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Communiqué

Chaîne d’Information Internationale : entrevue avec le Directeur du Groupe de Projet (SNJ-CGT et SNRT-CGT)

Nous publions ci-dessous un communiqué de syndicats CGT de France Télévisions, de RFI et de l’AFP (Acrimed)


« Il y a attente d’une information présentant
une autre vision du monde »

C’est l’affirmation d’Ulysse Gosset, Directeur du Groupe de Projet pour la Chaîne d’Information Internationale de France Télévisions, aux responsables du SNJ-CGT et du SNRT-CGT de France Télévisions, de RFI et de l’AFP qu’il a reçus ce jour à leur demande [1].

Depuis 2000, les sections SNJ-CGT de ces médias (plus Radio-France) avaient élaboré un projet de Pôle public de l’information, dont la première étape pourrait-être une collaboration dans le cadre de la future CII.

Pour nous, un tel projet ne peut-être une réussite que s’il repose sur les savoir-faire, les réseaux, les moyens humains et techniques du Pôle public, bien loin de l’attelage hybride public/privé qui ne pourrait pas fonctionner.

Le projet du Pdg de France Télévisions va dans ce sens.

Le Service public audiovisuel et l’AFP, ce sont :

- des personnels techniques et administratifs qui assurent, des moyens de fabrication, de diffusion et de distribution existants et expérimentés, analogiques et numériques à destination du monde entier, à travers le réseau France Télévisions (F2, F3/France 3 Sat -50 salariés spécialisés dans la réexposition des reportages, un outil de travail entièrement numérique, un plateau virtuel de 100m2, RFO/AITV qui produit déjà 20’ quotidiennes d’infos internationales pour CFI en français et en anglais, RFI (qui émet en 18 langues, CFI, TV5, Euronews, Arte France ;
- 5000 journalistes, des bureaux et des centaines de correspondants dans le monde entier, capables d’alerter sur tout événement en temps réel, capables de produire des sujets ou des commentaires, dans l’attente de l’arrivée des envoyés spéciaux (RFI-300 correspondants dont les 30 de RMC Moyen-Orient qui produisent déjà pour les télévisions, AFP-6 fils en langues étrangères, 110 bureaux avec des services vidéo en exercice et en projet, RFO-20 correspondants....).

D’où les propositions de la CGT.

Pour nous, la CII doit :

- être 100% publique ;
- disposer d’un budget public propre qui ne soit pas inférieur à 100 millions d’euros et ne devra être ponctionné sur les budgets des sociétés partenaires ;
- être doté d’un CA où seront représentés les salariés ;
- disposer de moyens humains et matériels propres ;
- disposer d’une rédaction au siège qui ne soit pas inférieure à 80 ;
- avoir une totale indépendance éditoriale ;
- produire et diffuser en priorité ses propres images ;
- diffuser 24h/24 en analogique et en numérique ;
- émettre en 4 langues (français, anglais, espagnol, arabe) ;
- diffuser un JT toutes les 30’, avec un rappel des titres ; diffuser des magazines ;
- assurer une protection sociale et des salaires relevant des Conventions Collectives du secteur public de l’Audiovisuel.

Les membres du Groupe Projet qui nous ont reçus ont confirmé ces convergences.

Pour eux, « France Télévisions doit être le moteur du projet et fédérer les acteurs de l’audiovisuel public et notamment extérieur (...) La CII doit être une vraie chaîne, crédible et indépendante (...) Elle doit être multilingue - français, anglais, arabe, espagnol, disposer de ses propres images. (...) Il y a volonté de travailler avec RFI et l’AFP, avec CFI et France 3 Sat en terme de diffusion. (...) Les correspondants doivent être fidélisés. »

Les inquiétudes pour la CGT : les déclarations du ministre de la Culture et de la Communication envisageant toujours la collaboration avec le privé, le sous-financement annoncé et la tiédeur de la Direction de l’AFP, ainsi qu’un positionnement pas très rassurant de certains Pdg des sociétés de l’audiovisuel public.

Pour nous, l’enjeu est tout à la fois un enjeu de société et de développement du Pôle public d’information.

Première réponse dès le 28 septembre avec le début du débat budgétaire à l’Assemblée.

Paris, le 19 septembre 2005.

 

Notes

[1La délégation de la CGT était composée de : Charly Kmiotek (Secrétaire général SNRT-CGT), Jean-François Téaldi (Secrétaire général SNJ-CGT Audiovisuel public), Marcel Trillat (SNJ-CGT France 2), Gabrielle Lorne (SNJ-CGT RFO) , Addala Benraad (SNJ-CGT RFI), Jean-Michel Cadiot (SNJ-CGT AFP).

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