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Vendée Globe : prendre la mer ou être mère, il faut choisir, par Paris-Match

Le départ de la course autour du monde à la voile en solitaire, le Vendée Globe, a été donné le 10 novembre dernier. Quelques jours plus tard, Paris-Match publiait dans sa version papier et sur son site une interview de la navigatrice Samantha Davies (contrainte à l’abandon depuis). Et le moins que l’on puisse dire est qu’elle a bénéficié d’un traitement de faveur, typique du sexisme qui règne dans le petit monde des grands médias.

Samantha Davies est la seule femme à avoir pris le départ du Vendée Globe. Ce que Paris-Match n’a pas manqué de lui rappeler en posant des questions qui en disent long sur la conception que certain-e-s se font de la répartition des rôles au sein de nos sociétés. En témoignent les questions qui ont été posées à la navigatrice, que nous reproduisons dans leur intégralité, et qui se passent de commentaires :

- « Comment s’est passé le départ ? »
- « Vous reprenez part à la course la plus dangereuse du monde. Être mère ne vous a pas calmée ? »
- « Êtes-vous prête à prendre autant de risques qu’avant ? »
- « Et votre compagnon, le navigateur Romain Attanasio, il ne grimace pas de vous voir quitter le foyer ? »
- « On a un sentiment de surprotection quand on vient de donner la vie. Vous ne culpabilisez pas de laisser votre bébé durant trois mois ? »
- « Quand même, trois mois sans sa mère, c’est beaucoup… »
- « Pour un sponsor, n’est-ce pas un handicap de soutenir une jeune maman ? »
- « Comment allez-vous rester en contact avec Ruben [son fils] ? »
- « Avez-vous trouvé le temps de vous entraîner après la naissance de Ruben ? »
- « Isabelle Autissier, Florence Arthaud, Ellen MacArthur… Ces navigatrices n’avaient pas de bébé à la maison lorsqu’elles ont pris la mer. Vous êtes un cas à part. »

Épouse et mère, voilà le rôle assigné aux femmes par Paris-Match. Qui n’est malheureusement pas, dans ce domaine, « un cas à part ».

Julien Salingue

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