Observatoire des media

ACRIMED

Grande-Bretagne : les principaux médias contre Jeremy Corbyn

par Thierry Labica,

Nous publions ci-dessous, avec l’autorisation de son auteur et sous forme de « tribune » [1], un large extrait de l’article (« Détruire l’ennemi (I) : les conservateurs et les forces médiatiques ») publié sur Contretemps web [2].

Thierry Labica revient dans cet extrait (sous le titre « Médias et distorsions milliardaires ») sur la formidable offensive médiatique qui a pris pour cible Jeremy Corbyn depuis son accession à la tête du Labour Party.

La question du rôle des principaux médias peut être une affaire délicate. Dénoncer les médias, n’est-ce pas une facilité un peu trop pratiquée pour rester tout à fait honorable ? N’y a-t-il pas, dans « la faute aux médias » l’articulation classique des imaginaires de la conspiration ? La réponse étant non, au moins en l’occurrence, on prendra la liberté d’ajourner la discussion de ce beau sujet. On doit pouvoir se contenter de deux ou trois remarques préliminaires.


Une concentration massive

Premièrement, la dénonciation « des médias » a d’une part une base objective pour elle : comme le rappelait la citation de la rédactrice du site d’information indépendant, The Canary [3], leur concentration capitaliste les a constitués, de fait, comme autant de complexes stratégiques puissants et notoirement en mesure de façonner le climat de la vie politique britannique, en l’occurrence.

Le groupe de Rupert Murdoch News International mérite en particulier d’être traité comme une force politique à part entière, force dont la pénétration, l’influence et disons-le, l’emprise, sur le champ politique britannique sont apparus au grand jour lors du scandale de 2011 [4], exposant une collusion d’échelle orgiaque au plus haut niveau de l’État, entre un Premier ministre conservateur et un supercapitaliste de « l’info ». Sans même en arriver à un tel degré de promiscuité, il est notoire, par exemple, que l’arrivée de Blair au pouvoir en 1997 fut aussi le produit d’une alliance stratégique inédite entre le dirigeant néo-travailliste et le groupe Murdoch qui mit son tabloïd phare de droite, The Sun, au service de sa campagne [5]

Plus généralement, il devrait suffire de rappeler qu’en ce qui concerne le Royaume-Uni, deux groupes – News Corp UK et le Daily Mail group (propriété de Lord Rothmere) – détiennent à eux seuls 60% de la presse nationale. Si l’on élargit le périmètre de l’élite de cette industrie, six entreprises se partagent 80% de la presse locale, soit, « plus de quatre fois l’ensemble des titres des cinquante-six éditeurs restants, et quatre-vingt-cinq pourcent des revenus dégagés » [6] Nul besoin, donc, de supputer des conspirations (qui certes existent bel et bien par ailleurs) ; à un diner de grands fauves, les convives n’ont pas besoin de conciliabules préalables pour s’offusquer en chœur de la présence inopinée d’un menu végétarien à la carte.


L’expérience passée

Mais outre cette situation de concentration massive, les pratiques et les déséquilibres qu’elle induit, il y a l’expérience passée. Toute personne ayant gardé le souvenir de l’année 1984-85 en Grande-Bretagne, sera tentée de faire le parallèle entre le traitement de la gauche travailliste dans les médias nationaux britanniques et celui de la grande grève des mineurs d’il y a maintenant trente ans.

Ce sujet a été amplement couvert depuis et les mensonges et les manipulations aux proportions industrielles de l’époque ont été dénoncés, voire, ont fait l’objet d’excuses publiques, notamment envers le dirigeant du syndicat national des mineurs de l’époque, Arthur Scargil [7]. Mais on peut aussi penser à la campagne de dénigrement systématique de la gauche travailliste lors de la campagne pour les législatives de 1987, et au cours de laquelle Tony Benn, Ken Livingstone et quelques autres devinrent les figures de proue d’une « loony left » (genre de « dingauche ») à la fois extrémiste, dangereuse et risible.


Le dénigrement anti-Corbyn

Aujourd’hui, le dénigrement anti-Corbyn, la production de récits de toutes natures à son désavantage, la surreprésentation des positions politiques qui lui sont hostiles, la faible place laissée à son expression et à l’exposé de ses orientations, ont été recensées et étudiées par divers chercheurs de la London School of Economics, et de la Coalition pour la réforme des médias (MRC), en lien avec des chercheurs de Birkbeck college de l’Université de Londres.

Les premiers ont entre autres observé que, dans les principaux titres de presse nationale, 74% du contenu informationnel relatif à Corbyn, soit ne rendait pas du tout compte du point de vue et des idées de Corbyn, soit n’en proposait que des versions déformées (« distorted ») [8]. La seconde enquête, qui s’est davantage intéressée à la télévision, fait notamment apparaître la chose suivante :

Le temps d’antenne accordé aux critiques de Corbyn était deux fois supérieur à celui accordé à ses soutiens ; un appui largement disproportionné donné aux questions soulevées par les critiques de Corbyn dans les bulletins d’information de début de journée de la BBC et de ITV, disproportion particulièrement manifeste dans l’énoncé des titres. L’observation a également relevé une tendance prononcée chez les présentateurs des journaux du soir de la BBC à avoir recours à des termes péjoratifs dans leurs descriptions de Jeremy Corbyn et de ses soutiens [9].

Cette campagne médiatique a conduit jusqu’à l’ex-président du BBC Trust, Michael Lyons, à estimer que des « attaques assez extraordinaires avaient été lancées contre le dirigeant élu du parti travailliste. Assez extraordinaires, je dois le dire. Je peux comprendre que l’on s’inquiète de ce que certains des principaux responsables éditoriaux pourraient avoir perdu leur impartialité dans cette affaire. Je ne fais que reprendre des inquiétudes déjà exprimées par d’autres » [10].

Le tableau du travail médiatique effectué depuis plus d’un an serait trop long à brosser ici. On peut se contenter d’en indiquer certains des épisodes les plus saillants (outre l’inertie générale des usages partisans, et au bout du compte, souvent erronés des sondages, ou des entreprises de démoralisation préélectorales). Parmi les nombreux exemples à disposition, il y eu, au cours de l’été 2015, la construction d’un « antisémitisme » du dirigeant de gauche dans une tentative de disqualification par association [11].


De « L’affaire du train »…

On peut également évoquer « l’affaire du train » (« traingate ») qui occupa nombre de commentateurs pendant plus d’une semaine à la fin du mois d’août 2016 et qui fut l’occasion d’une attaque sévère d’un aspect central de l’image publique de Corbyn. Suite à un enregistrement dans lequel Corbyn, sans place assise dans un train de l’entreprise Virgin, dénonçait la situation du transport ferroviaire, on tenta de démontrer qu’il s’agissait en vérité d’une mise en scène délibérée visant à soutenir l’argument en faveur de la renationalisation de l’industrie ferroviaire. Virgin divulgua les enregistrements de vidéosurveillance à bord du train pour prouver qu’il restait des places assises, et par la même occasion, que la réputation d’honnête homme du dirigeant travailliste était une imposture. Corbyn reçut alors le soutien des témoignages de passagers confirmant sa version de l’histoire et le fait que les places apparemment libres sur les images de vidéosurveillance étaient déjà réservées.

Cette histoire ne serait pas si misérablement anecdotique si, bien entendu, elle ne faisait pas entendre l’affrontement larvé entre un dirigeant politique d’opposition en faveur de la re-nationalisation des services ferroviaires et un grand bénéficiaire de leur privatisation, le souriant Richard Branson (figure emblématique parmi quelques autres du capitalisme new age, sympa, artiste, émanation type des belles années du New labour).

L’illégalité de la diffusion publique des images de vidéosurveillance, leur caractère non probant, les témoignages de passagers, entre autres, ont été de peu de poids face à l’accumulation d’images et de commentaires permettant de faire passer Jeremy Corbyn à la fois pour un menteur et un manipulateur, autrement dit, permettant d’attaquer une rectitude que nombre d’adversaires veulent bien encore lui reconnaitre. Il s’agit aussi de le faire apparaitre comme un homme ordinaire (« a bloke »), lisant son journal assis par terre à l’entrée d’une voiture de train.

Cette reconstruction de l’ordinarité de Corbyn en « monsieur tout le monde » plutôt désemparé ne vise évidemment pas à faire de ce dernier un personnage politique d’envergure nationale à même « d’incarner » une certaine idée du peuple (catégorie banlieusard longue-distance, en l’occurrence). Cet homme ordinaire-là est impropre à la consommation politique parce que fondamentalement dépourvu de l’aura de dignité cérémonielle attendue des personnalités appelées à accéder aux plus hautes fonctions de l’État.

Un article du Daily Mirror, journal traditionnellement pro-travailliste, offrit une illustration particulièrement choisie des mobilisations hostiles de ce « récit ». Dans « Le coup de com de Jeremy Corbyn dans l’affaire du train prouve sa bêtise terminale ainsi que celle de son équipe », la polémiste Carole Malone, collaboratrice de longue date du journal, exploite sans réserve l’occasion d’une démystification radicale assistée des images fournies par Virgin : Corbyn n’est pas l’homme de la « politique propre » et de la « parole sans détour » qu’il prétend être. C’est un menteur, un fabricateur de bas étages, « au stade terminal de la bêtise » (« terminally stupid ») [12].

Ce commentaire, pour une bonne part, relève du simple registre de la surenchère au service du « buzz », mode exhibitionniste fragile dont dépend la survie de nombre de plumitifs. Mais comme nombre d’autres, il faut encore lui reconnaitre un intérêt en ce qu’il prolonge et enrichit, en quelque sorte, l’outrage causé par un Corbyn refusant de chanter « que Dieu sauve notre gracieuse reine » lors d’une commémoration officielle de la première guerre mondiale qui eut lieu immédiatement après son élection de septembre 2015. On pouvait y dénicher ce Corbyn républicain jugé gravement compromis avec les républicains indépendantistes irlandais du Sinn Fein.

On en vient aussi à supputer que l’hostilité anti-Corbyn prolonge une histoire lointaine des hystéries anti-anabaptistes des 16e et 17e siècles et dont l’un des « mérites » était de réconcilier bien des ennemis jurés, pour un temps au moins. On pourrait encore lire, à partir de ces mêmes ondes longues de l’histoire culturelle et politique la figure d’un Corbyn « hypocrite », c’est-à-dire, d’un Corbyn puritain au rigorisme faux, prétendant défendre le travailleur tout en profitant grassement des largesses de l’État.

Sur ce registre, le Mail online a expliqué à ses lecteurs et lectrices que « Corbyn avait coûté trois millions de livres sterling aux contribuables jusqu’ici » [13], démenti qui se voulait accablant de la réputation d’un parlementaire dont les notes de frais se sont élevées à huit livres et 95 pence pour l’achat d’une cartouche d’imprimante.


… aux autres « affaires »

Deux autres « affaires », au moins, sont venues contribuer au bruit dont il faut absolument entourer Corbyn et les forces qui le portent. Elles sont l’une et l’autre à l’articulation directe du travail de sape médiatique et de l’offensive du travaillisme institutionnel, notamment par le biais de journaux nationaux hostiles, voire, très hostiles, tels que le Guardian et le Daily Mirror.

La première de ces affaires fut ce qu’il faut se résigner à appeler le « scandale de la brique ». Suite au résultat du référendum sur l’UE, et à la démission en masse de membres du cabinet fantôme [14], une figure parlementaire travailliste, Angela Eagle, se lança dans la campagne pour l’éviction de Corbyn. L’ex-responsable des entreprises, de l’innovation et des qualifications de la première équipe d’opposition constituée par Corbyn, Angela Eagle, proposait de reconstruire l’unité et la crédibilité électorale (« electability », toujours) de la direction du parti et par là même, du parti tout entier.

Elle fut néanmoins vite rejointe et contestée dans ce rôle par un autre candidat pour l’unité et la crédibilité électorale du parti, à savoir, Owen Smith. Ce dernier présentait l’avantage au moins apparent de ne pas avoir participé à un quelconque gouvernement travailliste des années 2000 et s’était contenté d’occuper le poste de secrétaire d’État chargé du Pays de Galles dans cabinet fantôme d’Ed Miliband avant la défaite aux législatives de mai 2015. Outre le fait qu’Angela Eagle pouvait d’emblée apparaitre comme incarnation même de ce que l’élection interne avait rejeté quelques mois auparavant, sa campagne à peine lancée tourna vite à l’humiliation.

Lors de la première conférence de presse, lorsque les journalistes furent invité-es à adresser leurs questions, on s’aperçut après quelques secondes de flottement embarrassé que les uns et les autres étaient déjà partis. Par la suite, les premières interviews politiques furent assez catastrophiques dès lors que celle qui se proposait de remplacer Corbyn s’avérait incapable de répondre à des questions aussi prévisibles que : « Avec quelles orientations de Jeremy Corbyn être vous en désaccord ? », ou bien : « Le programme nucléaire-militaire (Trident) mis à part, quelles sont vos autres différences [avec Corbyn] ? » [15]. Il apparut ensuite que les membres du parti travailliste de sa propre circonscription s’étaient majoritairement prononcé-es en faveur de Corbyn.

Puis vint la brique : fin juillet 2015, un très grand nombre de titres de presse nationaux et leur site correspondant annonçaient qu’une brique avait été lancée à travers les vitres de la permanence parlementaire d’Angela Eagle. Comme pour « l’affaire du train » par la suite, la présentation des « faits » fut vite corrigée, de manière assez peu audible, cependant : la vitre n’était pas celle de la permanence mais d’une cage d’escalier située de l’autre côté du bâtiment abritant la dite permanence. Mais les bienfaits de la brique rendirent les faits de la brique très secondaires : l’agression intempestive, anonyme et lâche, documentait la vérité de ce qu’étaient vraiment les soutiens de Corbyn : des individus violents, préférant « l’intimidation » à tout échange civilisé, animés par des motifs « sinistres », avaient réussi à s’emparer de la direction du parti et s’employaient maintenant à le dévoyer par les méthodes malhonnêtes et brutales, typiques, et si prévisibles de la « gauche dure » trotskiste.

Là encore, en dépit de sa douceur apparente et de ses slogans en faveur d’une crédibilité retrouvée de la parole publique, Corbyn était bien l’homme aux projets dangereux qui avance masqué, portée par la racaille (« the rabble »), ou alors, l’homme faible, dépassé par des forces qu’il ne maitrise pas, et donc incapable de diriger. Dans tous les cas, la brique permit de faire glisser l’actualité médiatique de la direction travailliste dans la rubrique des faits divers criminels.

Dans les jours qui suivirent, on rapporta bruyamment la plainte adressée au président de la chambre des communes, John Bercow, par une autre démissionnaire du cabinet fantôme, Seema Malhotra (Secrétaire en chef du Trésor). Ce fut l’affaire de la clé.

L’ex-ministre fantôme disait avoir constaté que des assistantes parlementaires de John Mcdonnell et de Jeremy Corbyn avaient à deux reprises tenté de s’introduire dans son bureau. On parla de possible « violation », « d’entrée illégale », et « d’entrée par effraction ». En outre, lors de la deuxième tentative, l’une de ces personnes aurait eu une attitude « agressive et intimidante ». John Bercow fit savoir par écrit qu’il n’y avait eu, en l’occurrence, aucune atteinte au privilège parlementaire de l’ex-membre du cabinet fantôme et à ses assistants [16].

Les accusations portées par Seema Malhotra pouvaient en outre paraitre d’autant moins convaincantes que celle-ci était censée avoir quitté ses fonctions depuis plusieurs semaines, d’où la supposition que les locaux étaient vacants. Malhotra finit par faire ses excuses aux personnes d’abord incriminées, exprimant ses « regrets pour la souffrance » occasionnée par ses accusations.

En suivant immédiatement l’affaire de la brique, ce deuxième fait divers, aussi dépourvu d’intérêt que le premier (qui reposait sur une présentation inventive des faits), permit cependant d’affiner le récit en train d’être construit. Dans le cas présent, il y avait maintenant des raisons de penser que McDonnell et Corbyn avaient eux-mêmes recours à des méthodes peu honorables, voire, franchement malhonnêtes, vis-à-vis de leurs propres collaborateurs au sein de l’équipe d’opposition parlementaire.

Et quel crédit fallait-il alors accorder aux invitations au calme et au respect mutuel au sein du parti, lancées dans les jours précédents, lorsqu’il s’avérait que ces invitations venaient de dirigeants qui se rendaient eux-mêmes responsables de l’espionnage, voire de l’agression et de l’intimidation de leurs propres collègues ? Ne reconnaissait-on pas là ces penchants totalitaires, cet atavisme moscovite, qui sont la disposition chronique des adeptes du socialisme ?

Ces « affaires » permirent d’entretenir le bruit médiatique dont il restait urgent d’entourer la nouvelle direction du Labour, afin d’en rendre le plus possible inaudibles les propositions politiques, les projets, priorités et programmes. Il semblait alors plus aisé et peut-être même crédible, dans ces circonstances, de faire grief aux dirigeants d’être incapables de faire entendre leurs propositions. Et bien entendu, il était d’autant plus urgent que l’opinion publique en général, et l’électorat travailliste en particulier, prennent enfin conscience de cette incapacité à communiquer, mais aussi de ce vandalisme et de cet esprit de manipulation de la « gauche dure ».

Au moment même où s’engageait une nouvelle campagne pour l’élection de la direction du parti, n’était-il pas urgent de faire connaître ces vérités afin que les électeurs et électrices travaillistes se déterminent enfin en connaissance de cause ?


Thierry Labica

 
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Notes

[1Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

[2Titre et intertitres d’Acrimed.

[3Allusion aux propos de Kerry-Anne Mendoza (tenus ici à 8’ environ) « Dans ce pays, nous sommes dans la situation où 81% des principaux médias sont la propriété de six grands groupes ; la majorité des journalistes qui y travaillent sont passés par le même nombre restreint d’universités et en sont sortis avec leur diplôme à dix centimètres sur la gauche ou sur la droite des uns et des autres politiquement parlant. Et c’est ce petit décalage entre eux qui devient l’arène minuscule du débat politique dans ce pays. Toute personne hors de ce périmètre fait l’objet de moqueries, ou est ignorée, ou ridiculisée, ou dénigrée en passant pour un dérangé malfaisant et dangereux. […] Il existe un très large éventail d’idées politiques qui sont terriblement sous-représentées dans les principaux médias aujourd’hui. » Voir à ce propos notre article « Au Royaume-Uni aussi, l’hyperconcentration médiatique a de l’avenir » (note d’Acrimed).

[4À l’été 2011,on a appris que le tabloïd News of the World, propriété de Rupert Murdoch, avait piraté durant les années 2000 des systèmes de messagerie vocale, entre autres ceux de de victimes de l’attentat de Londres en 2005, ou de familles de soldats tués en Irak ou en Afghanistan. Un scandale politico-médiatique qui a atteint le Premier ministre d’alors, David Cameron, proche de l’ancien rédacteur en chef de News of the World, et qui a conduit à la fermeture du tabloïd. Voir, entre autres, sur le site des Inrocks, « L’affaire Murdoch pour les nuls » (note d’Acrimed).

[6« Who owns the UK media ? », A comprehensive report on media ownership in the UK, octobre 2015, Media Reform Coalition.

[7La fabrication la plus notoire fut celle de « l’argent libyen du NUM ». On retrouvera des évocations détaillées de cet épisode dans Ici commence la défaite : la grande grève des mineurs britannique trente ans après, dir. M. Bertrand, C. Crowley, T. Labica, Syllepse, 2016, à paraître.

[8B. Cammaerts, B. DeCillia, J. Magalhães, C. Jiminez-Martinez « Journalistic representations of Jeremy Corbyn in the British press : from watchdog to attackdog », London School of Economics and Political Sciences, 2015.

[9« Should he stay or should he go ? Television and online news coverage of the labour party in crisis », Dr J. Schlosberg, Media Reform Coalition and Birkbeck College University of London, 2016. Il s’agit là d’une référence implicite mais certaine aux commentaires, « analyses » et entretiens proposés par la chef du service politique de la BBC, Laura Kuenssberg, et par Cathy Newman de Channel four news, dont un entretien est utilement commenté ici : « Anti-Corbyn propaganda techniques broken down ».

[10« BBC may be biased against Jeremy Corbyn, says former BBC Trust chairman », The Independent, 12 mai 2016.

[11Une « campagne » relayée en France, entre autres par Caroline Fourest. Voir notre article « Caroline Fourest nous éclaire : Jeremy Corbyn est un apprenti terroriste ! » (note d’Acrimed).

[13« How Corbyn has cost us £3m… so far », Mail Online, 14 septembre 2015. Pour une reprise ironique de cette révélation, cf. « How rich is the labour leader Jeremy Corbyn, », London Loves Business, 28 janvier 2016.

[14Le cabinet fantôme est un « gouvernement » alternatif formé par l’opposition parlementaire (note d’Acrimed).

[15Peston Show on Sunday et Andrew Neil, Sunday Politics ; dans les deux cas, Angela Eagle a rappelé qu’elle était de gauche, qu’elle venait d’une famille modeste dans un début de récit autobiographique destiné à l’enraciner dans une authenticité ouvrière traditionnellement associée au nord de l’Angleterre.

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