I. Où il est question d’un os qui ne passe pas
Le 25 fĂ©vrier 2016, Jean-Michel Aphatie publie sur son blog un article dans lequel il s’interroge doctement « Chiens de garde, la laisse et l’os : pourquoi des mĂ©taphores canines pour parler du journalisme ? ». Et le savant homme de s’insurger.
Admirons son talent, puisqu’il réussit le tour de force, surprenant pour un individu si cultivé, de ne parler à aucun moment du livre de Paul Nizan (Les Chiens de garde, 1932), de celui de Serge Halimi (Les Nouveaux Chiens de garde, paru en 1997 et actualisé en 2005) et du documentaire Les Nouveaux Chiens de garde (sorti en 2012, réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat).
Célébrons sa probité, puisque la métaphore qui le chagrine, contrairement à ce qu’il affirme, ne vise pas le journalisme, ni les journalistes, mais quelques gardiens du temple médiatique (et de l’ordre social).
Et saluons sa finesse quand il Ă©crit : « Il faut d’ailleurs noter, et ceci n’étonnera pas grand monde, que de tels qualificatifs sont employĂ©s aussi bien par ceux qui affirment se situer Ă la gauche de la gauche, individus autoproclamĂ©s de la “vraie” gauche par opposition Ă la “fausse” qui gouverne, que par des militants souverainistes ou d’extrĂŞme droite. Nul Ă©tonnement en effet tant les points de croisement sont nombreux entre ces deux mondes en apparence Ă©loignĂ©s. » Si peu Ă©loignĂ©s qu’Aphatie annonce le mĂ©tissage de ces « deux mondes », ne laissant Ă la critique de la mĂ©diacratie que le choix d’être ou bien d’extrĂŞme droite, ou bien d’extrĂŞme droite.
Mais quel est donc cet os qui lui est resté en travers de la gorge ? Un cadeau que lui a offert François Ruffin, la veille de la publication du billet, au terme d’une brève saga médiatique.
– Premier Ă©pisode. Le vendredi 19 fĂ©vrier Ă 12h03, Europe 1 confirme par mail une invitation (faite trois semaines auparavant) Ă François Ruffin pour l’enregistrement le lundi 22 fĂ©vrier et une diffusion le mardi 23 fĂ©vrier dans « Europe 1 social club » d’une interview consacrĂ©e Ă Merci patron !. 4 minutes et 42 secondes plus tard, François Ruffin reçoit un nouveau mail d’Europe 1 lui annonçant que « l’interview Ă©tait annulĂ©e » [1].
– Deuxième Ă©pisode. Le jour mĂŞme, les rĂ©actions de solidaritĂ© se multiplient face Ă une censure qui semble s’expliquer par l’identitĂ© du hĂ©ros du film : Bernard Arnault, milliardaire et première fortune de France, patron de LVMH, propriĂ©taire des Échos ou du Parisien et l’« un des principaux annonceurs publicitaires, en particulier de la presse magazine et des titres dĂ©tenus par Arnaud Lagardère » (le propriĂ©taire d’Europe 1) [2].
– Troisième Ă©pisode. Le samedi 20 fĂ©vrier, après avoir tentĂ© d’expliquer l’acte de censure par la nĂ©cessitĂ© de trouver un contradicteur pour Ă©voquer un film « polĂ©mique », Europe 1 fait volte-face et invite François Ruffin pour le soumettre Ă un interrogatoire en direct, confiĂ© Ă Jean-Michel Aphatie, le mercredi 24 fĂ©vrier [3]. Ce faisant, Europe 1 remplace in extremis un animateur d’entretien – FrĂ©dĂ©ric TaddĂ©i – par un contradicteur : Jean-Michel Aphatie, chargĂ© de mission.
– Quatrième Ă©pisode. Le mardi 23 fĂ©vrier, François Ruffin adresse une « Lettre ouverte Ă Jean-Michel Aphatie » dans laquelle il dĂ©fie « le porte-parole de l’homme le plus riche de France [Bernard Arnault] » et lui annonce : « Tel un kamikaze des ondes, je viens pour commettre un attentat radiophonique » [4]. Cette annonce provocatrice n’était pas sans risques, face Ă un chargĂ© de mission aguerri et prĂŞt Ă toutes les parades.
– Enfin Jean-Michel Apathie parut. Le 24 fĂ©vrier 2016, Ă 12h45, dans « Europe Midi » sur Europe 1, Ă l’occasion de la sortie en salles de Merci patron !, Jean-Michel Aphatie reçoit François Ruffin, le rĂ©alisateur de ce film. Et l’entretien s’achèvera par l’offrande, par l’interviewĂ©, d’un os en plastique Ă l’intervieweur.
Comme on le voit, « l’entretien » avait dĂ©jĂ commencĂ© avant l’entretien lui-mĂŞme. Il met face Ă face non un journaliste et son invitĂ©, mais les protagonistes d’un affrontement qui est loin d’être dĂ©nuĂ© de toute signification sociale. Au cours de cet affrontement, Jean-Michel Aphatie (qui sait ĂŞtre dĂ©goulinant de sollicitude quand il a affaire Ă des interlocuteurs qu’il juge dignes de lui) a fait usage de toutes les ficelles du mĂ©tier – disons de… garde-barrière, pour ne pas l’offenser... – afin de neutraliser son invitĂ©, qui a l’outrecuidance de critiquer l’oligarchie dont fait partie le patron de… Jean-Michel Aphatie. Un garde-barrière revĂŞtu d’un uniforme de cuisinier.
II. Où il est question de la cuisine d’un chef
Cet entretien, en effet, expose involontairement les recettes et tours de main qui font la réputation d’un grand cuisinier passé maître dans l’art d’étouffer dans l’œuf tout début de contestation de l’ordre établi.
Recette n°1 : Neutraliser en dĂ©formant
Jean-Michel Aphatie commence l’interview en n’évoquant aucune des péripéties, gênantes pour la réputation de son employeur, dont elle est l’aboutissement. Seul l’intéresse le film, du moins dans l’interprétation d’emblée tronquée, voire mensongère, qu’il juge utile d’en retenir !
« [Merci patron !] qui met en scène un couple d’ouvriers du Nord au chĂ´mage, ils ont travaillĂ© pour une filiale de LVMH, ils sont au chĂ´mage depuis 4 ans. Et avec vous, François Ruffin, ils contactent la direction de LVMH, ils veulent en quelque sorte un dĂ©dommagement pour ce que LVMH leur a fait subir, et LVMH Ă la surprise gĂ©nĂ©rale, peut-ĂŞtre Ă la vĂ´tre, peut-ĂŞtre pas, va leur verser 40 000 euros. J’imagine que quand vous avez montĂ© tout ce scĂ©nario et quand vous l’avez filmĂ©, parce que c’est la vraie vie, vous en avez Ă©tĂ© un peu surpris. »
Comme si le couple de chômeurs avait bénéficié, après une simple prise de contact, d’un geste de charité désintéressé ! Comme si le versement de 40 000 euros n’avait pas été effectué sous condition de silence de ses bénéficiaires et au terme d’une lutte qui est l’objet même du film !
Recette n°2 : Neutraliser en plaisantant
François Ruffin, plutĂ´t que de rĂ©pondre Ă la suggestive suggestion de Jean-Michel Aphatie, prĂ©fère lui remettre un fromage du Nord (un maroilles) en lui demandant de le donner Ă Arnaud Lagardère, propriĂ©taire d’Europe 1, afin de le remercier « pour le plan com’ » suscitĂ© par la censure du passage dans l’émission de FrĂ©dĂ©ric TaddĂ©i et l’« Ă©lan de solidaritĂ© » que cette censure a provoquĂ©. Jean-Michel Aphatie, en professionnel chevronnĂ©, tente de dĂ©samorcer la critique. D’abord avec bonhomie : « C’est très bon le maroilles j’en ai dĂ©jĂ mangĂ©. J’ai Ă©tĂ© rubricard Ă La Voix du Nord dans l’Aisne, donc je connais le maroilles et j’en ai mangĂ©. » Puis en faisant mine de remercier François Ruffin pour ses remerciements : « C’est très gentil […] Écoutez, ces remerciements lui [Arnaud Lagardère] iront droit au cĹ“ur. »
Recette n°3 : Neutraliser en recentrant
Mais comme François Ruffin insiste sur la solidaritĂ© d’oligarques entre Arnaud Lagardère et Bernard Arnault, Jean-Michel Aphatie tente d’esquiver cette mise en cause, en feignant la sollicitude pour son invitĂ© et en lui rappelant qu’il est supposĂ© parler de son film, baptisĂ© « documentaire » :
« Et je pense, je pense que vous avez conscience que le temps de parole que vous prenez lĂ pour remercier Arnaud Lagardère, Ă qui je ferai passer le maroilles, c’est du temps de parole que vous n’aurez pas pour parler de votre documentaire. Et d’ajouter, pour revenir Ă son (Ă©trange…) question initiale : « Est-ce que vous avez Ă©tĂ© surpris de la somme qu’ont rĂ©cupĂ©rĂ©e les Ă©poux… »
Marquons une pause. Jean-Michel Aphatie prétend parler du film en réduisant son sens et son enjeu à la somme perçue par les époux Klur. François Ruffin prétend qu’il s’agit d’un film qui met en cause l’oligarchie. C’est très exactement ce dont Jean-Michel Aphatie a décidé qu’il ne fallait pas parler. Les recettes suivantes en découlent aussitôt. Et d’abord :
Recette n°4 : Neutraliser en coupant la parole
Dans sa « Lettre ouverte Ă Jean-Michel Aphatie » Ă©voquĂ©e plus haut, François Ruffin mentionnait la vidĂ©o d’un entretien datĂ© du 7 novembre entre Jean-Michel Aphatie et Bernard Arnault. Et il relevait cette rĂ©partition du temps de parole : « 1’36’’ de temps de parole pour vous, prĂ©sentation comprise, et le reste, 5’46’’ pour votre interlocuteur – soit 21,7% pour vous, et 78,3% pour lui ». Et il prĂ©cisait : « Bref, vous ne l’interrompez pas trop et il peut dĂ©rouler tranquillement son argumentaire. Nul doute que vous me rĂ©serverez le mĂŞme traitement. »
Le « traitement » rĂ©servĂ© Ă François Ruffin ? Jean-Michel Aphatie s’octroie plus de 40 % de temps de parole, soit deux fois plus qu’avec le patron de LVMH, et interrompt plus de 25 fois François Ruffin alors qu’il n’avait osĂ© « interrompre » (avec dĂ©fĂ©rence)… qu’une seule fois le milliardaire. Selon que vous serez Ruffin ou Arnault…
Recette n°5 : Neutraliser en simulant un contrat tacite
Pour parvenir Ă dĂ©jouer la tentative d’« attentat radiophonique » (imprudemment) annoncĂ©e par François Ruffin et pour tenter de juguler son expression, Jean-Michel Aphatie n’a eu de cesse de lui rappeler le contrat implicite (qui lie l’interviewer et l’interviewĂ©). Ce contrat qu’ont en tĂŞte presque tous les auditeurs (et cela alors que la plupart d’entre eux ignorent l’affrontement dont l’entretien n’est que le dernier Ă©pisode) dans la version qu’en propose Jean-Michel Aphatie est le suivant : la conversation doit porter sur le film et non sur le sens qu’entend donner François Ruffin Ă ce film et donc Ă cette conversation – celui d’un « combat contre l’oligarchie » que reprĂ©sente Bernard Arnault, mais aussi Arnaud Lagardère, propriĂ©taire d’Europe 1. Rien de plus simple alors pour Jean-Michel Aphatie que d’endosser le rĂ´le de celui qui respecte et veut faire respecter Ă François Ruffin les règles de la biensĂ©ance, quitte Ă l’interrompre frĂ©quemment pour lui rappeler le thème de l’interview.
Ce qui donne lieu Ă des interventions qui alternent les rappels Ă l’ordre (« Alors de quoi on parle ? » ; « On parle de votre documentaire ou on en parle pas ? ») et la simulation de la libertĂ© d’expression concĂ©dĂ©e Ă l’interlocuteur : « Ah bon d’accord. Bah parlez de ce que vous voulez alors. »
Avec cette touche finale qui signe le triomphe du critique de cinĂ©ma : « Bon vous ne voulez pas parler de votre documentaire. LibĂ©ration dit : au fond, ce que vous avez filmĂ© ne montre pas grand-chose, c’est une fable bien faite, mais on reste un peu sceptique sur le message qui est le vĂ´tre. » [5]

Recette n°6 : Neutraliser en tournant en dĂ©rision
Il suffit pour cela de discréditer les visées subversives de l’invité par l’appel au réalisme des auditeurs et en lui parlant comme à un enfant que l’on essaie de raisonner.
François Ruffin tente de prĂ©senter le film comme un film de combat contre l’oligarchie et s’attire sarcasmes et ricanements de Jean-Michel Aphatie : « Sauf Ă vous mĂ©prendre sur votre propre pouvoir, vous n’êtes pas prĂŞt Ă renverser l’oligarchie [...]. Ă€ moins que vous ne pensiez que ce renversement-lĂ est tout proche dans les minutes qui viennent et qu’à partir de ce studio […] l’appel au coup d’État que vous avez lancĂ© peut trouver quelque Ă©cho, Ă moins que vous ne pensiez cela… »
François Ruffin s’étant risquĂ© Ă affirmer que le film enfonce un coin dans la domination de l’oligarchie, Jean-Michel Aphatie riposte : « Vous ne vous accordez pas trop de pouvoir ? »
Le pouvoir de Jean-Michel Aphatie, en revanche, n’est pas contestable.
Recette n°7 : Neutraliser en montrant ses crocs
Jean-Michel Aphatie, en effet, se comporte alors avec François Ruffin comme un châtelain avec un de ses domestiques, ainsi que le montrent les deux extraits ci-dessous.
- François Ruffin : « J’ai cinq minutes de temps de parole… »
- Jean-Michel Aphatie le coupe : « Ah je sais pas si vous avez cinq minutes, ça c’est pas vous qui dĂ©cidez du temps de parole »
- François Ruffin : « … sur toute l’annĂ©e, et vraisemblablement c’est mon dernier passage Ă Europe 1… »
- Jean-Michel Aphatie (le coupe) : « Mais peut-ĂŞtre pas, non non. »
- François Ruffin : « Peut-ĂŞtre pas. Peut-ĂŞtre qu’Europe 1 sera renationalisĂ©e ou qu’on peut espĂ©rer quelque chose comme ça et que je serai Ă nouveau invité… »
- Jean-Michel Aphatie le coupe : « On vous reçoit avec plaisir vous savez, on vous reçoit avec sympathie vous savez, voilĂ , avec tranquillitĂ©. »
Ayant complètement occultĂ© l’histoire conflictuelle Ă l’origine de cette interview, Jean-Michel Aphatie tente de faire croire aux auditeurs que François Ruffin ne doit sa prĂ©sence au micro d’Europe 1 qu’au bon vouloir de sa seigneurie Aphatie, tout en condescendance :
- François Ruffin : « […] je ne suis pas lĂ parce que vous m’avez accordĂ© ce temps de parole … »
- Jean-Michel Aphatie (le coupe) : « Vous ĂŞtes lĂ , vous savez pourquoi vous ĂŞtes lĂ ? »
- François Ruffin : « Bah dites-moi. »
- Jean-Michel Aphatie : « Parce qu’on vous a invitĂ© »
- François Ruffin : « Non … »
- Jean-Michel Aphatie : « Sinon vous ne seriez pas lĂ . »
- François Ruffin : « Non, non, vous ĂŞtes lĂ parce qu’il fallait Ă©teindre… »
François Ruffin voulait sans doute soutenir qu’Europe 1 avait été obligé de l’inviter pour répliquer à la mobilisation contre la censure. Il ne pourra pas achever sa phrase : Jean-Michel Aphatie, non sans arrogance et contre toute vraisemblance, défend la libéralité de sa station.
- François Ruffin : « Non, non, vous ĂŞtes lĂ parce qu’il fallait Ă©teindre… »
- Jean-Michel Aphatie : « Si on ne vous avait pas invitĂ© Monsieur Ruffin, vous ne seriez pas lĂ »
- François Ruffin : « Alors c’est toujours vous qui tendez l’os, c’est toujours vous qui tendez l’os ? Vous croyez ça ? »
- Jean-Michel Aphatie : « Et on vous a invitĂ©, vous savez pourquoi on vous a invitĂ© ? Parce qu’on avait envie de vous inviter, voilĂ . »
François Ruffin fait alors couiner un os en plastique puis le remet à Jean-Michel Aphatie
- Jean-Michel Aphatie : « VoilĂ donc ça c’est un os, voilà … »
- François Ruffin : « C’est un os que je vous remets… »
- Jean-Michel Aphatie (le coupe) : « Et monsieur Ruffin se lève et il va quitter le studio mais nous vous remercions d’avoir acceptĂ© l’invitation d’Europe Midi, et nous vous rĂ©-inviterons pour votre prochain documentaire. Merci Patron !, ça sort en salle aujourd’hui ! »
La fin de l’interview résume l’affrontement et, en particulier, le combat livré par Jean-Michel Aphatie. En s’efforçant de rester courtois (non sans laisser échapper des répliques et quelques intonations d’une suave agressivité) et en donnant l’impression d’être centré uniquement sur son travail d’intervieweur, Jean-Michel Aphatie a tenté de faire passer François Ruffin pour un malotru mal élevé qui refuse la discussion.
Quoi que l’on pense de la prestation de François Ruffin (qui n’a pas toujours convaincu celles et ceux qui l’ont soutenu face à Europe 1), force est de constater qu’il a eu affaire à un grand professionnel et qu’il est décidément malaisé de déjouer et de contester dans les médias dominants la domination qu’ils exercent. Il faut en effet compter avec la force d’un dispositif incarné/intégré par un intervieweur parfaitement affûté et entraîné à user de tous les moyens de neutralisation d’une parole qui va à contre-courant du prêt-à -opiner dominant [6].
Jean-Michel Aphatie et ses semblables ne sont pas seulement des rouages : ce sont aussi des agents (très actifs) d’une domination multiforme qu’ils exercent sur leur propre terrain et à leurs propres conditions.
L’entretien de François Ruffin avec Jean-Michel Aphatie confirme la leçon de Spinoza (un adhĂ©rent rĂ©cent d’Acrimed…) : « Il n’y a pas de force intrinsèque de l’idĂ©e vraie. » Tout ne peut pas ĂŞtre dit, n’importe oĂą et devant n’importe qui. Nombreux sont les contestataires – nous-mĂŞmes y compris – qui l’ont appris et l’apprendront Ă leurs dĂ©pens : les rapports de forces nĂ©cessaires (pour pouvoir rĂ©ellement s’exprimer dans un entretien) ne se construisent pas prioritairement devant les micros. Et devant les micros, des conditions sont requises pour pouvoir exposer des « idĂ©es vraies » (ou du moins peu admises) de manière recevable pour des auditeurs non prĂ©parĂ©s Ă les entendre, et cela face Ă des intervieweurs qui se comportent en chiens de garde, garde-barrières ou chefs cuisiniers : au choix !
Henri Maler et Denis Souchon (grâce à la transcription réalisée par Martin Coutellier)
N.B. – Passer dans les médias ? Avec quel objectif ? Dans quelles conditions ? Avec quelle stratégie compte-tenu de l’objectif fixé et des probables conditions d’intervention ? Avec quelles chances de pouvoir réellement s’exprimer ? Sans prétendre au rôle (peu recommandable) de conseiller en communication, nous reviendrons sur ces questions qu’il nous est déjà arrivé d’aborder [7].