Observatoire des media

ACRIMED

Accueil > Critiques > (...) > Journalisme et critique : cinéma et musique

De l’art de dire n’importe quoi à propos d’un film

par Vincent Glenn,

Dans Le Monde daté du 8 janvier 2003, paraissait un article d’ Isabelle Régnier consacré au film de Vincent Glenn (co-écrit avec Christopher Yggdre) : « Davos, Porto Alegre, et autres batailles ». Vincent Glenn répond, dans une lettre ouverte que nous publions ici [1], à un exercice de critique désinvolte, mais politiquement « correcte ».

Montreuil, le 8 février 2003
A l’attention d’Isabelle Régnier

Je n’ai que maintenant le temps de vous écrire ces quelques lignes pour vous remercier de l’attention que vous avez su apporter à notre travail (votre article « Quand les méchants skient en Suisse, les gentils dansent au Brésil » publié le 8 janvier 2003). Au nom des dizaines de camarades qui nous ont permis de faire ce film, je vous transmets quelques-unes de nos impressions à la lecture de votre texte. Je vais essayer de faire au plus court, mais l’exercice sera difficile car il y a peu de phrases dans votre article qui ne méritent correctif ou démenti pur et simple. Parmi tous les articles écrits à l’occasion de la sortie de notre film, le vôtre est de loin le plus riche en inexactitudes et le cas est suffisamment isolé pour être étudié d’un peu plus près. Au-delà d’un élémentaire droit de réponse, je ne serais pas fâché d’avoir quelques explications sur ce qui peut conduire quelqu’un comme vous à écrire sur ce film avec un « à peu près » érigé en méthode et une volonté de nuire mal dissimulée.

D’abord le titre : très drôle, on a beaucoup ri. Merci encore donc. Ainsi, quand les « méchants skient à Davos, les gentils dansent à Porto Alegre »… Je me permets de vous rappeler sur ce point quelques éléments factuels. Si on passe rapidement en revue l’ensemble des intervenants de Davos, il y a dans le film :
-deux PDG, Marilyn Nelson & Charles Holliday (frappant plus par leur superficialité intellectuelle que par leur méchanceté ou leur « paternalisme »)
-Vandana Shiva (que beaucoup de ceux connaissant ses engagements s’attendaient plutôt à rencontrer à Porto Alegre et qui ne mâche pas plus ses mots sur les « méfaits de la mondialisation » que Lula récemment à la même tribune de Davos)
-le syndicaliste américain John Sweenie, (parlant avec beaucoup de ferveur du « tournant de Seattle »)
-le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan (dans un discours que ne renierait pas la Ligue communiste révolutionnaire).

A ceux-là, pendant le duplex (« ce moment de vérité assez poignant  ») s’ajoutent les voix du spéculateur George Soros, (qui se déclare en faveur de la taxe Tobin, et qui ne montre pas non plus de « méchanceté » particulière) et enfin de Marc Malloch-Brown, (du Programme des nations unies pour le développement).
Partant de cette liste exhaustive, vous concéderez que je puisse ne pas me reconnaître pleinement dans le choix de vos termes, lorsqu’à propos des intervenants du film vus à Davos, vous parlez de « méchants », de « cyniques qui dirigent le monde en affamant les pauvres » ou de « propos paternalistes des patrons de la planète ».
Si vous avez regardé le film jusqu’au bout, vous vous souviendrez peut-être également de l’évocation du « patron écolo », par l’économiste Bernard Maris, qui indique assez précisément combien le problème n’est pas une question de « bons et de méchants ». Bernard Maris expose en particulier dans cette séquence du film que la dynamique du capitalisme - de l’énergie brute, dit-il - est tournée vers un objectif, le profit, et que toute autre finalité lui est secondaire. Ainsi, polluer rapporte, en termes de PNB, comme le fait de dépolluer (d’un point de vue capitaliste, c’est dans les deux cas une « augmentation de la richesse »). Ainsi, l’augmentation des crimes rapporte objectivement à ceux qui investissent dans les prisons privées, l’augmentation du nombre de malades aux industries de la pharmacie, la multiplication des guerres aux marchands d’armes etc. Etait-il impensable pour vous de relever ces quelques indices sur le capitalisme et « sa nature profonde » plutôt que de commencer votre article en expliquant que nos préoccupations étaient tout à fait autres ?
Qu’il y ait par ailleurs sensiblement plus de musique dans le film que de « danse », c’est sans doute un détail qui vous importe peu, puisque votre perception veut que les « gentils dansent »… Pourtant, non, les paysans sans terre ne dansent pas, ni les rappeurs de Sao Paulo, musiciens, dans le film, mais pas danseurs. Ni 98% des personnages du film. Mais : oui, il y a aussi beaucoup de grilles et de barbelés au Brésil, et l’esprit sécuritaire qui leur est lié n’a de toute évidence d’exclusivité ni avec la Suisse, ni avec les pays riches en général. C’est assez clair dans le film, mais il fallait aller jusqu’à la dernière image, ce que vous n’avez manifestement pas eu la patience de faire. Oui, encore, la danse a plus de droit de cité au Brésil qu’en Suisse ou ailleurs en Europe. Est-ce le problème ? Est-ce que vraiment le film se réduit à ça ? Si on y regarde bien, de Bernard Maris à Bernard Cassen, de la mère de la Place de mai à Eduardo Galeano, les plus « méchants », ceux qui expriment les attaques les plus féroces ne sont-ils pas du côté de Porto Alegre ?

« Au prétexte qu’à Davos la presse était tenue à l’écart, aucun des intervenants n’a été interviewé ». Vous avez là deux expressions impropres en une ligne : où avez-vous lu ou vu que « la presse est tenue à l’écart à Davos ». Ce n’est en tout cas pas dans le film où ne se trouve aucune assertion de cette sorte, nous y avons suffisamment fait attention. Si vous demandez une accréditation à Davos en tant que journaliste écrivant pour Le Monde, il y a des chances que vous soyez reçue sans trop de problèmes. Mettez-vous en revanche trente secondes à la place de nos deux complices (à la caméra et au micro) qui, à Davos, n’auront pas eu la plus petite chance de rencontrer un seul des « global leaders » (malgré les démarches que nous avions entreprises plusieurs mois auparavant), et vous comprendrez que nous n’avons pas cherché de « prétexte ». En réalité, nous avons subi une distance qui nous était imposée par des gens pour qui nous n’étions tout simplement pas assez importants. Mais la roue tourne et pour que vous ne vous mépreniez pas une autre fois sur nos intentions, sachez que nous sommes depuis quelque temps en discussion avec le nouveau directeur de la communication de Davos, qui a vu le film et jugé bon de nous rencontrer dans la perspective d’un travail documentaire de fond sur le Forum économique mondial. Vous voyez que tout arrive et que nous arrivons finalement à parler avec ceux qu’une journaliste du Monde appelle « les méchants ».

« A Porto Alegre, tout est ouvert, il fait beau, les gens marchent pieds nus, interviewés dans l’herbe ou attablés dans une buvette, les intervenants, sympathiques, tiennent des discours humanistes ». Essayons de voir, au-delà du mépris qui circule sous l’évocation des « pieds nus », ces « gentils », un peu sous-développés mais sympas... Une petite fille filmée sur la plage était effectivement pieds nus, comme vous et moi l’aurions été probablement à cet endroit. Avez-vous vraiment vu d’autres « pieds nus » dans le film ? Quant aux « interviewés dans l’herbe », avez-vous changé de canal sur votre téléviseur en cours de projection ? Pas une fois cette situation n’a été ne serait-ce que filmée.
Ce qui est sûr, c’est que votre imaginaire a projeté tout cela, et que vous avez transformé quelques faits réels plus ou moins anodins en clichés suffisamment grossis par vos soins pour devenir des actes signalés de naïveté confondante de notre part : le fond vert donné à l’écran par les plantations de l’université de Porto Alegre donnera dans votre rétine, des intervenants « interviewés dans l’herbe ».
Or, est-ce vraiment nous, Isabelle Régnier, qui simplifions le réel jusqu’à le réduire en « clichés » ? Nous qui suivons de près les mouvements sociaux et écologistes internationaux depuis des années, qui passons 18 mois à réaliser un film d’une heure trente avec un financement dérisoire, puis plus d’un an pour le voir finalement sortir en salle, et désormais en route pour des débats organisés dans plus de soixante villes en France avec des universitaires, des syndicalistes, des journalistes, des militants… ? Ou les quelques lignes vite et mal écrites sur un film que vous avez vite et mal vu, et encore moins écouté ? Je reconnais que rien sur les difficultés liées à notre démarche n’avait besoin d’être relevé en face du « manque de talent » écrasant que vos phrases préféraient mettre en évidence. Mais vous vient-il à l’esprit, parfois, que dans votre position, la livraison de vos jugements et impressions suppose quelque exigence de vocabulaire ? Ne croyez-vous pas qu’un semblant d’exigence devrait plus particulièrement s’imposer lorsque, comme vous, on participe doctement à des débats s’interrogeant sur les « prescripteurs » qui guident aujourd’hui les cinéphiles et contribuent à l’accès de nouveaux territoires cinéphiles  ?

Mais continuons de relire vos termes : « Un footballeur finance une école pour élèves défavorisés, qu’à cela ne tienne, on l’accompagne pour constater les bienfaits de son action ». Premièrement, « un footballeur » s’appelle Raï. Je le confesse, je ne suis pas un grand amateur de football. Mais je connaissais Raï, parce que, comme Zidane, c’est une star mondiale. Champion du monde avec l’équipe du Brésil en 1994, il a été aussi capitaine de l’équipe du Paris-St Germain pendant des années.
Partant de là, ce que vous exprimez sur le ton de quelqu’un qui n’en peut plus de « tous ces bons sentiments », c’était plutôt, dans notre cas, une assez forte surprise : un joueur de foot, considéré comme un demi-Dieu dans son pays, multimillionnaire, qui vient au Forum social mondial, parle de politique et de son propre pouvoir... Oui, j’avoue que je reste frappé par les positions de ce footballeur-là ! Mais je réalise aussi que de votre point de vue, ça doit être terriblement lassant de voir ces sportifs prestigieux qui passent tant de temps à vouloir aider les pauvres. De voir tous ces gamins qui retrouvent le sourire après avoir été dans des conditions d’abandon et de misère absolues. Pénibles, ces bons sentiments qui suintent de partout... Qui de plus, ne prouvent rien. C’est vrai, qu’est-ce que ça prouve des mômes qui rigolent ?

J’ai, dites-vous, « envoyé  » deux équipes. Prenez-le temps de lire le dossier de presse et nous nous entendrons peut-être pour dire que les choses ne se sont pas du tout passées comme ça.

« Opposition facile entre le chaud et le froid  ». Désolé, nous n’avons pas décidé des détails du décor, encore moins du climat. Souvenez-vous, il s’agit d’un film tourné au moment où l’hiver était bien au-dessus de Davos, c’est-à-dire au moment où l’été était déjà bien installé à Porto Alegre. Si froideur humaine il y avait sans doute (la façon avec laquelle nous avons été accueillis à Davos en aurait refroidi plus d’un), on ne peut tout de même pas reprocher aux Suisses qu’il fasse froid l’hiver, et nous n’avons de toute évidence pas cherché à souligner cela. Seulement, les faits sont comme vous savez têtus, et il y avait bel et bien de la neige à Davos. Là encore, avec une assez nette volonté de nuire, il ne restait plus qu’à produire le cliché, et à le mettre en rayon à la page cinéma du Monde.

« Le titre annonçait un programme dense. On espérait une version 2002 de « I love dollar », ce film où Johan van der Keuken interviewait longuement, au milieu des années 80, les principaux centres financiers du globe. »
Le hiatus entre votre texte et ce que nous avons souhaité faire est d’abord votre impasse absolue sur nos propres intentions. Aucun intérêt semble-t-il à mesurer le rapport entre nos objectifs et le résultat… Non, chère madame, nous ne voulions pas faire «  une version 2002 de I love dollar » malgré mon immense respect pour le regretté Johan van der Keuken. Vous nous jugez par rapport aux attentes que vous vous faisiez à partir du titre de notre film et ces attentes, nous les avons déçues. Ça commençait mal. Un peu comme si, travaillant à l’exégèse d’un de vos textes, je commençais par dire, « je croyais découvrir une version 2003 du J’accuse de Zola, mais ce n’est qu’Isabelle Régnier ! » Les intentions, le contexte, les démarches qui ont progressivement provoqué la réalisation de ce film ne vous intéressent pas ? Qu’à cela ne tienne, comme vous dites, c’est même de bonne guerre, puisque cela revenait, sur le fond et la forme, à contester le - non - travail de gens comme vous. Mais alors dites-le ! Dites : « tout cela ne m’intéresse pas, j’en parle seulement parce que la pige est tombée sur moi, mais je n’y connais à peu près rien, et de toutes façons, je n’ai pas le temps, je n’ai même pas pu me libérer pour aller aux projections de presse ». (Entre parenthèses, vous auriez ainsi respecté le travail de l’attachée de presse et de ceux qui dépensent leurs maigres subsides pour les organiser)

Une des questions de fond, vous concernant, est : Comment pouvez-vous parler avec autant de suffisance de sujets et de gens dont vous connaissez si peu de choses ?
Dans notre cas, si nous faisons des films, si nous écrivons des textes, c’est peut-être d’abord parce que nous pensons qu’il y a des gens, beaucoup, qui restent doués de curiosité, et qu’il y a lieu de provoquer, partout où c’est possible l’acte de réfléchir ensemble. Avec des spectateurs comme vous, on est dans la position du cuisinier qui se réjouit de mettre en appétit ses convives avec son goût pour les saveurs, et qui voit soudain arriver chez lui un individu ballonné, vomissant bientôt son trop-plein au milieu du repas. Ce qui dérange profondément, à la lecture de vos considérations, c’est le nombre d’inexactitudes. C’est plus encore de manière générale le ton, ce ton épouvantable des gens gavés, auprès de qui l’utopie d’une réflexion partagée semble frappée de la plus haute ringardise.
Car de quoi s’agissait-il Isabelle Régnier, en janvier 2001 ? D’un moment international où s’échafaudait l’utopie d’un "nous", d’une pensée commune, à débattre, à délibérer ; d’actions communes, à débattre et à enclencher. Dans ce contexte, notre film n’aura été qu’une de ces actions, un des relais effectués, ici, à notre petit niveau. Un film certes tourné avec les moyens du bord, mais n’en subissant à nos yeux rien de forcément disqualifiant. Nous avons été, et nous restons animés non pas par le désir de nous associer à une autre « pensée unique » mais par le besoin de partager, progressivement avec le plus grand nombre, les éléments constitutifs d’un minimum de pensée commune. Ce film n’était qu’une des très nombreuses aspirations à faire circuler les connaissances et les analyses politiques du monde non plus seulement par des gens qui n’ont pas le temps, ni par des gens qui sont les employés dévoués de ceux par qui, selon nous, les choses vont aussi mal : les Dassault, Lagardère, Bouygues et autres Berlusconi... Je ne peux pas vous dire s’ils sont personnellement gentils ou méchants, mais ce sont assez clairement dans notre cas, des ennemis politiques.

Vous parlez de « nature profonde du capitalisme » sans sembler réaliser que votre propre façon de travailler en est un des nombreux symptômes : symptôme, par exemple, lorsque des gens comme nous, attachés depuis des années à des pratiques d’artisans, sont soumis à l’influence assassine de gens comme vous, avec toutes les conséquences sur la sortie du film en salle que suppose un article aussi mensonger dans un journal comme Le Monde. Vous êtes dans la négation même de notre travail : ce que vous niez, c ’est autant l’existence des questions de fond présentes dans le film - sur l’éducation, le capitalisme, les médias, les mouvements sociaux…- que les pratiques dont le film procède. Réécoutez les questions soulevées dans le film, ne seraient-ce que celles portées par l’extraordinaire Eduardo Galeano, et nous parlerons peut-être d’autres choses ensemble que de gens « sympathiques attablés dans une buvette tenant des discours humanistes. »

Vos questions valent toutes d’être reprises : si « un combat est possible » ? Voilà la question type de celle qui a beaucoup de chance de ne guère y prendre part, sinon pour renforcer l’ordre dominant aussi longtemps que possible. Que faut-il faire, si vous n’avez donc toujours pas vu ni entendu les millions de combats possibles ? A Seattle, Millau, Washington, Gènes, Porto Alegre, dans des centaines d’autres villes et campagnes depuis des années, que ce soit par la voix des chômeurs lors des marches européennes, ou par celles des paysans-sans-terre qui n’en sont pas à leurs premières batailles, ni à leurs premières victoires. Sans parler des combats dans le champ de la santé (les maladies qui tuent le plus à l’échelle planétaire étant bénignes sous nos latitudes), de l’éducation, de la dette des pays pauvres, du désarmement…
Il y a aussi tous les combats que nous aurons à mener contre des gens comme vous, qui sont à l’exigence critique ce que le Reader digest est à l’encyclopédie. Mais cela ne vous interdira peut-être pas de vous réveiller : réalisez-vous, par exemple, que ceux que vous appelez encore les « antimondialistes » ne se reconnaissent pas dans ce nom de baptême que seuls les moins attentifs des journalistes continuent d’utiliser ? Le mouvement est internationaliste, pas « anti-mondialiste ».
« Qu’est-ce qui les rend si méchants » ? (sic) « Comment fonctionne le monde actuel » ? (re-sic) Désolé, ces questions-là, je vous les laisse tant elles me paraissent typiques de qui fait semblant de s’interroger sur la possibilité de changer les choses. Au fait, Lula, présent à Porto Alegre et à Davos est-il un gentil ou un méchant ?

Enfin, votre fin. Notre film aurait manifestement dû « apporter des réponses ». Je suis surpris par les extraordinaires capacités que vous avez soudain eu l’air de nous accorder… Avez-vous déjà vu un film qui, dans le champ politique, « apportait des réponses » ? Des faits, des indices, des chiffres, des traces, des informations, des mensonges révélés, des explications, des histoires, certes, mais des « réponses »… ? Pendant la deuxième guerre mondiale, sans doute, comme à certaines heures soviétiques, certains films devaient apporter des réponses. Telles n’étaient pas nos intentions. Ainsi vous attendiez des réponses alors que nous nous évertuons à chercher les bonnes questions.
Oui, un film peut soulever des questions, et en les portant au regard d’un grand nombre de gens, susciter ou accompagner des réflexions collectives. Et pour preuve, même quelqu’un comme vous, qui écrasez nos images par vos propres clichés, vous réussissez tout de même à réaliser qu’ « en 2001 les riches ont pris conscience qu’il devenait politiquement suicidaire de nier certains méfaits de la mondialisation  ». Comme cette phrase a l’air d’être une sorte de « commentaire personnel » sur ce que le film donne à voir, dites-vous bien que, même avec vous, nous n’aurons pas l’impression d’avoir tout perdu. Mais la déduction que vous en faites : « Davos a donc organisé une rencontre en duplex » est en revanche extraordinaire. Elle montre que vous avez dû répondre au téléphone ou faire autre chose une autre fois pendant la projection. Ce duplex était organisé par l’agence de presse audiovisuelle Article Z, une agence indépendante qui n’avait rien à voir avec Davos. Regardez une fois le film en entier, et sans doute cela deviendra plus clair. Vous y apprendrez par la bouche de Marc Malloch-Brown, que les organisateurs de Davos, ayant refusé d’être officiellement représentés lors de ce duplex, ne pouvaient pas en être les initiateurs comme votre article le laisse croire. Là encore, très peu de vérification vous aurait permis de ne pas dire n’importe quoi.

Quoi qu’il en soit, merci d’avoir invité aussi chaleureusement les lecteurs du Monde à aller voir notre film. Je sais bien que ce n’est pas votre rôle que de faire des « gentils articles » et encore moins de faire de la publicité pour des films, a fortiori s’ils vous semblent maladroits ou franchement mauvais. Mais de mieux travailler, si !

Pas très respectueusement,

Vincent Glenn

Copies à Jean-Michel Frodon, Jacques Mandelbaum, Jean-Marie Colombani, Jean-Michel Dumay.

 
  • Enregistrer au format PDF

Souscription 2018Souscription 2018

Notes

[1avec un titre d’Acrimed.

A la une

John McCain dans les médias français : l’engouement pour une blanche colombe !

De la « peopolisation » à la canonisation du sénateur républicain : misère de l’information internationale.

John McCain et le Washington Post : un hommage et des omissions (Fair)

Le Washington Post loue la contribution de John McCain aux « droits de l’homme » en l’illustrant par une photo où il se tient à côté d’un nazi.

« Cadeau fiscal » : un langage d’ « ultra-gauche » selon Éric Brunet

Quand l’éditocratie soutient que le langage est politique, mais uniquement quand il est… « de gauche ».