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France 3 : Une rentrée sous tension (SNRT-CGT, SNJ-CGT)

Nous reproduisons ci-dessous 4 communiqués à la suite du SNJ-CGT et du SNRT-CGT concernant la rentrée sur France 3 (Acrimed).

-Une rentrée sous tension (1)-
Erreur stratégique majeure

Quelle grille ? Quels programmes ? Quelle stratégie éditoriale aura été décidée par la direction du groupe au nom de France 3 ?

C’est fragilisée par les très mauvais scores du début de l’été qui l’ont fait reculer à la quatrième place du PAF derrière M6 que la chaîne négocie son fumeux virage éditorial. Après l’interlude Derrick, voilà les nouveautés, Des chiffres et des Lettres, 30 millions d’amis, en attendant les religieuses du Dimanche ?

Dans la même veine, mais en plus cheap que Télé Matin, les nouveautés seront les matinales et les culturelles pour les couche tard. Des programmes attractifs qui, n’en doutons pas, feront de notre spécificité de télévision régionale un label de proximité...

Parallèlement deux nouvelles cases régionales du week end disparaissent. C’est donc au prix de la perte de notre spécificité régionale que cette stratégie se met en place.

Mais où va cette direction plus que jamais empêtrée dans sa gestion stratégique et économique ? Ces choix éditoriaux, arrêtés par la seule holding, ne visent qu’à consolider les résultats du groupe. Peu importe si cela doit privilégier France 2, France 3 est priée de mettre en veilleuse sa spécificité éditoriale comme ses besoins d’investissement (numérique, HD, programmes).

Elle est aussi contrainte de mettre l’Unité de fabrication en jachère, de subir la restructuration de la filière avec le transfert des équipes légères vers des ARP déjà frappées par la sous activité en raison de l’abandon des cases régionales et de l’externalisation. (voir tracts à venir - rentrée sous tension 2 et 3)

La direction générale de la chaîne est-elle consciente qu’elle est en train de rompre un équilibre social jusque là très précaire ?

Les difficultés et les retards pris par le COM démontrent de manière aiguë que France télévisions et tout particulièrement France 3 sont entrés dans une zone de turbulence politique, économique et sociale.

Cette fragilisation du service public favorisera le développement des télévisions locales, adossées à de grands groupes de communication, qui vont pouvoir bénéficier dès janvier 2007 de la manne publicitaire de la grande distribution. Ou celles des télévisions associatives qui engrangeront les subventions publiques qui font tant défaut à France 3.

Dans ce contexte, le recul des programmes régionaux constitue une erreur stratégique majeure.

Paris, le 28 août 2006

-Une rentrée sous tension (2) -
Où va notre industrie de programmes ?

Chantier de démolition ?

Le chantier de la filière annoncé avec tambours et trompettes par la direction générale ne serait-il qu’une mise en œuvre des recommandations de l’IGF (s’inspirant des rapports Rice et Lehoucq) « un plan d’économie drastique, incluant des suppressions de postes, réduction et redéploiement des moyens techniques. » ?
Sa principale proposition serait la réduction du nombre des équipes légères de la filière de 14 à 5 en transférant 9 d’entre elles vers les ARP.
Seraient prioritairement visées les régions Ouest, LCA et Alsace qui verraient aussi leur potentiel montage et post production réduit de façon importante.
Sa seconde proposition serait la mise en place d’une planification centralisée à Paris, qui conduirait à supprimer une trentaine de postes en région pour réduire les frais de structure.

Les ARP en jachère

Le transfert des équipes légères et de la post production vers les ARP serait un non sens économique et social.
Alors que jamais l’activité n’a été autant remise en cause, alors que l’externalisation bat son plein et que la nouvelle politique des programmes régionaux réduit mécaniquement l’activité des ARP, la direction s’apprêterait à transférer les équipes légères des URP, à charge pour les ARP de gérer la sous activité.
Où sont les programmes régionaux censés accompagner ce transfert d’effectifs ? Sur les matinales pour lesquelles ont été refermées les deux fenêtres régionales du week end, aucun tournage extérieur n’est prévu...

Chantage à l’Unité de Fabrication

Dans ce contexte d’assèchement de l’activité a été proposé aux techniciens de l’Unité de Fabrication de Paris un méchant marchandage : la fabrication de la nouvelle émission culturelle de soirée contre la remise en cause de leurs conditions de travail.
Les salariés sont donc sommés de choisir. Refuser revient à assumer la responsabilité de la perte de l’émission, accepter revient à entériner la baisse du niveau de l’emploi et la dégradation des conditions de travail...
Le statu quo de la direction consiste à faire appel à un des cars ré gionaux de la vidéo mobile pour mettre en concurrence les salariés de l’UF avec ceux des URP...

A travers ces trois exemples, on voit bien que c’est l’ensemble des activités de production et de fabrication, notre industrie de programmes, qui est visée. Cette situation n’est pas sans rappeler celle de la SFP, société publique lâchée par ses actionnaires et qui n’a pu, faute de capitaux propres, faire face à ses investissements et renouveler son outil de production. Il aura suffi de la mettre en sous activité pour la faire succomber.

Paris, le 29 août 2006

-Une rentrée sous tension (3) -
Les précaires sacrifiés

Un « moratoire », c’est à dire une suspension des embauches pour les nouveaux entrants, c’est la seule trouvaille d’une DRH qui continue vent debout à faire exister le simulacre d’accord sur emploi. En n’apportant aucune garantie sur l’activité et sur l’embauche des précaires, le moratoire se résumera donc à stopper l’entrée des jeunes diplômés à France 3, enfin les jeunes PTA puisque le moratoire ne s’appliquera pas aux journalistes fraîchement sortis des écoles reconnues par la profession.

Côté signataires, les petits télégraphistes de l’accord vont probablement rediffuser un tract appelant les précaires à préparer leurs dossiers, le même qu’ils diffusaient il y a un an... Sauf que depuis un an, ce sont des dizaines de précaires qui ont été exclus des plannings. Quelle dérision quand on sait que 150 postes (dont 50% de journalistes) seraient offerts en tout et pour tout à des salariés remplissant plus de 25% de l’activité d’une entreprise de 4800 personnes !

La CGT n’a pas signé cet accord. Alors que tout le monde constate depuis un an la diminution de l’emploi tant permanent que précaire, alors qu’un droit d’alerte sur la baisse du niveau de l’emploi a été adopté en CCE, alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de postes en paritaire, quel sens peut bien avoir un accord qui ne respecte même pas son premier paragraphe, le maintien a minima du niveau global des effectifs ?

Quel sens peut bien avoir un accord qui prétendait s’inscrire dans le doublement des programmes régionaux quand il est mis en œuvre par une direction qui les diminue ? Pourquoi continuer à tromper les salariés et en particulier les précaires ?

La CGT est le seul syndicat* à mener loyalement la lutte aux côtés des précaires. Elle l’a toujours fait et elle continuera de le faire, en dépit de cet accord qui n’a d’autre but que d’exclure le syndicat majoritaire d’un simulacre de négociations.

En cette rentrée sous haute tension, la CGT appelle les salariés, qu’ils soient permanents ou précaires, à se mobiliser sur l’emploi, inséparable de l’activité, des conditions de travail et des salaires (voir tract Rentrée sous tension n°4).

Nous devons nous tenir prêts à agir face à une direction qui met en œuvre les sinistres recommandations de l’IGF (Inspection générale des finances) : restructuration de la filière, mise en sous activité de l’Unité de Fabrication et des ARP où seront transférées les équipes légères des URP.

Simultanément, la CGT demande à la direction d’ouvrir des négociations nationales au plus vite avec l’ensemble des organisations syndicales sur la GPE (Gestion prévisionnelle de l’emploi) telles qu’elles sont prévues par le Code du travail (Article L.320-2).

La CGT continuera, comme à Nancy ou Toulouse, à mener des actions collectives en justice pour demander la reconnaissance du droit des précaires à un emploi stable. Elle continuera à aider les précaires à monter leurs dossiers prud’homaux.

Paris, le 30 août 2006

*C’est avec surprise que nous avons appris que l’accord-cadre du 23 juin 2005 avait été signé par le syndicat Sud début juillet 2006 !

-Une rentrée sous tension (4) -
Revaloriser le point d’indice : urgence et mobilisation

A l’origine de la création de toutes les richesses, il y la force de travail, moteur du développement et du progrès. Sa valeur doit être reconnue, c’est une question de justice sociale et une condition de l’efficacité économique.

Le salaire doit être conforme aux besoins des salariés. La somme des aptitudes, des compétences, des connaissances des hommes et des femmes est ce qui est le plus précieux potentiel d’une entreprise. Quelle entreprise peut-elle encore espérer motiver ses salariés en bloquant les salaires pendant dix ans ?
Selon les propres documents de la Direction remis pour la négociation annuelle obligatoire, ce blocage a amputé de 10,73% notre pouvoir d’achat depuis 1998 !
Notre direction espère-t-elle encore motiver ses salariés sur la grille de rentrée dans ces conditions ? La corde est trop tendue, cela n’est pas possible, d’autant plus que le maître mot est « à moyens (insuffisants) constants ».

Les salariés, eux aussi, doivent faire face, « à moyens constants » à l’élévation du coût de la vie, l’énergie, les transports, les loyers, l’essence etc...

Le niveau des salaires doit traduire la reconnaissance de la valeur individuelle et collective des salariés. Le salaire doit assurer de quoi répondre aux besoins de notre époque : maîtriser sa vie, assurer son indépendance, sa couverture sociale, sa retraite, réaliser ses projets, bâtir son avenir professionnel et familial, en contribuant à son épanouissement par l’élévation de son niveau de vie.

Revaloriser l’ensemble des salaires est devenu une nécessité : il s’agit de réparer la dégradation du pouvoir d’achat des salaires qui s’est accumulée au fil des années, c’est aussi de traduire les salaires dans les qualifications qui ont évolué.

Les éléments aléatoires de la rémunération que sont l’intéressement, la participation voire les primes, créent un risque de précarisation de la rémunération et de substitution à des éléments stables du salaire. L’intéressement a été nul cette année suite au résultat comptable négatif de l’exercice 2005. Mais est-ce les salariés qui en portent la responsabilité ? Non ! Par contre les vrais responsables, eux, ont bien touché leur part variable et de plus en plus souvent, les CE reçoivent de la part des salariés des demandes de prêts à caractère social car leur situation financière personnelle se dégrade.

Le scandale des salaires bloqués doit cesser.

Le 15 février 2006, la CGT écrivait à l’Association des employeurs pour demander d’ouvrir les négociations salariales annuelles comme le prévoient nos Convention collectives. A ce jour...pas de réponse !
Des rumeurs laissent entendre que les Paritaires G/T 2006, ne se tiendraient pas avant...2007 !
De réelles négociations doivent se mettre en place, pour assurer pour toutes et tous un relèvement régulier des salaires, prendre en compte la situation de toutes les catégories de salariés et permettre la résorption rapide de situations particulièrement dégradées notamment pour les grilles les plus basses.

Paris, le 30 août 2006

 

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