Observatoire des media

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Quand la presse enquête sur les écrans sécuritaires

Les mains pures ? (1) Matraquages et dédoublements

Après le "séisme", le "raz-de marée" ? Des centaines de pages et d’ heures d’antennes sont consacrés aux résultats du premier tour des élections présidentielles. Se prévalant du rôle d’ observateurs impartiaux , éditorialistes, présentateurs et sondologues, se défendent d’avoir joué un rôle actif dans le processus électoral : ce sont des antilepénistes aux mains pures...

Pourtant, les médias contribuent à façonner des représentations qui ne sont pas sans effets.

Première partie :
Matraquages et dédoublements

Première version : 23 avril 2002. Nouvelle rédaction et mise à jour : le 10 mai 2002


(1) Matraquages et dédoublements (2) Quand Libération regarde la télévision (3) Quand Le Monde regarde la télévision (4) Quand Daniel Schneidermann invite au "débat"


Matraquages et dédoublements

Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, chercheurs et critiques des médias essayaient d’attirer l’attention sur les dérives sécuritaires observables dans les médias, et particulièrement à la télévision. En vain, ou presque. Comment contenir le matraquage auquel, peu ou prou, on participe ?

Au diapason du climat sécuritaire qu’il contribue à entretenir, Le Figaro consacre l’essentiel de ses pages "Société" à " la violence " pour lequel ce quotidien ne connaît qu’un souverain remède : la " tolérance zéro ", dont la droite est le premier (mais pas le seul ...) fournisseur.

En phase avec le marché, Le Parisien vend par dizaines les "unes" et les pages qui font peur et qui font vendre : un véritable matraquage.

On se doute que de tels journaux sont peu enclins à s’interroger sur les dérives de la télévision, dont ils sont les auxiliaires en papier. Mais les quotidiens de la demi-gauche et de la demi-droite respectables - Libération et Le Monde ?

Force est de constater qu’ils sont la proie de véritables dédoublements.

Alors que dans les pages "politique" ou "société", ils accréditent la construction médiatique de l’insécurité à laquelle ils participent, ils prétendent en contenir les dérives.

Adeptes de la version sécuritaire de chiffres, ils en délèguent l’interprétation rigoureuse à quelques chercheurs sollicités comme " experts ".

Soumis à la leçon sécuritaire des images, ils en sous-traitent la critique à une vigilance confinée (quand elle existe ) à la rubrique "Médias", "Communication" ou "Télévision".

Agents des explications sécuritaires des faits, ils congédient - pour cause de " naïveté " ou d’ " angélisme " - toute tentative d’en déceler les causes sociales.

Jusqu’au moment où la nouvelle percée électorale du Front National les réveille - provisoirement - de leur torpeur.

Libération avait attiré l’attention sur les dérives de la télévision, mais, sauf erreur, surtout dans sa rubrique "Médias" et dans la critique de "Télévision"

La suite :
Quand Libération regarde la télévision

 
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