Accueil > Critiques > (...) > « Indépendance ? » Procès, violences et répression

Les journalistes palestiniens et leur syndicat plus que jamais en danger (intersyndical)

Nous publions un communiqué intersyndical (Acrimed).

Monsieur le Premier ministre,

Les syndicats de journalistes français (SNJ, SNJ-CGT, CFDT Journalistes) membres de la Fédération internationale des Journalistes (FIJ, forte de 600.000 membres dans le monde) s’adressent à vous à l’occasion de votre visite en Israël pour vous alerter sur la situation extrêmement préoccupante des journalistes palestiniens et de leur syndicat (PJS) victimes d’une politique répressive des forces de sécurité israéliennes.

Tout dernièrement, Omar Nazzal, l’un des dirigeants du syndicat des journalistes palestiniens, a été arrêté par l’armée israélienne alors qu’il se rendait à l’Assemblée générale de la Fédération européenne des journalistes à Sarajevo à laquelle nos trois syndicats participaient les 25 et 26 avril.

Contre ce déni de démocratie, nous avons souscrit avec l’ensemble des syndicats présents en Bosnie aux condamnations du président de la Fédération internationale Jim Boumelha qui s’est dit « choqué d’apprendre qu’un participant à un congrès de syndicats de journalistes européens ait pu être arrêté par les autorités israéliennes en route pour l’AG de Sarajevo et jeté en prison sans motif ».

Depuis, nous avons appris que notre confrère se trouvait en détention au centre d’Etzion pour plusieurs mois.

Hormis ces fonctions syndicales, Omar Nazzal est rédacteur en chef de Palestine Al Yaum (« Palestine aujourd’hui »), une chaîne de télévision dont le bureau à Ramallah a récemment été fermé par l’armée israélienne. Palestine Al Yaum est accusée d’« inciter » les Palestiniens à la violence, ce qui inclut y compris les dénonciations de l’occupation et de la colonisation. De nombreux autres médias palestiniens ont été fermés ces derniers mois.

Depuis octobre 2015, quarante-trois journalistes ont été emprisonnés par les Israéliens, selon le Comité de soutien aux journalistes palestiniens, basé à New York.

De plus la liberté de circuler et d’informer pour les journalistes palestiniens est remise en cause systématiquement par les autorités israéliennes.

M. le Premier ministre, les syndicats français avec la FIJ vous demandent instamment et urgemment d’intervenir auprès de vos interlocuteurs en Israël pour qu’Omar Nazzal soit libéré.

Que cesse l’impunité dont bénéficient les responsables des exactions envers nos confrères et consoeurs palestinien-nes.

Qu’ils aient une réelle liberté de circuler et d’informer dans le respect des conventions internationales sur la liberté de la presse et le respect du droit d’expression.

Paris, le 23 mai 2016

 

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