Observatoire des media

ACRIMED

Journalistes ou formateurs en communication ?

Dans le livre qu’il vient de publier - Il y a toujours des complices, 348 pp., Flammarion - Pierre Botton, l’ex-gendre de l’ex-ministre RPR Michel Noir, condamné en 1995 pour abus de biens sociaux, continue de mettre en cause des journalistes qui auraient bénéficié de ses largesses.

Parmi les noms cités au cours de l’instruction et du procès, seul Patrick Poivre d’Arvor, présentateur du journal de 20 heures sur TF1, avait été mis en examen et condamné pour recel d’abus de biens sociaux. Mais, dans son livre, Pierre Botton accuse plus particulièrement Jean-Marie Colombani (aujourd’hui directeur du Monde), et Pierre-Luc Séguillon (aujourd’hui choniqueur à LCI) dont il publie les auditions par le juge Courroye, réalisées lors de l’instruction : Pierre Botton affirme notamment que les deux journalistes ont pratiqué des "trainings" rémunérés, des séances de formation à la communication, pour l’ex-maire de Lyon Michel Noir.

Séguillon reconnaît avoir effectué une dizaine de séances payées en liquide. Plusieurs journalistes cités par Botton, interrogés par Olivier Costemalle de Libération, (Michel Colomès, Olivier de Rincquesen, le réalisateur Alexandre Tarta) " admettent avoir pratiqué dans le passé cet exercice, qualifié par l’un d’eux de "mélange des genres malsain ". Pourtant, comme le signale Olivier Costemalle, cette pratique du "training" a été allègrement pratiquée par quelques journalistes, souvent de l’audiovisuel, et l’est encore par certains.

Jean-Marie Colombani, quant à lui, a ferment démenti, au cours de l’instruction, avoir reçu de Pierre Botton un billet d’avion d’avion pour se rendre au Festival de Cannes en 1991 (expliquant qu’il était "invité par la mairie") et avoir participé à des séances de training.

On voudrait être sûr que l’empressement de Libération à publier ces informations ne se justifie que par le goût de la vérité.

 
  • Enregistrer au format PDF

Lire : Faire sensation. De l’enlèvement du bébé Lindbergh au barnum médiatique, de Roy Pinker

Une analyse détaillée de la médiatisation d’un fait-divers.

Acrimed aux côtés des manifestants contre les ordonnances et autres macronades

Nous étions là le 12 septembre. Nous serons là le 21 et le 23. Quels sont nos motifs ?

La politique au miroir déformant des séries télévisées

Fictions didactiques, ou puissants instruments idéologiques ?