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Une enquête du journal {Fakir}

France 3 Picardie : L’info-formol

par François Ruffin,

Branchez-vous sur le 19/20 au hasard : « La dictée des Dicos d’or, pour la petite histoire, c’est sur "marins-pêcheurs" que les candidats ont le plus buté »… « Des poissons robustes et combatifs, un vrai plaisir pour les passionnés de pêche à la mouche »… « Les fauteuils à la reine, à Senlis, ne se sont vendus que 60.000 euros pièce  »…

France 3 Picardie, c’est la chaîne du consensus. Où se répand un journalisme de province, sans âme, sans risque et sans révolte. Où les institutions fourguent leurs reportages clé en main. Et ça n’est pas une spécificité locale…

« Ma prise de conscience, elle remonte à un sujet sur, je cite, "la propreté dans les piscines municipales".  » Autour d’un Pisang orange, un reporter de la chaîne confesse sa panne de vocation :

« J’arrive le matin à la station de France 3 et on me sort le fax de la mairie. Comme d’habitude, j’appelle Cédric Soulet [Monsieur Communication locale, à l’Hôtel de Ville], il me répond ’je vais essayer d’organiser ça’, et on se retrouve au Coliséum. Avec, aussi, le directeur des piscines. Moi, je demande à voir les filtres, pour les mesures de pollution, les saletés récoltées, etc. ’Non non, c’est pas ça le thème aujourd’hui’ me rétorque Soulet. J’avais lui et l’autre derrière moi, je me sentais coincée, donc j’ai tourné comme prévu. En gros, ’les gens sont crades, ils ne se lavent pas les pieds, mais heureusement la ville d’Amiens leur offre un savon pour la douche’. Les images allaient avec. En rentrant à la rédac’, ils ont trouvé ça super : ’Tu nous fais un bon petit sujet !’ Ca m’a désespéré. »

C’est le métier qui rentre...


L’info-com
A regarder (scientifiquement) le 19/20, on découvre la nature anarcho-gauchisante des PPDA et autres David Pujadas. Et combien Le Courrier Picard s’apparente à un brûlot contestataire. Car notre édition de France 3 brille par son suivisme, quasi infaillible de la com’ institutionnelle : office du tourisme, région, département, entreprises, etc.
Le vendredi 7 novembre, par exemple, outre la Culture, encore la Culture, toujours la Culture, le journal s’ouvre avec Center Parcs : est interrogé le directeur de Pierre et Vacances, ainsi qu’un adjoint au conseil Général de l’Aisne, et l’on nous dessine un « dôme tropical », « 700 résidences commercialisables  », « une aubaine pour le département » qui « devrait attirer 500 000 personnes par an  ».

Suit une seconde mesure - presque aussi merveilleuse - « la rénovation des barrages de l’Oise  », avec « un plan de 100 millions d’euros », « un travail de titan », « la création de passes pour les poissons » et l’interview d’un directeur, bien sûr, celui des Voies Navigables de France en Picardie.

Enfin, arrive une troisième décision, « "je crée dans ma cité", un projet du Conseil Général de l’Oise qui subventionne dix projets ». Le tout, explique le directeur-organisateur, afin de « récompenser des initiatives créatives, originales », « un restaurant associatif à Creil », « un club de basket ball », « les inventeurs d’un marque-page intelligent, d’une chaussette de sport révolutionnaire  ».

Ce jour-là, les attachés de presse ont bien fait leur boulot. Et les journalistes le leur ? Oui, répond - iconoclaste - Philippe Descamps, ancien salarié de la chaîne : à France 3, un rédacteur doit « consacrer l’essentiel de son énergie à l’expression d’une région par ses institutions ou aux spécialités comme la scène culturelle ou le sport. (…) Cette couverture des événements accorde ainsi une grande place aux rendez-vous institutionnels [1] ». Servir le pouvoir, ou ne pas le heurter, relèverait du devoir professionnel…

A flux tendus
Nul complot ici. Aucune soumission volontaire. Juste, avant tout, une logique de production :

« - Vous tournez un sujet par jour en général ?

- Au minimum. Après, ça dépend : si t’es recruté en Contrat à Durée Déterminée, il faut que tu fasses tes preuves. Donc, on t’en réclame deux en moyenne ». Un rythme soutenu, qui ne laisse guère d’heures creuses pour creuser : « A 9 h, je découvre qu’on a jeté un cocktail-molotov dans un bus de la SEMTA. A midi, je dois rendre le reportage, mixé et tout. Tu imagines la course contre la montre ! » Sans oublier « les déplacements hors d’Amiens, ça fait vite deux heures de perdues aller-retour. On travaille à flux tendus. Quand tu vois une collègue, elle découvre les casinos du Tréport dans l’après-midi et le soir même, elle en livre, en direct, une savante analyse. »

Dès lors, la qualité importe bien moins que la quantité :

« A chaque coin de couloir, il y a un verbe que j’entend toujours, c’est : "remplir". Hier soir, par exemple, j’ai suivi un match de basket. Ce matin, j’arrive et on me dit "c’est le ramadan". Donc on a demandé aux gens quels légumes ils mettaient dans leur chorba - "tomates, persil, céleris, fèves, oui pis des oignons". Un micro-trottoir, quoi, assez vide. La réaction de la rédac’, c’est "ah, tu nous remplis quand même trois minutes aujourd’hui" ».

Ce productivisme ne laisse guère de place pour « l’enquête » : « On n’a pas le temps de rechercher des informations. En fait, bien souvent, les infos nous sont servies clés en main. » Voilà le journaliste réduit à mettre en forme, en mots, en sons, une « actualité » prédigérée et prérédigée par d’autres.


Fausse impertinence
Pour masquer cette démission, et sa gêne peut-être, reste une pirouette : l’humour. Afficher une fausse impertinence dans le ton, pour cacher un conformisme sans faille dans le fond. Car « à France 3, les critères de compétence sont essentiellement basés sur la présentation (une voix qui passe, des sujets à l’heure, un visage qui présente bien, etc.). Un bon sujet sera celui qui a provoqué des sourires en régie, peu importe qu’il apporte des informations importantes pour la vie publique pourvu qu’il soit bien léché. »

Citons un cas d’école : « la harangade du Tréport » et ses « 8000 repas servis », « ses 800 kilos au menu », « ce poisson très bon pour les enfants ». Un tour de marché, et le reporter interroge un vendeur de saucisson : « Vous comptez nous faire croire que c’est du hareng ? » A une autre marchande : « Est-ce que vous vendez des bonbons en forme de poisson ? - Euh, là, des dauphins. »

Il faut bien se détendre ? Soit. Mais nul brin de joie, ici, au milieu des malheurs de la région. Juste du divertissement parmi du divertissement : ce dimanche, une page sport suivra la « harangade », puis le Festival du film de Compiègne (avec Marie Trintignant post-mortem), et au programme une éclipse totale de lune. Pas de quoi surexciter notre indignation...

Entre les reportages, ou en guise de chutes, se suivent jeux de mots (« les éoliennes ont le vent en poupe  ») et clins d’œil (« se déroulait la traditionnelle dictée des Dicos d’or, récit d’une journée, un récit sans faute ») à rythme masurien. Car le journaliste « jouit souvent d’une grande liberté dans le mode de traitement des informations non "sensibles", ne touchant pas aux pouvoirs établis. Mais il doit comprendre que la recherche d’informations essentielles à la compréhension de la vie locale et la mise en perspective de l’actualité ne sont pas les premières tâches que l’on attend de lui » (Descamps). Dieu merci, il l’a bien compris…


Des journalistes déracinés
« - Comment vous choisissez les sujets, en conférence de rédaction ?
- C’est un bien grand mot, ça, "conférence de rédaction". En fait, nos infos, c’est du copié-collé. On a entendu ça à la radio. On a lu ça dans le Courrier Picard. Ou alors, on a reçu un e-mail... »

Un détail, mais qui compte : France 3 ne dispose guère de racines dans la région. La boîte fait tourner les CDD - débarquant de Paris, de Metz ou d’ailleurs. Des contrats « d’un jour, deux jours, ou d’une semaine. » Avec des salariés qui « dorment à l’hôtel », « vivent dans leur coin », se retrouveront « lundi à Lyon, Toulouse ou Strasbourg. » De simples techniciens de l’info, sans lien ni histoire dans le lieu.

Quoi de plus précieux, pourtant, que des journalistes ancrés ici, se rendant au supermarché ou à la crèche, avec leur petit frère en galère de logement, des amis qui bossent à la Mission locale, des voisins qui empruntent une boîte de Miaouuuuu ! pour le chien et causent de cette licence de taxi qu’on leur refuse ? Un petit réseau sans raison, pour contrebalancer les sources institutionnelles. Pour qu’émergent des sujets venus d’en bas, et non d’en haut. Exerçant à France 3 Rhône-Alpes, Philippe Descamps remarquait : « Les trois journalistes qui se sont intéressé de près aux affaires Carignon sont tous les trois grenoblois ou installés à Grenoble depuis longtemps. Alors qu’une partie importante de la rédaction vit dans une sorte de bulle…  » Et le même d’ajouter : « La notion d’informateur est quasiment inconnue à France 3… »

Même topo, ou presque, pour les « cadres » ou « CDI » - qui viennent de loin et quittent la station dès que possible. Ce turn-over s’apparente, depuis le printemps, à une hémorragie : « Le rédac’chef, Bertrand Rault, a regagné Lille. Sophie Guillain, son adjointe, est partie à Lyon. Franck Petit a demandé Lyon aussi. Stéphanie Labrousse a pris un an de congé sans solde. Isabelle Rettig attend un poste sur Nantes. Et Frédérique Maillard s’est barrée à Toulouse. » Avec pareille rotation, comment constituer un carnet d’adresses ? Comment multiplier les contacts personnels ? Comment établir une confiance avec des interlocuteurs ? Mission impossible. On se raccroche alors, d’autant plus, à la perche toujours tendue : les attachés de presse.


Une armée de parasites
Justement, des ribambelles de parasites fournissent des évènements à jet continu : « On a face à nous, explique une journaliste de France Bleue Picardie, de redoutables services de communication. Gigantesque. On reçoit des dossiers de presse qui sont de vrais chefs-d’oeuvre. La chair est faible. Il est 18 heures. Vous êtes crevé. Ils vous passent dix coups de fil. L’attaché de presse vous rappelle : "Putain, t’as vu ma manif, elle est super. Tu pourras interviewer machin. Tu seras là à 16 heures, à 16 heures 30, c’est bouclé." Par exemple, la navette entre Etouvie et la Zone Industrielle, mise en place par Amiens-Métropole. Là, ils vous livrent l’élu responsable du dossier, et un ouvrier qui va faire le trajet, bien content, "parce qu’avant, sa femme devait l’emmener, c’était chiant pour les gosses et tout le machin." Et on aura un seul rendez-vous pour les deux, bâclé en une demi-heure. C’est merveilleux, que demande le peuple ? »

Sur son ordinateur, une reporter ouvre pour moi son courrier électronique : « On reçoit environ cinq mails par jour de la ville. Du genre, animation du Coliséum, Amiens ville de patrimoine, etc. Derrière, Cédric Soulet rappelle : "T’as vu mon mail ?" Lui, on l’a au téléphone une fois par jour au moins. Là, tu vois, Amiens a remporté un prix pour les entrées de ville. C’est remis au ministre de la culture, à Paris, et c’est un malin, Cédric : "Si vous voulez, on met une voiture à votre disposition." Il sait qu’on souffre d’un manque de moyens et il en joue. Des fois, on peut être à poil, et on pioche dans le tas des mails qu’il envoie. Exemple : on a fait Halloween dans les écoles, avec le personnel déguisé en sorcière et compagnie ».


Pauvreté positive
De ce fonctionnement découle une image lisse du monde : les difficultés individuelles ou collectives (manque d’établissements pour handicapés, Contrats Emploi Solidarité supprimés, absence de logements sociaux etc.) sont remplacés par les évènements des institutions. Et du coup, c’est un exploit : à France 3, même la pauvreté baigne dans le bien-être !

C’est « l’association amiénoise Belles Vacances », d’abord, qui « fête ses 30 ans ». « L’occasion de rassembler organisateurs, enfants et bénévoles pour évoquer les bons souvenirs. » Devant des grilles de photos, des gamins « défavorisés » se rappellent leur séjour à Quiberon ou Saint-Hilaire de Riez » (8/11/03). Qu’importe les mécanismes - travail précaire, chômage, ruptures familiales - qui conduisent à la « défaveur  ». Qu’importe l’espoir, ou le désespoir, que nourrissent ces hommes pour leur avenir, et celui de leurs gosses. Seul souci : ils aperçoivent la plage « à prix réduits ».

Même topo avec les sans-abris : « Le département de l’Aisne a décidé de prendre les devants... Un dispositif que nous détaillent nos reporters... Cinquante places supplémentaires seront disponibles... » (14/11/03) Bien qu’un SDF tempère cet enthousiasme, l’idée demeure : grâce au Conseil général, on approche d’une solution. En attendant de compter les morts...

L’on pénètre en maison d’arrêt, enfin, via un évènement positif. Qu’apprend-on sur le suicide qui survient, tous les trois jours, dans les prisons françaises ? Rien. Qu’apprend-on sur les cas de psychiatrie massivement enfermés là et qu’on ne soigne pas ? Rien. Reste, à l’inverse, une bonne nouvelle : « une porte qui s’ouvre un peu, celle de la liberté ». Avec des détenus « décernant un prix lors du Festival du Film », « conscients de tenir là un rôle de tout premier plan », car « membres du jury, ça se mérite » tant pour « les heureux élus, le visionnage est un moment privilégié ». Et de conclure : « Le condamné, quand il vote, a le sentiment d’agir et d’être encore vivant. » (12/11/03) Voilà un remède miracle au malaise carcéral…


Faits div’ en berne
Seuls les faits-divers, et l’actualité judiciaire, troublent cette douce rengaine : « deux mineurs qui ont battu et violé un camarade », « un accident de la route », « l’explosion d’une bouteille de gaz », « un central téléphonique dans l’Oise abîmé par une voiture », « un trafic d’ecstasy démantelé à Beauvais », « trois jeunes présentés au parquet dans une ambiance survoltée », etc. Au Courrier Picard, Christophe Verkest l’affirmait : « Faits divers, faits divers, faits divers locaux, crimes et tout, c’est une demande très pressante de la hiérarchie. Dans une logique purement économique, à court terme, les faits divers font vendre. » Au contraire, à France 3 Picardie, sobriété et mesure demeurent de rigueur.

La chaîne souffre bien moins du racolage que de l’ennui - tendance sous-préfecture de la troisième république (« vente aux enchères de fauteuils à la reine à Senlis », « messe de la Saint-Hubert à la cathédrale », etc.) Sans doute parce que France 3 détient le monopole de l’info télé sur la région. Et que ce journal-là ne se vend pas en kiosque chaque matin. La « logique purement économique », dès lors, s’avère moins absolutiste. Mais desserrer l’étau de l’Audimat ne suffit pas, apparemment, à libérer le journalisme…


Paresse récompensée
« La grande maladie de la profession, diagnostique Sophie Guillain, ex-rédac’chef adjointe de France 3 Picardie, c’est la paresse. Le métier souffre d’une grande paresse. » De fait, nombre de reporters se sont installés dans un « ronron ». Ils repompent sans résistance les dossiers de presse. Passent chez les flics pour les faits divers. Quittent le boulot à 18 heures 30. Et ne se mobilisent plus qu’autour d’une seule cause : défendre leurs abattements fiscaux, afin de régler au plus vite leur maison.

Mais la cadre de France 3 oublie un détail : dans la profession, la paresse est récompensée. Et son corollaire, la complaisance, aussi. Fort de ces deux vertus, le journaliste dessine un monde paisible qui satisfait sa hiérarchie notabilisée. « Pas de vagues », comme on le répète au Courrier Picard.

C’est au salon Drouot, le 9 décembre dernier, lors d’une réunion du club « Entreprendre ensemble » et face à des PDG attablés devant leur petit déjeuner, que s’exprimait Gilles Vaubourg. Et le directeur de France 3 Nord-Pas-de-Calais Picardie de démarrer son laïus par « je me sens particulièrement à l’aise dans cette assemblée ». Userait-il de la même accroche avec les gueux de Droit Au Logement ? On doute qu’il se rende à leur AG… Et de poursuivre : « D’ailleurs, entreprise et service public vont ensemble, main dans la main. Les mots de marketing, bench-marking, public-cible, ne gênent plus personne. » Le vocabulaire, au moins, converge. Et de passer la sébile dans l’assemblée de costards cravate : « Un produit peut être parrainé, exemple je m’appelle Darty pour la météo. » Avant de se mettre à genoux : « Les décideurs ne sont pas toujours des téléspectateurs assidus, alors de grâce regardez le 19/20 je vous en supplie. » Ce responsable cultive une sympathique proximité…

Qu’adviendrait-il du rédacteur qui, par inadvertance, fait son travail et trouble l’ordre des choses ? Il se voit sinon puni, au moins grondé.

« On avait un sujet sur le harcèlement dans un Leclerc. On avait rassemblé énormément de témoignages, enfin, du moins, en comparaison avec d’habitude. La médecine du travail, la direction régionale du travail, des personnes licenciées, etc. Pour une fois, nous étions à peu près sûrs de notre coup. Le réd’ chef regarde le sujet avant, et il le rediffuse le lendemain. Dix jours plus tard, on reçoit un coup de fil des avocats. Ils menacent de porter plainte sous prétexte qu’on avait volé trois plans dans le hall. Et là, le chef nous enguirlande : "On est dans la merde. A cause de vous, on est dans la merde !" Zéro soutien. Il nous a lâchés complètement. Alors que bon, on aurait voulu quoi ? "Comment ça ? Ils veulent nous faire chier ? On y retourne, on refait un sujet !" Tout l’inverse ... » Et de conclure : « Même aujourd’hui, on en a gardé une extrême prudence... » - tout en espérant que, « avec la nouvelle direction, les choses évolueront peut-être ».

Si France 3 tremble devant une supérette, on mesure les limites de son audace face à la Préfecture ou aux mairies...


Culture de la soumission
Là intervient, sans doute, une « culture d’entreprise », « culture de soumission aux idées en vogue et aux pouvoirs en place ». Qui, comme le rappelle Sophie Guillain, est héritée d’une histoire : « Je vais dire une horreur : je pense que les médias locaux ne se sont jamais vécus, depuis très longtemps, comme des contre-pouvoirs.

_- Fakir : Si France 3 a été créée à l’initiative de De Gaulle, c’est parce qu’il pensait que les journaux régionaux étaient trop impertinents...
- SG : Il y a pire que ça. France 3 a été lancée par Peyrefitte (Ministre de l’information du Général) dans une France où l’on cherchait complètement à museler l’info. A cette époque, on a une presse quotidienne régionale de patronage, pas des révolutionnaires. Et France 3 va venir relayer l’image d’une France heureuse, avec Madame Pompidou qui inaugure les maisons de retraite...
- Fakir : France 3, c’est également surnommé « Télé Préfet »...
- SG : Oui, jusque dans les années 80, on avait le Préfet qui appelait. Mai 68 à France 3 Bretagne, c’était une brève illustrée et un sujet. L’histoire de France 3, elle est là. Elle n’est pas dans le contre-pouvoir du tout. »

A en croire un rédacteur, l’histoire ne bouge guère. Ou alors à peine. Ou très lentement : « Télé-Préfet ici, ça reste très vrai et plus qu’ailleurs. »

François Ruffin


Article paru dans Fakir, numéro 18, janvier-février 2004.
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Notes

[1Philippe Descamps, lors du colloque « Télévision et espace régional », qui s’est tenu à Aix-en-Provence en septembre 1997. Lui a travaillé pour France 3 de septembre 1990 à février 1996. D’autres propos, plus loin, sont issus soit de cet article, soit d’un entretien téléphonique.

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