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Jeudi d’Acrimed (15 février) : « Ce qu’enquêter veut dire », avec Claude Angeli (Le Canard enchaîné)

par Acrimed,

Le prochain « Jeudi d’Acrimed » aura lieu le 15 février avec Claude Angeli, ancien rédacteur en chef du Canard enchaîné et toujours chroniqueur pour le palmipède [1].

La feuille d’impôts de Chaban-Delmas, les plombiers du Canard, les diamants de Giscard, l’assassinat de l’ancien secrétaire d’État de Broglie, le passé de collaborateur de Papon, le Carrefour du développement, les providentielles protections de l’ancien collaborateur Touvier, le prêt Pelat à Bérégovoy, les appartements parisiens de la famille Juppé, les frais de bouche de Chirac, les faux électeurs de Tiberi, le loyer avantageux de Gaymard, les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie, les cadences infernales de Penelope Fillon…

Autant d’affaires « sorties » par Le Canard enchaîné, et dont le contenu et les modalités de production/divulgation donnent de nombreux points d’appui à la critique des médias. Pour quoi faire ? Pour notamment donner à voir d’autres conceptions du journalisme que le pâle exercice mimétique à visée hégémonique que nous livrent par exemple les « chaines d’info en continu », et pour explorer les conditions qui rendent possibles les enquêtes journalistiques et leur « publicisation ».

Ce « Jeudi d’Acrimed » sera donc l’occasion de réfléchir à ce qu’enquêter veut dire, en particulier sur les questions de défense et de relations internationales trop rarement traitées (ou trop souvent mal-traitées) dans la plupart des médias. À leur propos, Claude Angeli et Pierre-Édouard Deldique notent : « Il est anormal que les décisions et les analyses de politique étrangère échappent au contrôle du Parlement, trop souvent méprisé, et demeurent ignorées des Français, en vertu du sacro-saint domaine réservé du président de la République. » [2]

Nous essaierons de mettre à nu les idées reçues, les naïvetés et les « mythologies » (les médias comme « quatrième pouvoir » par exemple) auréolant encore aujourd’hui la production de l’information. Des « mythologies » qui sont autant d’obstacles à détruire pour quiconque souhaite accéder à une compréhension fine du métier de journaliste – tel qu’il est notamment pratiqué dans un journal qui ne dépend pas de la publicité [3] – et formuler des propositions de transformation radicale des médias au service de l’intérêt général [4].


Rendez-vous jeudi 15 février 2018 à 19 h
à la Bourse du travail de Paris
3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e (métro République)
Entrée libre
 
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Souscription 2018Souscription 2018

Notes

[1Claude Angeli a commencé à travailler au Canard en 1971.

[2Claude Angeli, Pierre-Édouard Deldique, Les plaisirs du journalisme, Fayard, 2017, p. 262.

[3« Il y a un journalisme d’enquête qui, en lui-même est un pléonasme », Ibid., p. 225.

[4« Il faut, sous peine de pharisaïsme, travailler à créer dans l’organisation même de l’ordre public, les conditions de possibilité d’une vertu civile, dont le journalisme est un des lieux d’exercice privilégiés, parce que, comme je le crois, il est un service public. La seule question est de savoir comment faire pour que les journalistes, qu’ils soient ou qu’ils ne soient pas disposés à la vertu, aient intérêt à être journalistiquement vertueux et qu’ils conçoivent le service public qui leur incombe comme un véritable service du public au lieu de le réduire à la pure et simple soumission au public, c’est-à-dire au marché, à la loi de l’audimat. », Pierre Bourdieu, Les cahiers du journalisme, n° 1, juin 1996.

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