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Après les manifs du 18 mars : Un « morceau de bravoure » éditorial

Où l’on apprend qu’une « réflexion » sur le sens des chiffres peut prendre appui sur une comparaison entre les manifestants hostiles au CPE et les partisans de Milosevic réunis autour de sa dépouille.

Avant d’en venir à cet essai comparatif, quelques informations sur leur auteur.

Jean Levallois, Conseiller régional Divers Droite de Basse-Normandie (Manche), président de l’Association régionale HLM de Basse-Normandie, est aussi membre du bureau de l’Ecole supérieure de journalisme ESJ de Lille et rédacteur en chef adjoint et éditorialiste à La Presse de la Manche (Groupe Ouest France), quotidien le plus diffusé dans le Nord-Cotentin (environ 30000 exemplaires)

Régulièrement cité par France Inter dans les revues de presse du matin, cet élu livre quotidiennement son éditorial, sans qu’aucun éditorialiste d’une orientation divergente ou opposée ne bénéficie d’un tel privilège : miracle du pluralisme interne d’une presse qui se défend d’être une presse d’opinion.

Dans Les cahiers du journalisme n°6 d’octobre 1999, consacré à « La fonction éditoriale de la presse », Jean Levallois titrait une contribution intitulée « L’éditorial : entre morceau de bravoure et outil de réflexion »

Passage de la théorie à la pratique : en guise de « morceau de bravoure » et d’ « outil de réflexion », Jean Levallois, le dimanche 19 mars 2006, a offert, aux lecteurs de La Presse de la manche, ce commentaire des manifestations contre le CPE de la veille :

« [...] La tentation est toujours grande aux soirs de manifestations réussies de sombrer dans la fascination du nombre. Est-ce que le nombre est déterminant ? Un million un million et demi, cela fait du monde c’est vrai. Mais en 2002 combien de voix le seul M. Jospin a-t-il recueilli au soir du premier tour ? Un beau chiffre. Ce qui pourtant ne lui permettait pas de se maintenir au second tour. Comme quoi, un grand nombre ne suffit pas toujours.

Hier tandis que la marée montante des manifestants remplissait les rues de France, 50 000 serbes à Belgrade acclamaient la dépouille de Milosevic. Ils n’étaient plus que 2000 l’après midi à manifester contre l’ancien président serbe à l’origine du nettoyage ethnique. Puisqu’ils étaient plus nombreux, sont-ce les 50 000 qui avaient raison ?  »

Inutile de s’indigner de tels rapprochements : c’est un « outil de réflexion » !

Et il faudra sûrement plus d’un tel « morceau de bravoure » pour déshonorer son auteur et des morceaux encore plus nombreux pour disqualifier la « fonction éditoriale de la presse ».

- Voir également sur le site de « Réunification Syndicale » : « Revoilà Levallois »

[Merci au correspondant qui nous a transmis, selon sa propre expression, cet « infâme éditorial »]

 
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