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« Jeudi d’Acrimed » : « Usages et mésusages médiatiques de l’histoire » (jeudi 5 décembre)

Les sujets historiques sont indéniablement prisés des médias dominants : ils font régulièrement les « Unes » de la grande presse et nourrissent un genre documentaire à part entière. Pourtant, les grands médias font en réalité peu de cas de la recherche en histoire et de ceux qui la font, et ce sont quelques auteurs d’essais à succès – dont Alain Decaux ou Max Gallo sont les figures tutélaires –, historiens professionnels ou non, qui monopolisent leur attention. État des lieux d’un paysage médiatique où, sauf rares exceptions, l’histoire est traitée comme un récit distrayant, quand elle n’est pas l’objet d’instrumentalisations politiques grossières.

« Jeudi d’Acrimed »
jeudi 5 décembre 2013 à 19 heures
à la Bourse du travail de Paris
3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e




Avec Benoît Bréville, qui mena des recherches en histoire avant de devenir journaliste au Monde diplomatique, et William Blanc, doctorant en histoire, et auteur avec Aurore Chéry et Christophe Naudin, des Historiens de garde. De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national [1].

En guise de présentation du débat (par Acrimed)

S’il est une précaution méthodologique élémentaire dont tout étudiant en histoire de première année a entendu parler, c’est bien l’absolue nécessité d’éviter de projeter les enjeux du présent sur l’écriture du passé. Et c’est précisément là que réside le risque pour des médias obnubilés par « l’actualité » et qui courent sans cesse derrière la nouveauté, le « scoop », et la dernière tendance : non pas éclairer la société actuelle à la lumière de son histoire, mais au contraire, relire le passé à partir d’une vision particulière du présent.

Ce qui aboutit, dans le contexte politique actuel, à la résurgence d’une « histoire identitaire », dont la petite entreprise éditoriale de Lorànt Deutsch constitue l’exemple le plus frappant [2], qui s’applique à reconstruire une histoire nationale (ou plutôt nationaliste) simpliste et fantasmée, aux échos politiques évidents, et qui s’assied systématiquement sur les résultats de la recherche historique sur lesquels s’accorde la communauté scientifique, mais aussi sur les débats qui la traversent.

Par quelles voies une conception aussi peu rigoureuse de l’histoire parvient-elle à être relayée sans vergogne par tous les grands médias ou presque ? Les journalistes pèchent-ils par naïveté, par incompétence, par suivisme ou participent-ils cyniquement à la promotion d’auteurs qui n’ont d’historien que le nom pour gagner de l’audience ? Comment sont cooptés et d’où viennent les historiens (ou pseudo-historiens) les plus médiatisés ?

Plus largement, quelles sont les thématiques historiques privilégiées dans les médias ? L’histoire ouvrière, celles des luttes sociales ou de l’immigration, occupent-elles la même place que l’histoire des « grands hommes », l’histoire politique ou militaire ? D’où vient que l’histoire universitaire la plus rigoureuse ait peu ou pas droit de cité dans les médias ? Est-ce parce qu’il est impossible de la rendre accessible à un large public ou parce que les médias manquent de journalistes compétents ? N’est-ce pas plutôt parce que les chefferies éditoriales la considèrent a priori rebutante et ennuyeuse ?

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