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Contre Dieudonné, l’éditocrate Philippe Tesson rétablit la peine de mort !

par Blaise Magnin, Henri Maler,

Philippe Tesson n’est pas n’importe qui, même s’il dit n’importe quoi. Philippe Tesson n’est pas n’importe qui, puisqu’on l’entend un peu partout. Et si ce doyen de l’éditocratie dit n’importe quoi, à l’occasion de l’affaire Dieudonné, il s’est surpassé. Tandis que Christophe Barbier, comme on peut le lire ici-même, s’était autocensuré au point de se borner, si l’on peut dire, à appeler à l’organisation de désordres publics et à la mobilisation des ex-RG, Philippe Tesson, lui, a lancé un appel désespéré à l’armée. Le soliste Christophe n’avait pas suscité de réactions de la part de ses éminents confrères et compères éditocrates. Fascinés au point de se taire devant ses soliloques hallucinés ?

Mais que dire du silence quasi-complet qui a entouré l’appel au meurtre lancé par Philippe Tesson le 9 janvier sur Radio Classique, à propos de Dieudonné : « Il n’y a pas de pitié pour ça. Ce type, sa mort par exécution par un peloton de soldats me réjouirait profondément. Je peux aller jusque-là. Pour moi, c’est une bête immonde, donc on le supprime et c’est tout. [...] Je signe et je persiste. »

Guillaume Durand qui animait l’émission « Accords/Désaccords » n’a pas bronché et a même tenté d’initier un « débat » en invitant les autres intervenants à réagir. La direction de Radio Classique n’a pas pipé mot. Pas de réaction non plus de la part du CSA qui est pourtant censé veiller, bien que ce ne soit en principe pas son rôle, à « la déontologie de l’information et des programmes ». Quant au reste des médias, seuls Le Parisien, Direct Matin, Midi Libre, La Dépêche et… le blog de Jean-Marc Morandini en ont rendu compte.

Alors qu’une plainte a été déposée contre lui, comme le rapporte Le Parisien, Philippe Tesson tentait de se justifier le 15 janvier sur Europe 1. Et s’offusquait qu’on ait pu voir autre chose qu’une « formule de style » dans ses propos, qui n’auraient d’ailleurs pas été remis dans leur « contexte, le contexte d’un débat polémique, le contexte de la parole qui est une chose verbale (sic), qui est une chose informelle ». Avec notamment cet argument imparable : « Est-ce que j’ai la gueule d’un type qui appelle au meurtre ? Non ! » Il suffirait donc d’avoir la « gueule » adéquate, une « gueule » à faire « des figures de style » sans doute, pour avoir le droit de dire n’importe quoi dans le cadre d’un « débat » médiatique. Des explications un peu alambiquées et paradoxales pour quelqu’un qui veut faire taire ceux qui disent… n’importe quoi dans le cadre d’une salle de spectacle.

Puisqu’ils s’attribuent le rôle d’éducateurs du peuple, dispensant des leçons de morale civique et d’hygiène intellectuelle à tout va, les « grands journalistes » qui se plaisent tant à se draper dans leur vertu, devraient veiller à ne pas couvrir par leur silence confraternel les délires les plus insensés !

 
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La meute des éditocrates

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