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Jeudi d’Acrimed (26 avril) avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

par Acrimed,

Face au rouleau compresseur de la pensée dominante, que peuvent apporter la connaissance de l’espace médiatique et celle de la classe dominante à la lutte pour une appropriation démocratique des médias ? C’est à cette question que sera dédié notre jeudi d’Acrimed, sur le thème : « Dominants, médias dominants et médiatisation de la pensée dominante ».

Rendez-vous jeudi 26 avril 2018 à 19 h
à la Bourse du travail de Paris
Salle Hénaff, 29 boulevard du Temple, Paris 11e
Entrée libre

Pour discuter ces questions, Denis Souchon, pour Acrimed, engagera le dialogue avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, qui ont consacré l’essentiel de leur carrière et de leurs recherches à l’étude critique de la haute bourgeoisie, et plus largement, des stratégies d’agrégation (et de ségrégation) socio-spatiale des élites sociales.

Une structure de domination multiforme...

La question des médias et notamment celle de la diffusion et de la place de la pensée dominante dans les médias tend à devenir un thème de réflexion et d’action de plus en plus explicite pour la classe dominante car s’y joue une partie du travail de domination symbolique qui est l’une des conditions du maintien de l’ordre établi. On peut observer une forme de division du travail de domination de l’espace médiatique entre :

- éditocrates (les « éclaireurs ») ;

- sondologues (les « devins ») ;

- experts (les « spécialistes des généralités ») ;

- comités d’éthique (les « sages ») ;

- dirigeants (les « entrepreneurs », les « visionnaires ») ;

Les « membres » de ces cinq catégories passent allègrement de l’une à l’autre, du public au privé et réciproquement. Ces passages sont favorisés, naturalisés par le fait que ces dominants médiatiques partagent, défendent et promeuvent les mêmes intérêts et ont en commun l’idéologie Sciences-po, mise en évidence en 1976 par Bourdieu et Boltanski, qui favorise la cohésion et la cohérence de l’expression des dits intérêts.

- propriétaires (les oligarques Arnault, Bolloré, Bouygues, Dassault, Drahi, Lagardère, Niel, Pigasse, Pinault...).

… relayant et imposant la pensée dominante au service des intérêts des dominants

Il faut prendre en compte le fait que la possession et le contrôle des médias dominants par la classe dominante n’est pas la seule arme dont ses membres disposent pour neutraliser, ridiculiser ou empêcher toute apparition dans ces médias d’une critique d’un monde qui leur convient parfaitement. Il apparaît nécessaire de mettre à jour le rôle de relais et le travail de mise en forme de la pensée dominante, notamment par certains « sociologues », à l’œuvre dans les pages « idées » ou « opinions » des quotidiens et magazines, mais aussi (et d’abord ?) dans des revues (Preuves (1951-1974), Commentaire, Esprit, Le Débat…) qui font partie de l’espace médiatique et dont l’une des fonctions consiste à rendre cette pensée dominante appropriable par les intermédiaires culturels que sont les éditocrates, sondologues et autres experts. Lié au travail idéologique des revues, celui des think tanks (Fondation Saint-Simon, Fondapol, Institut Montaigne, La République des idées…) représente un degré supérieur de rationalisation de cette pensée dominante sachant qu’il consiste bien souvent à fournir « clé en main » des argumentaires pour définir dans l’espace médiatique l’agenda des thèmes et problèmes considérés comme étant dignes d’intérêt.

 
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