2006 : Mobilisations contre le CPE et la précarité
... Discours sur la « réforme » et la « méthode »
Tout avait commencé, en ce début 2006, dans le calme d’un accompagnement sans états d’âme de « la réforme ». Son adoption par le Parlement n’avait suscité aucune émotion particulière. Le climat commence à changer après les manifestations du 7 mars 2006. On peut constater alors, dans la presse écrite quotidienne nationale, qu’il s’agisse du contenu de la réforme ou de la légitimité de la mobilisation, une indéniable diversité éditoriale : Le Figaro campe solidement à droite, Le Monde tient la corde au centre-gauche, Libération donne l’impression d’épouser la cause de la jeunesse mobilisée que L’Humanité soutient ouvertement. Avec toutes les apparences d’une information équilibrée et pluraliste, mais qui, L’Humanité exceptée, dissimule un profond consensus. En effet, apparemment divisés sur la nécessite de cette réforme, les commentateurs entonnent d’une même voix l’hymne en faveur de la flexibilité. Une fois encore, les revendications (et donc les actions) légitimes sont contenues dans une enceinte très étroite et placées sous surveillance.[…] Ainsi, derrière la façade de la pluralité des opinions et d’une expression équilibrée des protagonistes se cache le chœur des éditorialistes et chroniqueurs qui entonnent leur air préféré : notre destin, c’est la « réforme ». Et seules sont légitimes les mobilisations qui ont pour objectif, non de la contrarier quand elle est régressive, mais de l’accompagner : tel est l’unique objet du « dialogue social ».
Lire notre présentation du dossier constitué ci-dessous.
Nos articles
Présentation évolutive du « dossier » progressivement réuni par Acrimed. Actualisée le 2 juin.
« Paranos », dites-vous ? - Les étudiants confrontés aux « formats » journalistiques et à la personnalisation des luttes.
La liberté en danger ? - Des étudiants partagés - La médiatisation à tout prix ?
Hubert Coudurier, maître à penser du Télégramme
Hervé Chabaud, maître à penser de L’Union.
Jacques Camus, maître à penser de La République du Centre
Veille et jour de grèves et de manifestations. Comment en parler beaucoup pour ne (presque) rien en dire ? Un exemple de journalisme d’illustration.
Circulation circulaire des stéréotypes entre médias équivalents, et autres mécanismes.
Ces petites approximations et ces grosses omissions qui font la différence.
... mais des chiffres qui font mentir les médias !
Quand la notoriété justifie la vacuité.
De l’art paradoxal de préférer les « débats » à la confrontation des arguments.
Des médias américains loin d’éprouver de la sympathie pour les étudiants français qui manifestent...
Quand la critique médiatique des médias « s’emballe » et « dérape » sur le CPE.
Un adverbe de mise en perspective
Politique de la dépolitisation et politisation droitière de l’information.
... entre François Bayrou et un journaliste de France Inter
Des informations brouillonnes entretiennent la confusion et la fiction d’un « dialogue ».
Un éloge des « réformateurs » contre un mouvement « conservateur »
21 minutes pour de Villepin, 7 minutes pour Hollande. Distorsions et autres broutilles.
Un essai comparatif dans La Presse de la Manche.
Quelques fleurs de la rhétorique éditoriale. Un échantillon non représentatif.
... Remplacement et amalgame.
Tri sélectif des informations, personnalisation sélective du conflit social, présentation sélective des arguments.
Explications confuses d’une prétendue confusion.
Dossier, articles, éditorial, à sens unique.