Observatoire des media

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Une surprenante passe d’armes (France Inter, 27 mars)

France Inter - lundi 27 mars - 7/9 - Question directe. Pierre Weill reçoit François Bayrou. Les questions orientées se succèdent, sans que l’on sache toujours si le journaliste en endosse la formulation. Quoique...

Jusqu’au moment où l’on peut entendre cet étonnant échange.

- Pierre Weill : - « François Bayrou, vous avez un éternel côté un peu « donneur de leçon ». Est-ce que le CPE est une bonne mesure ou une mauvaise mesure ? »

- François Bayrou : - « C’est une mauvaise mesure [...] Il n’est pas normal de licencier quelqu’un, quel que soit son âge, sans lui dire pourquoi... Si on vous licenciait, vous, M. Weill, qui dites qu’on a des côtés donneur de leçon, si on vous licenciait sans vous dire pourquoi, vous trouveriez qu’il y a quelque chose de tout à fait anormal dans cette affaire et vous vous plaindriez, y compris en usant de tous les moyens de droit, en disant qu’il n’est pas normal de ne pas avoir l’explication qui fait qu’on rompe le contrat de travail. Eh bien, moi, ce que je défends pour M. Weill, je le défends pour les jeunes Français. »

- Pierre Weill : - « Mais est-ce que oui ou non dans notre pays les conditions d’embauche et de licenciement doivent être assouplies en échange de garanties ? Le monde change ! Il semble que l’emploi stable, protégé par des conditions de licenciement très lourdes, c’est de plus en plus rare dans le monde ! Il y a la mondialisation ! On ne peut pas vivre dans une bulle ! Qu’est-ce que vous proposez ? »

- François Bayrou : - « Probablement la profession la plus protégée en matière de licenciement, c’est vous ! C’est les journalistes ! Et il est normal... »

- Pierre Weill : - « Ne parlons pas des journalistes ! »

- François Bayrou : - « Ben, vous voyez : vous n’aimez pas ! Vous aimez bien mettre les autres en cause, mais vous n’aimez pas qu’on discute de la situation réelle de votre métier... »

- Pierre Weill : - « Je voudrais connaître vos propositions ! »

Et Bayrou s’exécute, terrassé par l’injonction...

Dommage. Qui sait ? On aurait peut-être pu l’entendre, non seulement défendre les protections que le droit du travail accorde aux journalistes, mais surtout s’insurger contre l’extension des emplois précaires dans les médias et s’indigner (sans doute avec Pierre Weill) que les Contrats Première Embauche puissent, si la loi est maintenue, se multiplier dans ce secteur comme dans les autres.

[Transcription : Philippe et Henri]

 
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