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Les grands entretiens de Claire Chazal

A une semaine de distance, les 12 mars et 18 mars 2006, Claire Chazal a interrogé successivement, pendant le Journal Télévisé de 20 heures, sur TF1, Dominique de Villepin et François Hollande. Petite étude comparative.

Première tentative de décryptage qui sera (peut-être...) complétée ultérieurement.

L’entretien avec Dominique de Villepin, le 12 mars, a durĂ© 21 minutes (20 minutes et 50 secondes) l’entretien avec François Hollande, 7 minutes (6 minutes et 45 secondes).

Pour mettre en Ă©vidence la conduite des entretiens, on a gĂ©nĂ©ralement rĂ©sumĂ© les rĂ©ponses de de Villepin et de Hollande (qui ne nous intĂ©ressent pas en tant que telles ici), Ă  l’exception des phrases qui permettent de comprendre les interruptions et transitions. Les rĂ©sumĂ©s sont entre crochets (ainsi que quelques remarques de notre part)

I. En 21 minutes, « Dominique de Villepin dĂ©fend le choix du CPE » [1]

Après la formule d’accueil rituelle, l’entretien commence. Claire Chazal affecte une très aimable pugnacitĂ© qui ne cessera de s’attĂ©nuer au fil des minutes.

Sur le reproche d’ĂŞtre passĂ© en force

- Claire Chazal : - Alors, donc, avec nous ce soir Dominique de Villepin. Merci beaucoup d’ĂŞtre lĂ  sur ce plateau. Beaucoup d’agitations, beaucoup de tensions sociales. Une opposition très forte Ă  ce CPE. Avant d’aborder le fond du problème, qui est bien sĂ»r très important, tout d’abord la forme. Est-ce que vous ne regrettez pas de ne pas avoir nĂ©gociĂ© avec les partenaires sociaux et d’avoir ... d’ĂŞtre passĂ© en force, j’allais dire, Ă  l’AssemblĂ©e avec ce 49-3.
- Dominique de Villepin : -... [Ne rĂ©pond pas, mais se dit Ă  l’Ă©coute. Et notamment, Ă  la fin de la rĂ©ponse...] : A l’Ă©coute des parents et des familles ...
- Claire Chazal : - C’est-Ă -dire, ils considèrent que vous n’avez pas Ă©tĂ© tellement Ă  l’Ă©coute d’eux, puisque vous n’avez pas nĂ©gociĂ© sur ce CPE, au dĂ©part.
- Dominique de Villepin : - [...] Je suis aussi un homme d’Ă©coute et de dialogue. Alors ...
- Claire Chazal : - Il n’a pas eu de dialogue.
- Dominique de Villepin : - [DĂ©clare avoir discutĂ© avec les partenaires sociaux Ă  son arrivĂ©e Ă  Matignon et se lance dans une longue explication sur son projet et le CPE, et achève en expliquant pour qui il a Ă©tĂ© conçu] :... c’est-Ă -dire Ă  ceux qui enchaĂ®nent les CDD, qui enchaĂ®nent les stages ...
- Claire Chazal : - Ça veut dire que vous ne vous adressez pas spĂ©cialement Ă  ces ... Ă  ces Ă©tudiants que l’on voit manifester dans les [presque inaudible] facultĂ©s. [La perche est tendue...]
- Dominique de Villepin : [S’efforce d’expliquer qu’il refuse l’immobilitĂ© et qu’il a choisi de traiter le problème. L’explication s’achève ainsi : ] Nous avons proposĂ© le CPE. Sur le plan de la mĂ©thode que vous avez Ă©voquĂ©, et ce qui a Ă©tĂ© dit dans le reportage n’est pas tout Ă  fait complet ...
- Claire Chazal : - Mais, c’est ... c’est ce qu’expriment les jeunes. [On notera que Claire Chazal s’abrite derrière ce que disent les jeunes pour justifier le reportage]
- Dominique de Villepin : - Le CPE a Ă©tĂ© votĂ© par l’AssemblĂ©e nationale. Le 49-3, que vous avez Ă©voquĂ©, a Ă©tĂ© mis après, sur le reste du texte parce qu’il y avait blocage ...
- Claire Chazal : - Mais, y avait-il nĂ©cessitĂ© de faire ce 49-3 puisque justement le texte a Ă©tĂ© votĂ©. On a senti que lĂ  y avait une prĂ©cipitation, une envie de ...
- Dominique de Villepin : - [...] Nous Ă©tions confrontĂ© Ă  une obstruction systĂ©matique [...] [Se dit dĂ©sireux d’ouvrir la discussion.]

Sur l’Ă©ventualitĂ© d’un retrait

- Claire Chazal : - Alors, une question simple, Dominique de Villepin, puisqu’on sent la demande de ces jeunes, elle est très claire, hein. Ils veulent le retrait du texte. Est-ce que vous dites ce soir que vous ne retirez pas ce texte ?
- Dominique de Villepin : - Je dis ce soir, que la loi qui a Ă©tĂ© votĂ©e s’appliquera.
- Claire Chazal : - Donc, il n’y a pas de retrait ...
- Dominique de Villepin : - Elle sera mise en Ĺ“uvre Mais je souhaite comme, ça Ă©tait prĂ©vu par la loi, complĂ©ter les garanties qui sont apportĂ©es et je souhaite que nous puissions y revenir ...
- Claire Chazal : - Bien sĂ»r. [Une attestation de bonne volontĂ©, pour permettre Ă  l’interlocuteur de dire ce qu’il a prĂ©vu de dire. AussitĂ´t annoncĂ©, aussitĂ´t fait] :

Sur les « garanties » complĂ©mentaires

- Dominique de Villepin : - [Explique qu’il souhaite complĂ©ter les garanties par de nouvelles garanties qui doivent ĂŞtre nĂ©gociĂ©es avec les partenaires sociaux]
- Claire Chazal : - Sous forme donc de dĂ©crets d’application, d’arrĂŞtĂ©s, qui ensuite s’appliqueront après discussion avec les partenaires.
- Dominique de Villepin : - Sous forme de nĂ©gociation [...]
- Claire Chazal : - Vous parliez tout Ă  l’heure du CNE. Pourquoi, au fond, ne pas avoir prolongĂ© ce CNE qui avait Ă©tĂ© ... assez bien acceptĂ©, mĂŞme très bien acceptĂ© et qui Ă©tait d’ailleurs souhaitĂ© par le MEDEF. Il demandait une prolongation, une extension Ă  toutes les entreprises ? C’Ă©tait assez simple finalement. [Le CNE très bien acceptĂ© ? Mais par qui ? Et « d’ailleurs » conforme aux vĹ“ux du Medef...]
- Dominique de Villepin : -... Ce contrat, il a Ă©tĂ© fait pour les très petites entreprises. 360 000 contrats signĂ©s. Un tiers de nouveau ...
- Claire Chazal : - ...[Presque inaudible] : Ne s’Ă©tend pas aux grandes entreprises.
- Dominique de Villepin : - [RĂ©pond qu’il s’Ă©tait engagĂ© Ă  ne pas le gĂ©nĂ©raliser]

Sur ce que « ressentent » les jeunes.

- Claire Chazal : - Mais, ils [les jeunes] se sentent mis dans une catĂ©gorie particulière, et c’est ça qui parfois provoque le malaise . Vous le sentez ça. ? [Pas des arguments, mais des sentiments... Pas une rĂ©volte, mais un « malaise » ... « parfois ».]
- Dominique de Villepin : -Vous savez les jeunes en difficultĂ©. Ce sont d’abord ceux qui sont au chĂ´mage. A qui on ne propose rien. Donc ils sont bien dans une situation particulière. Et qu’est-ce que c’est le Contrat Première Embauche ? C’est d’abord ...
- Claire Chazal : - Est-ce que vous avez compris que l’inquiĂ©tude majeure c’est la prĂ©caritĂ© ? [Une question très dĂ©stabilisante...]
- Dominique de Villepin : - et nous allons y rĂ©pondre ...
- Claire Chazal : - Ils se sentent en situation prĂ©caire car possiblement remerciĂ©s par l’employeur pendant deux ans sans motif. C’est ça le fond du problème. [Encore des sensations...]

Sur les « garanties », encore

- Dominique de Villepin : -... et il [le CPE] s’adresse aux moins de 26 ans ...
- Claire Chazal : - Un CDI [Une ponctuation Ă  l’appui du propos du chef du gouvernement]
- Dominique de Villepin : -Un vĂ©ritable CDI avec une vraie rĂ©munĂ©ration ... [de Villepin s’explique longuement] ... Donc ce CPE est un emploi. C’est aussi une expĂ©rience. Tous les jeunes le savent. La première chose qu’on leur demande quand ils arrivent en entreprise, quelle expĂ©rience avez-vous. LĂ , ils ont la possibilitĂ©, tout de suite, d’avoir une vĂ©ritable expĂ©rience ...
- Claire Chazal : - D’ĂŞtre formĂ©s...[Une incise Ă  l’appui du propos du chef du gouvernement]
- Dominique de Villepin : -et nous leur apportons des garanties qu’ils n’ont jamais eu jusqu’Ă  ce jour ...
- Claire Chazal : - Vous savez bien qu’ils n’ont pas de garantie en matière de logement, par exemple, de crĂ©dit...[Une objection, mais qui ne sera pas reprise]
- Dominique de Villepin : - Justement, [de Villepin Ă©voque alors une « première garantie : le droit individuel Ă  la formation, et enchaĂ®ne]] ... La 2e garantie que nous avons nĂ©gociĂ©e, Thierry Breton de son cĂ´tĂ©, avec Jean-Louis Borloo, que nous avons nĂ©gociĂ© avec les diffĂ©rents partenaires, c’est un accès au logement.
- Claire Chazal : - Ça c’est donc nouveau par rapport Ă  ...
- Dominique de Villepin : -...C’est un engagement [de Villepin poursuit sur les « garanties » et Ă©voque la pĂ©riode initiale de 2 ans] ...
- Claire Chazal : - C’est comme une longue pĂ©riode d’essai, pendant laquelle on peut, au fond, se sĂ©parer du salariĂ© [On peut se sĂ©parer... Question formulĂ©e du point de vue des chefs d’entreprise ?]
- Dominique de Villepin : -... [RĂ©cuse l’appellation de « pĂ©riode d’essai » qu’il prĂ©sente comme une pĂ©riode initiale et insiste sur la possibilitĂ© laissĂ©e Ă  l’entreprise de la rĂ©duire]

Sur un peu tout. De Villepin poursuit sa conférence.

- Claire Chazal : - Parce qu’ils n’ont pas tous Ă©tĂ© unanimes au MEDEF, sur ce CPE. On a bien senti parfois certaines rĂ©ticences ... [Claire Chazal est très attentive aux positions du Medef. Aucun autre syndicat ne sera citĂ© au cours de l’entretien...]
- Dominique de Villepin : -...On a Ă©tĂ© chercher les voix discordantes. [Puis de Villepin revient sur les « garanties » en affirmant notamment que le droit du travail s’applique au CPE]
- Claire Chazal : - Avec la difficultĂ© que si vous augmentez les garanties, Ă©videmment, il y a moins de souplesse, et que les chefs d’entreprises dont vous parlez seraient moins enclins Ă  embaucher. C’est bien le paradoxe de la complexitĂ©. [Encore du point de vue du patronat...]
- Dominique de Villepin : -... L’Ă©quilibre du contrat reste posĂ©. [de Villepin continue imperturbablement sur les « garanties », puis il Ă©voque la possibilitĂ© de licencier :]
- Claire Chazal : - Parce qu’on peut le faire Ă  tout instant, sans motif. [Cette louable insistance sera « classĂ©e sans suite »...]
- Dominique de Villepin : -...Nous y reviendrons. On ne peut pas le faire Ă  tout instant sans motif.. [Ce n’est plus un entretien, mais un exposĂ©. De Villepin s’Ă©tend sur les moyens de rĂ©duire la prĂ©caritĂ© dans l’emploi avec les partenaires sociaux, avant de revenir sur les garanties pendant la pĂ©riode d’essai.]

Cette tirade atteint la durĂ©e record de plus de 3’06’’ (Ă  peu près), sans la moindre interruption soit près de la moitiĂ© du temps de parole qui sera concĂ©dĂ© Ă  François Hollande (questions et interruptions comprises). Un monologue justifiĂ© ainsi :

- Claire Chazal : - Alors, c’Ă©tait important effectivement de dĂ©tailler tout ça parce qu’il y a beaucoup de choses mal expliquĂ©es au dĂ©part sur ce qu’on a dit [inaudible en raison d’une tentative d’interruption de de Villepin], et il y a beaucoup de malentendus ...
- Dominique de Villepin : -... [Confirme, revient sur la nĂ©cessitĂ© de la « rĂ©forme » et soulève la question de l’existence de propositions alternatives]...
- Claire Chazal : - Alors, il y a celle-ci, mais qu’est-ce que vous ferez si cette semaine, on a vu beaucoup de choses se prĂ©parent, beaucoup d’actions se prĂ©parent, est-ce que ... qu’est-ce que vous ferez si la mobilisation se maintient et si elle s’amplifie ? Est-ce que vous n’envisagez absolument pas le retrait ? Est-ce que c’est exclu, ou est-ce que, Ă©ventuellement, ça sera une solution, in fine, en dernier recours ?
- Dominique de Villepin : -... [Ne rĂ©pond pas et explique que ce n’est pas un enjeu personnel] ...
- Claire Chazal : - Sauf que vous vous ĂŞtes engagĂ©s personnellement dans ce projet, que vous l’avez portĂ© vous-mĂŞme. C’est comme un ... [Elle est interrompue :]
- Dominique de Villepin : -...L’enjeu, c’est quoi ? [de Villepin insiste notamment sur son attachement au modèle social]
- Claire Chazal : - Mais, c’est lĂ  ... On sent bien que lĂ , il y a eu entaille Ă  ce modèle puisque on parle de prĂ©caritĂ©, puisque on parle de licenciement sans motif. Evidemment, vous avez donnĂ© vos prĂ©cisions et elles sont très importantes... [...] On fait une entorse Ă  nos traditions, d’une certaine façon, de protection. Et, c’est très difficile Ă  ĂŞtre acceptĂ©. [Un constat qui semble « aller de soi ». Mais pourquoi faudrait-il l’accepter ?]

- Dominique de Villepin : -... [Revient sur ses objectifs pour et Ă©voque « l’union » de son gouvernement] :

Sur l’unitĂ© de la majoritĂ© et du gouvernement

- Claire Chazal : - Il n’est pas formidablement uni dans cette affaire. La majoritĂ© n’Ă©tait pas...
- Dominique de Villepin : -... J’ai un gouvernement uni [Et de poursuivre sur cette unitĂ© et le travail des ministres] ...
- Claire Chazal : - On a entendu quelques voix discordantes dans le sujet qu’on a passĂ© avant. Ça ne vous a pas facilitĂ© la tâche.
- Dominique de Villepin : -... [Insiste sur l’unitĂ© du gouvernement et valorise le travail de ses ministres avant de demander qu’on lui cite une voix discordante].
- Claire Chazal : - Il y en a eu quelques-unes. François Bayrou Ă©tait encore dans la majoritĂ©.
- Dominique de Villepin : -... [Affirme respecter l’indĂ©pendance de Bayrou et indique qu’il n’y eu que HervĂ© de Charrette qui faisait exception] ...
- Claire Chazal [Interrompt de Villepin, avant d’ĂŞtre interrompue Ă  son tour] : - Non, non, non. On a le sentiment ...

L’aspect personnel

- Dominique de Villepin : [...] Pourquoi je me bats ? Parce que j’aime la France. [Puis de Villepin invite Ă  ne pas personnaliser le dĂ©bat.]
- Claire Chazal : - On ne veut pas personnaliser le dĂ©bat, mais c’est vrai que vous Ă©tiez vous-mĂŞme impliquĂ© directement, personnellement. C’est vrai, on l’a dit. [Qui est « on » ?]
- Dominique de Villepin : - [Se prĂ©sente comme un chef qui se met devant ses troupes, avant de se dĂ©fendre d’ĂŞtre un ultra-libĂ©ral en rappelant ses autres « rĂ©formes] ...
- Claire Chazal : - On est sur un CPE. Très important. Des malentendus : vous avez essayĂ© de les lever, bien Ă©videmment. C’est une Ă©preuve personnelle pour vous, un tournant, j’allais dire, dans la politique du gouvernement et dans la vĂ´tre. [Troisième tentative de personnalisation]
- Dominique de Villepin : -... L’aspect personnel ne compte pas. [Et de prĂ©senter en dĂ©fenseur de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral]
- Claire Chazal : - Merci beaucoup, Dominique de Villepin, d’ĂŞtre venu nous parler de ce CPE, Ă  l’aube d’une semaine qui s’annonce, Ă©videmment, passionnante [sic] et tout Ă  fait importante sur le plan de l’actualitĂ© sociale.

MĂŞme si on laisse de cĂ´tĂ© la formulation tendancieuse de certaines questions, c’est un exposĂ© balisĂ© qui est offert Ă  Dominique de Villepin. Les objections sont gĂ©nĂ©ralement de pure forme et les interruptions, frĂ©quemment destinĂ©es Ă  relancer l’entretien, n’’entrave pas le discours prĂ©parĂ© par le premier Ministre. Il en va diffĂ©remment avec François Hollande qui ne dispose (il faut le rappeler) que de 7 minutes contre 21 pour s’exprimer.


II. En 7 minutes (contre 21) « François Hollande demande le retrait du CPE
 » [2]

Après la formule d’accueil rituelle, l’entretien commence sur la grave question d’une intervention Ă©ventuelle de Jacques Chirac, avant de se poursuivre de façon systĂ©matiquement hachĂ©e par les interruptions.

Sur l’Ă©ventualitĂ© d’une intervention du chef de l’Etat et d’une suspension de la loi.

- Claire Chazal : - Dans tout cela, François Hollande, notre invitĂ© ce soir, secrĂ©taire national du parti socialiste. L’Intersyndicale dit que le chef de l’Ă©tat et le premier ministre sont personnellement responsables et les appelle Ă  agir. Est-ce que vous demandez Ă  Jacques Chirac d’intervenir ? Est-ce que selon vous le PrĂ©sident de la RĂ©publique doit intervenir dans ce dossier ?
- François Hollande : - ... [Evoque la nĂ©cessitĂ© d’une initiative au sommet de l’Etat, mais pose surtout comme condition le retrait de la loi, annonce une proposition qu’il ne pourra pas immĂ©diatement formuler, et dit] : [...] Il faut qu’il y ait un dialogue parce que c’est une nĂ©cessite de rĂ©pondre aux problèmes de la jeunesse [Il est interrompu] :
- Claire Chazal : - Vous n’acceptez pas une simple suspension du projet pour laisser la voie, justement Ă  cette ... Ă  ce dialogue, Ă  ces six mois, par exemple, de discussion d’Ă©tats gĂ©nĂ©raux de la jeunesse ?
- François Hollande : - ... [Insiste sur le retrait, avant d’ĂŞtre Ă  nouveau interrompu]
- Claire Chazal : - La suspension ne vous suffit pas ? Ca ne vous suffit pas la suspension ?
- François Hollande : - ... Combien de temps ? Pour quoi faire ? [...]
- Claire Chazal : - Pour discuter, puisqu’on n’a pas de dialogue.
- François Hollande : - ... [insiste sur le retrait avant d’ĂŞtre Ă  nouveau interrompu] :
- Claire Chazal : - C’est difficile de discuter [ ? pas clair] en mĂŞme temps.
- François Hollande : - ... [Propose alors une suspension jusqu’aux Ă©lections prĂ©sidentielles de voir si la droite gagne avec son projet de CPE. Il est interrompu] ...
- Claire Chazal : - Le CPE a Ă©tĂ© proposĂ© par la droite et a Ă©tĂ© votĂ© Ă  l’AssemblĂ©e. Donc, ce qui aboutit [ ? pas clair] Ă  la mĂŞme chose aujourd’hui.

Ainsi Claire Chazal Ă©voque avec instance une suspension de la loi, sans jamais prĂ©ciser qui la demande, alors qu’elle n’est pas proposĂ©e par le gouvernement. Etrange...

- François Hollande : - ... [Reprend sans tenir compte de l’interruption prĂ©cĂ©dente et Ă©voque Ă  nouveau le retrait du CPE pour ouvrir le dialogue]

De l’impossibilitĂ© » de la « rĂ©forme ».

- Claire Chazal : - François Hollande, vous dites, c’est vrai, c’est très important ce chĂ´mage des jeunes, enfin, ce problème des jeunes, de leur prĂ©caritĂ©, de leurs inquiĂ©tudes. Est-ce que tout ça n’est pas le signe que l’on ne peut pas rĂ©former en France ?
- François Hollande : - ... [Insiste sur les conditions de la rĂ©forme, la nĂ©cessitĂ© d’une concertation, l’absence de dialogue et le recours au 49-3. Il est alors interrompu : ] ...
- Claire Chazal : - Le CPE, lui a Ă©tĂ© votĂ© sans le 49-3. Avant ...
- François Hollande : - Pardon ?
- Claire Chazal : - Le CPE, lui, la ... le CPE ...
- François Hollande : - ... La loi qui encadre le CPE a Ă©tĂ© votĂ©e avec le 49-3. [Hollande revient sur l’absence de concertation, sur le licenciement sans motif et souligne qu’il n’existe nulle part en Europe : « [...] La pĂ©riode d’essai la plus longue dans n’importe quel pays en Europe » [Tentative d’interruption de Claire Chazal. Hollande parvient Ă  terminer sa phrase. Il est interrompu Ă  nouveau ] :
- Claire Chazal : - Ah, des modèles de ce genre existent. Ils ont Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre par Tony Blair, ou encore en Espagne.
- François Hollande : - [Souligne qu’il existe des conventions internationales qui interdisent le licenciement.]
- Claire Chazal : - [Propos incomprĂ©hensibles, couverts par la voix de François Hollande]
- François Hollande : - ...

A propos de la « souplesse »

- Claire Chazal : - Mais, est-ce que aujourd’hui, un pays comme la France, ou mĂŞme comme les autres pays europĂ©ens, ont les moyens de cette protection sociale, Ă  l’extrĂŞme ? C’est vrai que c’est une tradition dans notre pays, c’est vrai, depuis toujours. Mais est-ce que aujourd’hui on a les moyens ? Est-ce qu’on ne peut pas, au fond, faire confiance Ă  une entreprise qui recrute un jeune, qui le forme et qui si il est bon le garde ? [Encore le point de vue du patronat...]
- François Hollande : - ... [Evoque notamment la nĂ©cessitĂ© de l’adaptation et de la souplesse] ...
- Claire Chazal : - Vous n’ĂŞtes pas contre cette souplesse ? ... [Sans tenir compte de cette intervention, Hollande poursuit...]
- François Hollande : - [... Notamment sur une proposition sur les jeunes sans formation : embauche et aide de l’Etat et des rĂ©gions aux entreprises qui assurent cette formation]

Fin de partie

- Claire Chazal : - Une sortie de ce problème, mettons, par le Conseil Constitutionnel, puisqu’il a Ă©tĂ© saisi, qu’Ă©ventuellement pourrait dĂ©clarer ce texte inconstitutionnel. Est-ce que ça serait une bonne façon, au fond, de ... ? [La fin est couverte par la rĂ©ponse de Hollande]
- François Hollande : - ... [Envisage cette Ă©ventualitĂ©. Et revient sur sa proposition de retrait et d’Etats gĂ©nĂ©raux de la jeunesse et les risques de crise gĂ©nĂ©rale de la jeunesse.]
- Claire Chazal : - Merci, François Holande, d’ĂŞtre venu parler de ce problème, Ă  l’issue de ces manifestations, donc qui ont eu lieu un peu partout en France contre le CPE.

MĂŞme un dĂ©cryptage partiel laisse entrevoir des distorsions quantitatives et qualitatives dans la conduite des entretiens. Est-ce intentionnel ? C’est indĂ©cidable, mais souvent peu probable. Est-ce machinal ? C’est sans doute frĂ©quemment le cas. Et c’est, au fond, encore plus inquiĂ©tant.

Henir Maler
(avec Jamel pour la transcription)

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