La fausse agression du RER D
... Un journalisme de meute ?
Le vendredi 9 juillet 2004, Marie L., une jeune femme de 23 ans se présente pour porter plainte, au commissariat d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Elle affirme avoir été victime dans la matinée d’une agression à caractère antisémite, dans la ligne D du RER, entre Louvres et Sarcelles, alors qu’elle voyageait avec son bébé. Quelques jours plus tard, l’enquête policière permet d’établir qu’il s’agit d’une pure et simple affabulation. Mais entre temps médias et responsables politiques se sont enflammés...
Nos articles
La fausse agression du RER D ? Un puissant révélateur du fonctionnement ordinaire des médias.
De la désinformation en temps réel aux autocritiques sans conséquences : un certain journalisme s’offre en spectacle. Acrimed présente son dossier.
Déjà bouleversé en juin par une agression prétendument antisémite, Le Monde fait face à la prétendue agression antisémite de juillet.
Comment transformer une débandade médiatique en produit dérivé.
S’emballer sur un « emballement », s’expliquer sans expliquer, battre (légèrement) sa coulpe... jusqu’à la prochaine fois.
Les journalistes auraient esquissé un début de réflexion autocritique. Une information à prendre avec toute la prudence qui s’impose.
Du début à la fin, un condensé de toutes les outrances : « la désinformation est sacrée, et l’autocritique est facultative »...
Du Lundi 12 au mardi 13 juillet : Quand les doutes policiers deviennent publics, les médias suivent.
Lundi 12 juillet. Ce fut simultané : l’information scrupuleuse... et les commentaires avisés. Qu’importe les faits, pourvu qu’on ait l’ivresse...
Le lundi, la police n’a toujours aucun témoin. Heureusement, Europe 1 est sur leur piste...
Lundi 12 juillet - Grands consommateurs de dépêches de l’AFP et grands lecteurs de journaux, les journalistes et présentateurs des radios et télés prétendent « savoir »...
Deuxième partie de notre revue de presse : des récits solidement documentés !
Heureux journalistes de la presse écrite, dispensés du « direct » et bénéficiaires d’une journée d’investigation dominicale...
... Avant de revenir sur le traitement médiatique d’une prétendue agression, ainsi que sur la présumée autocritique des journalistes
Il a suffit d’une dépêche de l’AFP, le 10 juillet 2004, pour que la quasi-totalité des médias accréditent le récit de Marie L.
Examen de deux journées de réactions politiques et associatives pour comprendre comment se construisent des commentaires à sens unique précisément parce que les médias qui l’alimentent et le cautionnent légitiment ainsi les leurs.
Ravages de la course au scoop et à l’audience lorsqu’elle se double d’un imaginaire nourri de préjugés réactionnaires.