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Présidentielle 2007

Les grands entretiens de Jean-Michel Aphatie

Depuis que TF1 (partiellement imitĂ©e par France 2), n’Ă©coutant que son audace audimateuse, a confiĂ© Ă  des tĂ©moins triĂ©s sur le panel le soin de poser des questions aux candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle [1], les journalistes politiques les plus en vue s’Ă©meuvent et se dĂ©clarent irremplaçables. Eux seuls - puisque c’est leur mĂ©tier - savent organiser et arbitrer les indispensables dĂ©bats contradictoires. MaĂ®tres de leurs dossiers comme de l’univers, eux seuls savent poser les questions d’importance, imposer un droit de suite quand les rĂ©ponses ne sont pas suffisantes, pousser les candidats dans leurs retranchements. Bref : eux seuls peuvent ennoblir la politique et le conflit dĂ©mocratique en mettant en discussion les projets en prĂ©sence. C’est du moins ce qu’ils disent [2]. C’est ce que l’on aimerait croire.

Le journalisme politique irremplaçable ? Peut-ĂŞtre... Sans doute... Mais quel journalisme politique ? Celui que pratiquent les principaux interviewers ? Il faudrait les passer tous en revue. Nous avons choisi ici un exemple - qui n’est pas le pire - non pour le mettre personnellement en cause, mais pour sonder ce qu’est un certain journalisme politique aujourd’hui.

Tous les matins «  L’InvitĂ© de RTL » - c’est le titre de l’Ă©mission - rĂ©pond aux questions de Jean-Michel Aphatie qui, sur son blog, commente les coulisses de ses propres exploits [3]. Les entretiens sont disponibles sur le site de la station de radio.

Entre le 26 dĂ©cembre 2007 et le 18 fĂ©vrier 2007, la plupart des candidats Ă  la candidature ou leur(s) reprĂ©sentant(s) ont Ă©tĂ© interrogĂ©s (certains plusieurs fois, d’autres, comme Marie-George Buffet, pas du tout ou pas encore).

Jean-Michel Aphatie est un vrai pro. De ceux qu’il serait vain de soupçonner d’une attitude Ă©troitement partisane. L’essentiel n’est pas, avec lui, les prĂ©fĂ©rences que l’on peut deviner (ou tenter de deviner). Les questions sont souvent acides ou impertinentes. Les relances frĂ©quentes. Mais sur les questions qu’il pose aux candidats les plus divers, combien portent sur les propositions Ă©conomiques, sociales et institutionnelles ou sur la politique internationale ? Jean-Michel Aphatie (voir plus bas) le dit lui-mĂŞme : « Mon truc, c’est la cuisine »  ! Les « petits » candidats sont ainsi privĂ©s de toute expression sur le fond, et les « grands » (ou leurs reprĂ©sentants) - qu’ils soient de droite ou de gauche, - mĂŞme s’ils parviennent Ă  contourner la cuisine, y sont gĂ©nĂ©ralement reconduits.

Pour le mettre en Ă©vidence nous avons choisi un Ă©chantillon de ces entretiens, limitĂ© Ă  trois reprĂ©sentants de la gauche au sens large : avec Olivier Besancenot (le 13 fĂ©vrier 2007), avec JosĂ© BovĂ© (le 2 fĂ©vrier 2007), et avec Lionel Jospin (8 fĂ©vrier 2007). Les questions posĂ©es sont reproduites en Annexe.

« Bonjour Olivier Besancenot » (13 fĂ©vrier 2007)

Sur les 21 questions posĂ©es Ă  Olivier Besancenot (ou simples interventions), aucune ne porte sur les propositions du candidat. Sont successivement Ă©voquĂ©s les divisions du « camp du Non de gauche », les rapports avec le Parti socialiste, la question des signatures.

Sur la question des signatures, quelques fragments significatifs :

- Jean-Michel Aphatie (J-M. A.) : - « [...] j’en ai lu quand mĂŞme un petit bout de votre blog que toutes ces questions sur les signatures vous agacent. "C’est Georges Marchais qui avait raison, Ă©crivez-vous, sur un point en tout cas rassurez-vous, quand Elkabbach le gonflait avec ces questions, il rĂ©pondait : Taisez-vous Elkabbach !" »
- Olivier Besancenot (O.B.) - « [...] Quand vous avez 5 minutes d’interview, c’est vrai que 5 minutes de questions uniquement sur les signatures .... c’est d’ailleurs pour ça que l’Ă©mission d’hier soir, elle Ă©tait chouette parce que vous avez 100 personnes et on ne vous demande pas de commenter les sondages ... on ne vous demande pas de parler du 2ème tour ... on ne vous demande pas de parler des signatures ... Finalement, c’est la vraie vie ! C’est chouette. »
- J-M. A. - « C’est bien une Ă©mission sans journalistes ! »
- O.B. - « C’est pas mal ! »
[...]
- O.B. - « [...] moi, je serai candidat. Y’a rien qui va casser ma motivation, absolument rien. »

- J-M. A. - « Si, les 500 signatures. »
- O.B. - « Non, parce qu’on va les avoir. »

- Christophe Hondelatte : « Taisez-vous Aphatie ! Taisez-vous Aphatie ! Vous l’avez cherchĂ© ! »

Commentaire d’Aphatie sur son blog : « Aura les signatures ? Aura pas les signatures ? Il faut attendre jusqu’au 20 mars, l’oracle du conseil constitutionnel, que prĂ©sidera de frais Jean-Louis DebrĂ© pour savoir qui aura le droit, qui n’aura pas le droit, de solliciter les suffrages. Olivier Besancenot, Ă  qui les journalistes, ces benĂŞts, reposent sans arrĂŞt la question, a confessĂ© sur son blog que ça le "gonflait" de rĂ©pondre Ă  chaque fois la mĂŞme chose, mais oui, je les aurai, mais oui, mais oui... Du coup, je lui ai posĂ© la question sans la poser et je n’ai pas eu la rĂ©ponse. D’ailleurs, il l’a dit, au moins hier soir, sur TF1, avec les vrais gens, dans l’Ă©mission qui est l’Ă©vĂ©nement de la campagne, dixit Patrick Poivre d’Arvor, personne ne l’a interrogĂ©, il a pu parlĂ© du fond, du fond, et encore du fond. RĂ©volutionnaires ou pas, les hommes politiques ont le mĂŞme fantasme : plus de journalistes, que des vrais gens. Allez, bonsoir chez vous ... » [4]

Et certains journalistes politiques nourrissent un autre fantasme : regarder la politique par le trou de la serrure... Est-ce en cela qu’ils seraient irremplaçables ?


« Bonjour JosĂ© BovĂ© »
(2 février 2007)

Le site de RTL rĂ©sume : « InterrogĂ© sur RTL vendredi, l’ancien syndicaliste paysan a annoncĂ© son intention vendredi d’Ă©valuer "au fur et Ă  mesure" sa campagne prĂ©sidentielle, lancĂ©e la veille. Il a laissĂ© entendre qu’il appellerait Ă  voter pour SĂ©golène Royal au deuxième tour. »

Sur les 14 questions posées à José Bové (ou simples interventions), aucune ne porte sur les propositions du candidat. Sont successivement évoqués les circonstances de sa candidature, la question des signatures, les faibles résultats des sondages.

Jean-Michel Aphatie commente sur son blog : « Certains diront, tiens, c’est simple, ĂŞtre Ă  la gauche de la gauche, c’est ĂŞtre anticapitaliste. Tu parles Charles ! Si JosĂ© BovĂ© Ă©tait anticapitaliste vraiment, jusqu’au bout, entièrement, aurait-il Ă©tĂ© sur TF1, hier soir, pour sa première prise de parole d’après candidature ? TF1, vous savez, la grosse tĂ©lĂ© qui libère des espaces dans les cerveaux pour la publicitĂ© ? Non, si JosĂ© BovĂ© a Ă©tĂ© sur TF1, c’est bien la preuve qu’en tant d’homme Ă  la gauche de la gauche, il n’est pas dĂ©finitivement anticapitaliste. Bref, tout cela est très difficile. En fait, c’est de la philosophie et ça, ce n’est pas mon mĂ©tier. Mon truc, c’est la cuisine. Alors, la cuisine de la gauche de la gauche de la gauche, elle en est oĂą ? En plein bastringue.  » [5]

« Bonjour Lionel Jospin » (8 fĂ©vrier 2007)

Le site de RTL rĂ©sume : « EvĂ©nement politique jeudi matin sur RTL. L’ancien Premier ministre socialiste rĂ©pondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. Il a dĂ©noncĂ© le "numĂ©ro" de Nicolas Sarkozy sur le travail et les travailleurs. Il promet d’ "intervenir dans la campagne de façon positive". »

Les premières questions portent sur les citations de Jean Jaurès et LĂ©on Blum dans les discours de Sarkozy. Les suivantes sur les critiques que Sarkozy adresse au PS, jusqu’au moment oĂą Jean-Michel Aphatie reproche Ă  Jospin... de n’avoir parlĂ© que de Sarkozy... sur lequel portaient ses propres questions !

- Jean-Michel Aphatie (J-M. A.) : « Nous avons beaucoup parlĂ© de la campagne de Nicolas Sarkozy... »
- Lionel Jospin (L.J.) : - « Non, non, non... On n’a pas parlĂ© de la campagne... Je n’ai pas dit un mot sur la... J’ai dit un mot sur la campagne de Nicolas Sarkozy... »
- J-M. A. : - « Nous avons beaucoup parlĂ© de Nicolas Sarkozy, d’accord ? »
- L.J. : - « Non. On a beaucoup parlĂ© ... Non. On a beaucoup parlĂ© du travail, de l’emploi, des 35 heures, des statuts, de ce que ça reprĂ©sente, c’est-Ă -dire de questions de fond dans la vie des travailleurs et on a parlĂ© Ă  propos d’une dĂ©claration fallacieuse de M. Nicolas Sarkozy. VoilĂ  la rĂ©alitĂ© de notre entretien. »

Et il est vrai que Jospin s’est saisi des questions posĂ©es pour tenter de s’exprimer sur le contenu. Et Ă  la diffĂ©rence, des « petits » candidats, il est parvenu Ă  s’exprimer longuement sur le contenu, notamment sur les « 35 heures ».

Jean-Michel Aphatie commente sur son blog : « Le petit dĂ©jeuner a Ă©tĂ© sympathique mais assez court. Lionel Jospin n’a voulu rĂ©pondre Ă  aucune question concernant la campagne, ses acteurs. Il a bien acceptĂ© de parler encore du contrat de travail, des 35 heures, de sa participation rĂ©cente Ă  un colloque sur l’environnement. Mais sur la politique, rien. Souriant, dĂ©contractĂ©, agrĂ©able, mais bien dĂ©cidĂ© Ă  demeurer, ce matin en tout cas, dans le rĂ´le qu’il s’est dĂ©volu en ces temps d’Ă©lection prĂ©sidentielle. »

Le contrat de travail, les 35 heures, l’environnement ne relèvent donc pas de la politique ? En revanche, en relèvent indiscutablement et passionnĂ©ment, les questions sur la campagne de SĂ©golène Royal, sur la place que Jospin entend y prendre, sur les « Ă©lĂ©phants » du PS, etc. Ainsi, cette question qui clĂ´t l’entretien :

- J-M. A. : « Bernard-Henri LĂ©vy, dans Le Point qui sort aujourd’hui, raconte son dĂ®ner avec SĂ©golène Royal, vendredi Ă  l’HĂ´tel Monceau. Et il cite SĂ©golène Royal : “Je comprends Lionel Jospin qu’une fille comme moi, qu’une BĂ©cassine, dit-elle, rĂ©ussisse des choses oĂą il s’est, lui, cassĂ© les dents. Je conçois que ça le fasse rager”. »

Bernard-Henri LĂ©vy, marmiton de Jean-Michel Aphatie ? On n’a pas quittĂ© la cuisine.

Des « petits » candidats privĂ©s de toute question sur leurs propositions, alors que leurs moyens d’expression dans les mĂ©dias sont limitĂ©s. Des « grands » qui bĂ©nĂ©ficient chichement d’interrogations sur leurs programmes, mais qui parviennent cependant Ă  en parler...

Qu’est-ce que la politique politicienne ? La politique vue par Jean-Michel Aphatie et bien d’autres. Ce journalisme politique-lĂ  n’est pas irremplaçable. Mais, bien sĂ»r, ce ne sont pas les « tĂ©moins » assistĂ©s par les metteurs en scène de TF1 et d’ailleurs qui peuvent les remplacer.

Henri Maler

NB. Faut-il le dire ? Alors disons-le : Acrimed ne soutient aucun candidat...


Annexe : Les bonnes questions de Jean-Michel Aphatie

Nous n’avons retenu que les questions (et quelques fragments des rĂ©ponses, destinĂ©s Ă  comprendre les enchaĂ®nements).

« Bonjour JosĂ© BovĂ© » (2 fĂ©vrier 2007)

- Jean-Michel Aphatie (J-M. A.) : - « Vous voilĂ  donc candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, et ça ne doit pas ĂŞtre facile Ă  vivre pour vous. Ecoutez ce que vous disiez en 2003 : "Il n’est pas question pour moi de me prĂ©senter Ă  une quelconque Ă©lection politique, qu’elle soit nationale ou europĂ©enne, pas question que je me prĂ©sente Ă  une quelconque Ă©lection politique". Quatre ans plus tard, vous y ĂŞtes. Pourquoi ? Vous vous faites violence, vous souffrez de la situation ? »
- JosĂ© BovĂ© (J.B.) : - « Non, parce que je crois que quand je disais cela en 2003, la situation Ă©tait telle que le dĂ©bat politique, la façon dont les gens vivaient l’engagement, Ă©taient diffĂ©rents d’aujourd’hui. »
- J-M. A. : - « En quoi ? »
- J-M. A. : - « Vous, vous Ă©tiez partisan du "Non". le "Non" a gagnĂ© et le "Non" est reprĂ©sentĂ© parmi les candidats, aujourd’hui : Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, pourquoi vous, en plus ? »
- J-M. A. : - « ... Motivation importante de votre candidature, c’est JosĂ© BovĂ© ? »
- J-M. A. : - « Par souci de clartĂ© et d’honnĂŞtetĂ©, vous pouvez dire, JosĂ© BovĂ©, ce matin, sur RTL que les gens qui voteront pour vous, au premier tour, vous les appellerez Ă  voter SĂ©golène Royal au second tour ? »
- J.B. : - « Ce qui est Ă©vident, c’est que pour moi, d’abord je ne suis pas propriĂ©taire des voix des gens qui voteront. »
- J-M. A. : - « Personne ne l’a dit. Vous les appellerez Ă  voter SĂ©golène Royal ? »
- J-M. A. : - « Vous ne confondez pas droite et gauche JosĂ© BovĂ©. Mais SĂ©golène Royal appelĂ© Ă  voter "Oui" Ă  la Constitution europĂ©enne, en 2005. »
- J.B. : - « Je pense qu’aujourd’hui, le dĂ©bat a Ă©tĂ© changĂ©. Les Français majoritairement ont votĂ© "Non". Aujourd’hui, il est Ă©vident qu’il faut tenir compte de ce que les Français ont dit. Or, aujourd’hui, les Français rejettent une Europe libĂ©rale. On a dĂ©jĂ  eu le dĂ©bat dans ce studio. On n’Ă©tait pas d’accord... »
- J-M. A. : - « Qui ? Vous et moi ? »
- J.B. : - « Ah pas avec vous, mais dans le dĂ©bat avec M. Duhamel, par exemple. »
- J-M. A. : - « Ah M. Duhamel, d’accord. »
- J-M. A. : - « Pour pouvoir ĂŞtre candidat, il faut avoir 500 signatures de personnalitĂ©s, de maires et d’Ă©lus. Vous dites que vous en avez 200 aujourd’hui. Pour aller jusqu’au bout, JosĂ© BovĂ©, est-ce que vous attendez le retrait d’Olivier Besancenot ou Marie-George Buffet ? »
- J-M. A. : - « Ă‡a, j’imagine. Et s’ils ne se retirent pas, vous n’irez pas jusqu’au bout ? »
- J-M. A. : - « Est-ce que vous irez jusqu’au bout quoi qu’il arrive, si vous avez les 500 signatures ? »
- J-M. A. : - « Sondage "CSA - Le Parisien", ce matin : 1% de voix pour JosĂ© BovĂ©. Si ça ne monte pas, qu’est-ce que vous allez faire ? »
- J-M. A. : - « Mais spontanĂ©ment, 1% de voix dans les sondages, c’est pas terrible. »

« Bonjour Lionel Jospin » (8 fĂ©vrier 2007)

- J-M. A. : - « Depuis le dĂ©but de sa campagne, rĂ©gulièrement Nicolas Sarkozy cite Jean Jaurès, LĂ©on Blum dans ses discours. Des responsables de Gauche s’offusquent de ces emprunts Ă  leur histoire par le ministre de l’IntĂ©rieur. Etes-vous choquĂ©, vous, Lionel Jospin ? »
- J-M. A. : - « Mais en quoi est-ce qu’il dĂ©nigre... »
- J-M. A. : - « Mais en quoi y a-t-il dĂ©tournement en citant Jaurès ? »
- Lionel Jospin (L.J) : - « Mais je viens de vous rĂ©pondre. Je ne vais pas rĂ©pĂ©ter deux fois cette question. »
- J-M. A. : - « Oui, mais qu’est-ce qui vous choque dans l’utilisation de ces figures ? »
- L. J. : - « [...] J’ai entendu, l’autre jour, et ça a Ă©tĂ© une de mes motivations vraiment pour venir ce matin, alors que vous m’aviez invitĂ©, il y a dĂ©jĂ  un certain temps... »
- J-M. A. : - « ...Nous avions dĂ©jĂ  un dialogue antĂ©rieur. »
- L.J. : - « [...] L’agressivitĂ© ou l’hostilitĂ© de M. Sarkozy Ă  l’Ă©gard de ce qu’il appelle les statuts est Ă  mon sens assez rĂ©vĂ©latrice parce que ça reprĂ©sente quoi les statuts dont il parle de façon mĂ©prisante pour les travailleurs ? [...] Or, les propositions de Nicolas Sarkozy visent sous le vocable contrat unique... »
- J-M. A. : - « ... Ă  droits progressifs, dit-il. »
- J-M. A. : - « Et la critique des 35 heures ? Elle fait toujours mal celle-lĂ  ? »
- L.J. : - « Non, elle ne me fait pas mal. Je vais vous dire pourquoi. »
- J-M. A. : - « Nous avons beaucoup parlĂ© de la campagne de Nicolas Sarkozy... »
- L.J. : - « Non, non, non... On n’a pas parlĂ© de la campagne... Je n’ai pas dit un mot sur la... J’ai dit un mot sur la campagne de Nicolas Sarkozy... »
- J-M. A. : - « Nous avons beaucoup parlĂ© de Nicolas Sarkozy, d’accord ? »
- L.J. : - « Non. On a beaucoup parlĂ© ... Non. On a beaucoup parlĂ© du travail, de l’emploi, des 35 heures, des statuts, de ce que ça reprĂ©sente, c’est-Ă -dire de questions de fond dans la vie des travailleurs et on a parlĂ© Ă  propos d’une dĂ©claration fallacieuse de M. Nicolas Sarkozy. VoilĂ  la rĂ©alitĂ© de notre entretien. »
- J-M. A. : - « D’accord. Alors, je voulais juste faire une petite transition. »
- J-M. A. : - « Qu’est-ce qui ne va pas dans la campagne de SĂ©golène Royal, Lionel Jospin ? »
- J-M. A. : - « Ă‡a ne marche pas très bien. Vous le voyez comme nous ? »
- J-M. A. : - « [...] C’est pour l’aider que vous avez souhaitĂ© intervenir ? »
- L.J. : « Pardon ? »
- J-M. A. : - « C’est pour l’aider que vous avez souhaitĂ© intervenir ? »
- L.J. : - « Il me semble que quand je rappelle quels sont le caractère fallacieux des propositions de la Droite, et que je rappelle aussi quelles sont les propositions de SĂ©golène Royal sur le travail, sur le CDI, le contrat Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e, il me semble que c’est effectivement une façon d’agir positivement. Et c’est mon sens. J’entends gloser lĂ  ces derniers jours sur ĂŞtre ou ne pas ĂŞtre Ă  tel endroit... Je veux dire... »
- J-M. A. : - « C’est une belle question : “Etre ou ne pas ĂŞtre ?” Et vous n’y ĂŞtes pas. »
- L.J. : - « Non. Je n’y Ă©tais pas le 6 et je n’y serai pas non plus le 11. »
- J-M. A. : - « Vous n’y ĂŞtes pas ? »
- L.J. : - « Alors, vous ne pouvez pas me dire Ă  la fois que je suis avec vous en train de parler du fond et me dire que je n’y suis pas. Ces histoires d’Ă©lĂ©phants, ça ne m’intĂ©resse pas. »
- J-M. A. : - « Bernard-Henri LĂ©vy, dans Le Point qui sort aujourd’hui, raconte son dĂ®ner avec SĂ©golène Royal, vendredi Ă  l’HĂ´tel Monceau. Et il cite SĂ©golène Royal : “Je comprends Lionel Jospin qu’une fille comme moi, qu’une BĂ©cassine, dit-elle, rĂ©ussisse des choses oĂą il s’est, lui, cassĂ© les dents. Je conçois que ça le fasse rager”. »
- L.J. : - « Ecoutez, je ne peux pas me rapporter Ă  des propos rapportĂ©s Ă  un dĂ®ner. Je peux vous dire qu’en tout cas quand moi, j’ai lu dans la bouche de certains journalistes, d’un journaliste qui avait fait de grands compliments Ă  SĂ©golène Royal, qu’il utilisait, lui, maintenant ce terme “BĂ©cassine”, j’ai Ă©tĂ© profondĂ©ment choquĂ©. Donc, je ne sais pas comment quelqu’un s’est exprimĂ© dans un dĂ®ner. En tout cas, moi j’interviendrai autour de valeurs, de principes de façon positive. Non seulement on n’entendra rien de nĂ©gatif venant de moi mais comme j’ai essayĂ© de le faire, ce matin, et comme je le ferai sans doute encore - un peu - Ă  ma façon - librement -. C’est du positif qui viendra de moi parce que l’enjeu est important. »

« Bonjour Olivier Besancenot » (13 fĂ©vrier 2007)

- J-M. A. : - « Vous Ă©tiez sur le plateau de TF1, hier soir, et la première personne qui vous a interpellĂ© face Ă  100 Français - c’Ă©tait l’Ă©mission -, la première personne qui vous a interpellĂ© vous a reparlĂ© du NON au rĂ©fĂ©rendum sur la Constitution EuropĂ©enne au printemps 2005, et elle a fait part de sa frustration. Depuis, il ne s’est rien passĂ©. MĂŞme le camp du NON de Gauche a complètement explosĂ©. Est-ce que vous comprenez cette frustration, Olivier Besancenot ? »
- J-M. A. : - « On a l’impression que vous ĂŞtes d’accord sur l’essentiel et puis, que ce sont quoi ? Des querelles de boutique qui ont empĂŞchĂ© que vous vous retrouviez pour cette prĂ©sidentielle ? »
- J-M. A. : - « Et puis, y’a un autre risque de votre point de vue, c’est qu’une Gauche aussi divisĂ©e facilite l’Ă©lection de Nicolas Sarkozy ? »
- Olivier Besancenot (O.B.) : - « Non, je ne crois pas ça. De toute façon, Sarkozy est mon ennemi. [...] »
- J-M. A. : - « Nicolas Sarkozy est votre ennemi et SĂ©golène Royal, c’est quoi ? Elle a prĂ©sentĂ© son Programme, dimanche. Vous l’avez critiquĂ©e très sĂ©vèrement. Alors, c’est quoi SĂ©golène Royal, pour vous ? »
- O.B. : - « Moi, je ne les mets pas dans le mĂŞme panier. J’ai des divergences de points de vue extrĂŞmement importantes avec le Programme du Parti Socialiste [...] Donc, Sarkozy est mon adversaire. Et je n’approuve pas la Politique du Parti Socialiste. Et je pense mĂŞme que son Programme est incompatible avec ma politique dans un gouvernement. »
- J-M. A. : - « Si Sarkozy est votre adversaire ... Sarkozy est votre adversaire. On l’a compris : tout Ă  l’heure votre ennemi, votre adversaire. SĂ©golène Royal, c’est quoi ? C’est pas votre partenaire, c’est quoi ? »
- J-M. A. : - « Toujours au cours de l’Ă©mission de TF1, vous avez Ă©voquĂ© Ă  propos de l’InsĂ©curitĂ©, le faible nombre d’Ă©ducateurs. 4 Ă©ducateurs pour 100 policiers, disiez-vous, hier soir. Et SĂ©golène Royal, dans son Programme dimanche, dit : un encadrement militaire est sans doute nĂ©cessaire pour les Jeunes dĂ©linquants. J’imagine que ce type de mesures non plus, ne vous satisfait pas beaucoup ? »
- J-M. A. : - « Donc, on peut dire d’une certaine façon, que la Gauche ça n’existe pas. Y’a beaucoup de Partis Ă  Gauche, mais la Gauche ça n’existe pas. »
- O.B. explique qu’il rencontre des militants de gauche dans les mobilisations sociales et dĂ©mocratique et prĂ©cise : « alors que des militants de l’UMP, mĂŞme avec une loupe, je n’arrive pas Ă  les trouver dans ces cortèges lĂ . Ca fait une diffĂ©rence de taille. »
- J-M. A. : - « Petite. »
- O.B. : - « De taille. »
- J-M. A. : - « De taille, d’après vous. »
- O.B. : - « Ah oui, mais l’activitĂ© au quotidien, c’est quelque chose d’important. Donc, vous n’arriverez pas Ă  me faire dire que c’est kif-kif bourricot, je ne le pense toujours pas. »
- J-M. A. : - « Non, c’est pas le fond de ma pensĂ©e ; mais le fond de ma pensĂ©e c’est que dĂ©cidĂ©ment la Gauche française n’a jamais Ă©tĂ© aussi divisĂ©e qu’elle ne l’est aujourd’hui. »
- J-M. A. : - « J’ai lu votre Blog, Olivier Besancenot, et j’ai vu que depuis mercredi dernier, vous ĂŞtes en congĂ©s de la Poste, vous avez fait un pot, mercredi. J’explique Ă  mes collègues, dites-vous, qu’Ă  priori je reviendrais après les Ă©lections ou Ă  la fin mars si je n’ai pas les signatures. C’est pas optimiste ? »
- O.B. : - « Vous avez lu un petit peu rapidement. Ce n’Ă©tait pas un pot. C’Ă©tait une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ... »
- J-M. A. : - « Le matin Ă  6 heures. Je simplifie. »
- O.B. : - « ... paru le lendemain, en grève, voilĂ . Oui, Ă©coutez ... »
- J-M. A. : - « Pas optimiste ? »
- J-M. A. : - « Et alors, j’ai lu aussi parce que, voyez, j’en ai lu quand mĂŞme un petit bout de votre Blog que toutes ces questions sur les signatures vous agacent. "C’est Georges Marchais qui avait raison, Ă©crivez-vous, sur un point en tout cas rassurez-vous, quand Elkabbach le gonflait avec ces questions, il rĂ©pondait : Taisez-vous Elkabbach !" »
- O.B. : - « Ă‡a n’a rien Ă  voir avec les signatures. Oui, c’est en l’occurrence ... »
- J-M. A. : - « Non, c’est vrai. C’est autre chose. »
- O.B. - « Je parlais d’un DUPLEX avec France 3 ...
- J-M. A. : - « Mais BovĂ©, le retrait ... c’est un peu toujours la mĂŞme chose ? »
- O.B. : - « Non, non. Mais lĂ  vous mĂ©langez un petit peu tout. Je parlais d’un DUPLEX en l’occurrence oĂą y ’a des journalistes un peu audacieux comme ça qui se permettaient de pas dire "bonjour" ... de poser en boucle la question sur les signatures ... et c’est vrai quand vous avez ... »
- J-M. A. : - « Sur JosĂ© BovĂ© ... sur les signatures. Oui. »
- O.B. : - « Et c’est vrai ... oui, voilĂ  sur les signatures, oui. Quand vous avez 5 minutes d’interview, c’est vrai que 5 minutes de questions uniquement sur les signatures .... c’est d’ailleurs pour ça que l’Ă©mission d’hier soir, elle Ă©tait chouette parce que vous avez 100 personnes et on ne vous demande pas de commenter les sondages ... on ne vous demande pas de parler du 2ème tour ... on ne vous demande pas de parler des signatures ... Finalement, c’est la vraie vie ! C’est chouette. »
- J-M. A. : - « C’est bien une Ă©mission sans journalistes ! »
- O.B. : - « C’est pas mal ! »
– J-M. A. : - « C’est ça. Et l’hypothèse alors que vous soyez candidat ? Forte ou faible, finalement ? »
- O.B. : - « Ah non, non, non ... moi, je serai candidat. Y’a rien qui va casser ma motivation, absolument rien. »
- J-M. A. : - « Si, les 500 signatures. »
- O.B. : - « Non, parce qu’on va les avoir. »
[Christophe Hondelatte : - « Taisez-vous Aphatie ! Taisez-vous Aphatie ! Vous l’avez cherchĂ© ! » ]
- J-M. A. - « C’est fini. Olivier Besancenot Ă©tait l’invitĂ© d’RTL. »

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