Et de donner la raison suivante :
Ainsi « le lecteur » est si distrait (ou stupide) qu’il a « mal compris ». Il faut donc lui expliquer.
Car depuis le week-end dernier, l’on nous reproche de faire preuve de schizophrĂ©nie, de manier la contradiction avec cynisme. L’objet de la querelle ? La semaine dernière, nous avons publiĂ© un nouveau sujet concernant les femmes enceintes, intitulĂ© cette fois : « Obsession : quand la grossesse ne pèse pas lourd », qui traite de l’anorexie au cours de la grossesse, phĂ©nomène alarmant et de plus en plus frĂ©quent. Il a suffi que ces deux sujets se tĂ©lescopent sur Grazia.fr pour que d’aucuns y voient l’intrinsèque preuve d’une lĂ©gèretĂ© rĂ©putĂ©e fĂ©minine. Bref, nous Ă©tions prises en faute, notre duplicitĂ© Ă©tait Ă©tablie, nous nous faisions les prĂŞtresses anti-anorexie en novembre, après avoir donnĂ© de pervers conseils de beautĂ© aux femmes enceintes en les enjoignant de garder la ligne en septembre…
Peu importe si « ici ou lĂ » personne n’a, Ă notre connaissance, invoquĂ© une « lĂ©gèretĂ© rĂ©putĂ©e fĂ©minine » : le pseudo-fĂ©minisme de l’allusion devrait permettre de confondre la « lĂ©gèretĂ© » des lecteurs.
Et de poursuivre :
De quoi s’agissait-il en septembre ? Nous évoquions une étude scientifique irlandaise sur les dangers de la prise de poids excessive durant la grossesse. Il est très dangereux pour la future mère et son enfant de se sous-alimenter ; il peut être dangereux de se suralimenter et de prendre trop de poids. Toute femme qui a des enfants a connu ce rituel des rendez-vous avec la sage-femme : il faut passer sur la balance. […] Notre titre était certes maladroit, mais la lecture de l’article permettait aisément de lever l’ambiguïté…
L’étude irlandaise Ă©tait effectivement Ă©voquĂ©e, mais contrairement Ă ce que laisse entendre Grazia, l’article « republiĂ© » n’est absolument pas le mĂŞme qu’en septembre. On s’est ainsi bien gardĂ© de reproduire la totalitĂ© de l’article initial (que l’on retrouvera ici), dans lequel on pouvait notamment lire ceci : « Si Heidi Klum et Adriana Lima exhibent une silhouette parfaitement harmonieuse durant leur grossesse et affichent un corps de rĂŞve peu de temps après l’accouchement, pour le commun des mortelles c’est un exercice un peu plus dĂ©licat ». Ce passage, et quelques autres, ont « mystĂ©rieusement » disparu. Il faut dire qu’ils ne permettaient guère de « lever l’ambiguĂŻtĂ© ». Bien au contraire…
Nous ne pouvons que nous fĂ©liciter du fait qu’un article prĂ©tendant donner des conseils aux femmes enceintes afin qu’elles « gardent la ligne » ait Ă©tĂ© revisitĂ©. Mais le ridicule bidouillage consistant Ă expurger un article et Ă en changer le titre pour dĂ©montrer que l’on ne s’est pas trompĂ©, et que les critiques ont Ă©tĂ©, au mieux, superficielles et, au pire, malhonnĂŞtes, ne redore pas le blason de Grazia. Est-ce trop demander qu’une rĂ©daction puisse reconnaĂ®tre une erreur, voire prĂ©senter des excuses ? Visiblement, oui. VoilĂ qui en dit long sur la considĂ©ration de Grazia Ă l’égard de ses lectrices.
Henri Maler et Julien Salingue
