il a suscitĂ© indiquent bien combien ce pays est tournĂ© Ă©conomiquement et socialement vers le passĂ© »â€¦ Traduisons : c’est parce qu’ils sont attachĂ©s « au mot mĂŞme de retraites » que les salariĂ©s se sont mobilisĂ©s ; la lutte des classes les dĂ©tournerait ainsi de l’avenir…

La liberté d’opinion des chroniqueurs et des éditorialistes ne leur crée aucune obligation de décence ou de cohérence. En passant du Nouvel Observateur à Marianne, Jacques Julliard témoigne en faveur de cette liberté… et de son absence d’attachement au mot même de retraite.

– Ă€ Perico LĂ©gasse, franchisseur de limites

Ă€ Marianne, Jacques Julliard rencontrera sans doute Perico LĂ©gasse, rĂ©dacteur en chef de la rubrique « Art de vivre » et grand pourfendeur (Ă  ce titre ?) des privilèges. De ceux qui ont les moyens de bĂ©nĂ©ficier de cet « art de vivre » ? Des patrons-voyous et des dĂ©tenteurs de stock-options ? Évidemment pas. Dans un article finement intitulĂ© « Les limites franchies de l’indĂ©cence syndicale », il s’agit du privilège de Didier Le Reste, secrĂ©taire de la FĂ©dĂ©ration des cheminots CGT, qui prend sa retraite Ă  55 ans. « Ce monsieur », Ă©crit notre artiste « a le pouvoir de bloquer une partie du pays, de prendre parfois - un peu - en otage les salariĂ©s et les travailleurs de ce pays ».

Du reste, sa situation personnelle n’est pas en cause, poursuit l’esthète de Marianne, qui « trouve seulement qu’il y a une lĂ©gère dichotomie entre le sort des uns et le statut des autres, entre le pouvoir d’embĂŞter une population innocente pour prĂ©server des acquis pas forcĂ©ment justifiĂ©s et l’impuissance de ceux qui sont lĂ  pour subir, entre le discours misĂ©rabiliste de nantis sociaux et le silence d’une majoritĂ© de prĂ©caires qui eux aussi aimeraient bien que l’on se mobilise pour attĂ©nuer leur calvaire. Mais l’action syndicale est trop souvent l’apanage d’une certaine catĂ©gorie de privilĂ©giĂ©s qui exigent la solidaritĂ© de ceux pour lesquels ils ne lèveront jamais le petit doigt ». Et puis d’ailleurs, est-il bien raisonnable de se « mobiliser », puisque « l’on sait que l’allongement de l’âge de la retraite Ă  62 ans n’est hĂ©las qu’une Ă©tape provisoire vers celui, inĂ©vitable, Ă  65 ans »  ?

Et si la situation personnelle de Le Reste n’est pas en cause, demeure tout de mĂŞme cette question : « est-il le mieux placĂ© pour exiger des pouvoirs publics une attitude de justice quand lui-mĂŞme bĂ©nĂ©ficie d’une prĂ©bende aussi illĂ©gitime ? »

– Ă€ la colère triste de Jean-François Achilli

Le 9 novembre, sur son blog, dans un billet pathĂ©tiquement intitulĂ© « U troppu stroppia (trop, c’est trop) », le chef du service politique de France Inter laisse parler son cĹ“ur (brisĂ©) : « Je voudrais au travers de ces lignes exprimer ma colère et ma tristesse ». La cause de tant d’émotions ?

Rien de moins qu’un Ă©cho du Canard EnchainĂ© du mercredi 10 novembre 2010, oĂą il « est dit qu’Europe 1, qui veut recruter un nouveau responsable pour son service politique, hĂ©siterait sur ma personne, craignant “de se voir reprocher le recrutement d’Achilli, du genre plutĂ´t tendre avec Sarkozy, Ă  l’approche de 2012” ».

Ă€ la diffĂ©rence de sa consĹ“ur Françoise Degois, qui a rejoint l’équipe de SĂ©golène Royal après avoir suivi sa campagne pour France Inter, Jean-François Achilli n’a pas intĂ©grĂ© l’ÉlysĂ©e, après avoir suivi, pour la mĂŞme station, Nicolas Sarkozy dans tous ses dĂ©placements depuis 2004 [5]. Cette suspicion est donc infondĂ©e et insupportable : « Je suis en colère, parce qu’il y en a marre : je ne suis ni pour ni contre Nicolas Sarkozy, Martine Aubry ou qui que ce soit d’autre. L’antisarkozysme est insignifiant, et le militantisme est la fin du journalisme ».

VoilĂ  pour la colère. La tristesse vient sans doute d’un autre constat : « Je constate une fois de plus que la paresse l’a emportĂ© sur le professionnalisme ». Car « si le courageux plumitif du Canard avait pris le soin de m’appeler, c’est-Ă -dire faire son job », il aurait eu des preuves dĂ©cisives que le penchant sarkozique d’Achilli n’est que pur fantasme. Jugez plutĂ´t : « il aurait dĂ©couvert que je m’étais officiellement retirĂ© du tour de table d’Europe 1 et que tous mes papiers dits sur l’antenne de France Inter, et signĂ©s, sont accessibles sur mon blog, en toute transparence ».

Mais tout est bien qui finit bien, car Jean-François a heureusement « dĂ©cidĂ© de ne pas me laisser dĂ©goĂ»ter de [son] mĂ©tier. » Ouf ! InterrogĂ© dans Paris Match du 4 novembre 2010 sur son Ă©mission « Dimanche soir politique » sur France Inter, Achilli donnait une idĂ©e de son « cĹ“ur de mĂ©tier », comme dirait Julliard : « Notre but est d’ĂŞtre repris aux 20 heures des tĂ©lĂ©visions et dans la matinale du lundi ». Noble cause.

– Au Figaro, lecteur de Karl Marx

Le titre est prometteur : « Les leçons d’une crise sociale et sociĂ©tale ». C’est celui d’un article d’Yves de Kerdrel, paru dans Le Figaro, mardi 2 novembre 2010. Sans surprise, le penseur-maison se fĂ©licite du vote de la rĂ©forme des retraites et du « dĂ©gonflement plus rapide que prĂ©vu des mouvements sociaux ». Parmi les leçons qu’il tire de « cet Ă©pisode », celle-ci : « le social n’existe pas, il n’existe plus ». Diable ! Mais c’est sans doute une opinion, cette fois solidement fondĂ©e : « Karl Marx avait raison lorsqu’il tentait de prouver que tout est Ă©conomique. » Pas de doute : il avait raison de tenter de prouver une telle stupiditĂ© !

– Ă€ l’« ultra-violence » d’Élise Lucet

Lundi 18 octobre 2010, l’Ă©mission « Pièces Ă  conviction » est consacrĂ©e Ă  « l’ultra-violence ». Des guerres en Irak et en Afghanistan ? Pas exactement. InterrogĂ©e par le blog TVnews, la prĂ©sentatrice de l’émission, Élise Lucet, apporte quelques prĂ©cisions. C’est d’abord la violence des jeunes : « Ces derniers temps, nous avons assistĂ© Ă  des faits de violence extrĂŞmement graves qui impliquent très souvent des jeunes ou des très jeunes. Nous nous sommes donc interrogĂ©s sur cette ultra-violence et nous avons voulu essayer de comprendre d’oĂą elle venait ». Et d’oĂą vient-elle ? « ... nous avons voulu essayer de comprendre d’oĂą elle venait pourquoi certains caps ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©s, car mĂŞme les jeunes qui ont aujourd’hui 20 ans dans les citĂ©s reconnaissent n’avoir jamais atteint ce niveau de violence ».

L’ultra-violence, c’est donc la violence des jeunes des citĂ©s. Un raccourci malheureux ? Non, une confusion que confirme toute la suite de l’interview qui alterne gĂ©nĂ©ralisations fantasmatiques et clichĂ©s apocalyptiques sur les « banlieues » – et sur elles seules : « Nous sommes allĂ©s en Seine-Saint-Denis, dans plusieurs villes de la rĂ©gion parisienne, et Ă  Grenoble, dans le quartier de la Villeneuve [...] Aujourd’hui, quand les pompiers interviennent dans une citĂ©, ils doivent se protĂ©ger de projectiles divers faits pour tuer, comme un frigo lancĂ© du huitième Ă©tage [...] Dans ces zones de non-droit, tout le monde est armĂ©. Dans une citĂ©, nous avons rencontrĂ© un garçon qui vend des armes de catĂ©gorie 4 [...] On voit des gamins armĂ©s qui n’ont, eux, peur de rien et qui n’ont plus du tout de repères moraux. Quand ils parlent de leurs victimes, ils disent : "Il n’avait qu’à pas ĂŞtre au mauvais endroit au mauvais moment". »

Pour enrichir la rĂ©flexion, après le reportage, « le ministre de l’IntĂ©rieur, Brice Hortefeux, sera notre invitĂ© en plateau ». Et, par un juste souci d’équilibre, « nous aurons aussi un ou des reprĂ©sentants de la police en plateau », qui trouveront lĂ  « l’occasion de rappeler leur malaise face aux dĂ©linquants qu’ils interpellent et qui sont relâchĂ©s 48 heures plus tard ».

La conclusion fait froid dans le dos : « Très clairement, la peur a changĂ© de camp : avant, les policiers faisaient peur, dĂ©sormais c’est l’inverse ». Ils doivent trop regarder la tĂ©lĂ© !

Et pour finir...

–  Ă€ la titraille du JDD

Dès le 8 octobre, alors qu’une journĂ©e de grève Ă©tait d’ores et dĂ©jĂ  prĂ©vue le 12, Lejdd.fr, Ă  la suite de l’annonce d’une nouvelle journĂ©e d’action pour le 16 octobre, publie un article d’information Ă  peu près correct. Avec, en guise de titre, cet Ă©ditorial : « Les syndicats collĂ©s Ă  la rue »... ÉlĂ©gant, non ?

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