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Robert Namias (TF1) chouchouté par le gouvernement

le 7 avril 2003

Par décret en date du 3 avril, le journaliste et directeur de l’information de TF1 Robert Namias a été nommé par le gouvernement à la présidence du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) [1]. Il est l’auteur d’un " important rapport intitulé "vitesse et sécurité routière" " [2], précise le communiqué des services du Premier ministre.

Parmi les six personnes nommées au CNSR, figure aussi Bernadette Chirac, en tant que présidente de la fondation " Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France ".

" Le Conseil national de la sécurité routière est chargé d’aider le gouvernement dans " l’élaboration et l’évaluation de la politique menée en matière de sécurité routière ", grand chantier du quinquennat du chef de l’Etat. Il se réunira le 23 avril prochain au ministère de l’Equipement, sous la houlette du ministre des Transports Gilles de Robien. " [3]

Evidemment, rien à voir dans cette promotion avec le rôle joué par TF1 pendant la campagne présidentielle dans la promotion du thème de l’ " insécurité ", et donc dans l’accès de Le Pen au 2e tour : " Je suis sincèrement et profondément révolté que l’on puisse insinuer une telle idée, tonnait alors Robert Namias, de TF1. C’est insultant pour toute la rédaction de TF1. " (voir Les télécrates s’expliquent (1) Namias et Mazerolles) [4].

Robert Namias croule sous les récompenses. Par décret du 30 avril 2002, publié au Journal officiel du 2 mai (soit entre les deux tours de la présidentielle), Robert Namias a été promu au grade d’officier de l’Ordre national du Mérite, dans la liste du Premier ministre... Jospin, relevait Delfeil de Ton dans Le Nouvel Observateur du 16 mai (lien périmé). " Il faut croire, commentait-il, que le Premier ministre Jospin, pendant ses cinq ans d’exercice, n’a pas été mécontent des journaux de TF1, puisque au moment de quitter le pouvoir il n’a pas trouvé tâche plus urgente que de faire décorer le directeur de l’information de TF1. "

Notes

[1] Voir par exemple la dépêche AP du 4 avril (lien périmé).

[2] Voir le site de la Documentation française.

[3] Dépêche AP.

[4] Lors de La Journée du livre politique, le 29 mars, alors que Bernard Stasi, médiateur de la République et ancien dirigeant de l’UDF, regrette que chiraquiens et centristes n’aient pas tous eu les réflexes républicains susceptibles d’empêcher Le Pen d’accéder au deuxième tour, le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré, connu comme proche du chef de l’Etat, réplique : " Oui, mais en ce cas Chirac n’aurait pas été réélu président. " (Le Canard enchaîné, 2 avril 2003).

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