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En bref

Emmanuel Macron, star d’un « événement » organisé par Challenges et Sciences et Avenir

par Henri Maler, Laurent Dauré,

Nous avons souligné dans de précédents articles [1] l’engagement politique à peine masqué de magazines appartenant tous – coïncidence troublante – au groupe Perdriel, du nom d’un richissime soutien public d’Emmanuel Macron. Un engagement que rien – pas même les « observations de la SDJ de Challenges – ne semble devoir interrompre.

Cette fois, c’est un « événement » organisé par Challenges et Sciences et Avenir qui s’affiche sur d’innombrables kiosques de la région parisienne : une affiche électorale en quelque sorte, comme on peut le voir [2] :



Le site Internet dédié à ce « 2e sommet des start-up » est hébergé par Challenges et l’événement est présenté « fièrement » par Vincent Beaufils, le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire. Dans un « déroulant » consacré aux participants, la présence d’Emmanuel Macron est mise en avant.



Comme ce sont des médias de la maison Perdriel qui reçoivent, aucun autre candidat n’est invité, du moins en tant que « speaker ».

On se demande au passage pourquoi Sciences et Avenir, un magazine de vulgarisation scientifique, se trouve embarqué dans l’organisation d’un événement qui a réuni, lors de sa 1ère édition, « 600 start-uppers, business angels ou représentants de grandes entreprises »... Sans doute est-il trop tentant de s’associer à des partenaires connus pour leur attachement désintéressé à la science et à la diffusion des connaissances :



Et pour clore le « sommet », qui disposera, avant le cocktail, d’une heure pour une intervention qui a pour titre l’intitulé même de l’événement ?



On ne commente pas : on savoure ce petit four offert par une presse qui a le sens des « événements », à dix jours du premier tour de l’élection présidentielle.

Laurent Dauré et Henri Maler

 
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Notes

[1Consacrés respectivement à Challenges, Sciences et Avenir et L’Histoire.

[2Mille excuses pour la mauvaise qualité de l’image.

Présidentielle 2017 : Le Front national contre la liberté d’informer (communiqués)

Des sociétés et syndicats de journalistes protestent.

« Voici quelques euros : tuteur je suis, et tuteur je soutiens Acrimed » (Christophe Barbier)

Une tribune (presque) imaginaire de l’homme à l’écharpe rouge