Ici Paris, 21 octobre 2003. A la « Une », une photo de Nikos et ce titre : « Star Academy prise en otage ! », avec une mention obligĂ©e : « Exclusif ».
En pages intérieures, le même titre et ce chapô :
« Le prime time de la Star Academy, l’Ă©vĂ©nement de la semaine pour des millions de tĂ©lĂ©spectateurs, vient de vivre des heures terribles. (…) Une cinquantaine d’individus a fait irruption sur le plateau, malgrĂ© la bonne volontĂ© de l’animateur, la situation a rapidement dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© ». La lĂ©gende d’une photo de Nikos nous apprend que ce dernier « a fait preuve d’un courage et d’un sang froid extraordinaire » (sans s…)
Et l’article de relater ces « heures terribles » qui ont vu « un commando d’une centaine de personnes, certaines cagoulĂ©es, forcer le barrage de sĂ©curitĂ© de l’entrĂ©e du studio », devant un « Nikos imperturbable ». Seulement voilĂ : « (…) malgrĂ© toute la bonne volontĂ© de Nikos, le climat est lourd, une Ă©trange sensation de violence larvĂ©e pointe… ».
Une étrange sensation …de journalisme à sensation, même pas larvé qui poursuit ainsi son dur labeur :
« Un homme se dĂ©cide Ă s’exprimer, mais demande que que toutes les personnes qui l’accompagnent puissent le rejoindre. C’est alors que la situation dĂ©jĂ angoissante ressemble de plus en plus Ă une prise d’otage. »
Suit le rĂ©cit Ă©videmment palpitant des Ă©vĂ©nements : coupure de publicitĂ©, lancement d’un Ă©pisode de Julie Lecaut, « la flamboyante reprĂ©sentante de l’ordre ».
Et le romancier d’Ici Paris de prĂ©ciser :
« Il fallait un drame pour en arriver Ă de telles extrĂ©mitĂ©s. C’est bien un drame. C’est bien un drame qui a lieu, hors Ă©cran. A peine l’antenne fut-elle coupĂ© que la production a voulu faire sortir les acadĂ©miciens pour assurer leur sĂ©curitĂ©. Les intrus se sont alors opposĂ©s avec une telle violence que les services de sĂ©curitĂ© on dĂ» intervenir ».
Qu’importe si cette version « terriblement dramatique » est falsifiĂ©e. Il faut poursuivre :
« Pendant ce temps, Ă la porte du plateau, l’Ă©chauffourĂ©e commence Ă prendre des allures d’Ă©meute et la production se voit obligĂ©e de faire appel aux forces de l’ordre. Mais malgrĂ© leur intervention rapide, au moment oĂą la Star Academy devait revenir Ă l’antenne, ses hĂ©ros, ses stars, vivaient en direct le drame de la violence. »
Evidemment, c’est pour dĂ©fendre les « otages », que services de sĂ©curitĂ© et forces de l’ordre ont Ă©tĂ© « contraints » d’intervenir !
Nous sommes dĂ©jĂ au deux tiers de l’article lorsque nous apprenons que la police a rencontrĂ© « une certaine rĂ©sistance de le la part des intermittents du spectacle en grève, puisque c’est d’eux dont il s’agit ». Il Ă©tait temps de le dire, mĂŞme Ă la sauvette ;
Notre bon journaliste - Giani Laurezon puisque c’est de lui dont il s’agit - n’a pas encore fini son chef d’Ĺ“uvre : « (…) A peine la reprise de l’Ă©mission, Nikos fait Ă peine allusion Ă l’horrible drame ou aux consĂ©quences terribles qu’il aurait pu avoir ».
On s’Ă©pargnera la fin (l’hĂ©roĂŻsme des « jeunes artistes » de la Star Academy), comme on Ă©conomisera les commentaires : Ici Paris est, bien sĂ»r, totalement apolitique et ses journalistes sont de simples sosies de vĂ©ritables journalistes.