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Sud-Ouest fait disparaître le Front de gauche

par Michel Ducrot, le 1er juin 2012

Petites bourdes ? (ajout du 7 juin 2012) Contrairement à ce que laisse entendre le titre de cet article et à ce qu"affirme une phrase de son chapô, le Front de gauche a bien été évoqué dans le dossier de Sud Ouest (nous reproduisons le passage en fin d’article), mais de manière marginale alors qu’il est électoralement plus influent que bien d’autres partis présentés de façon plus détaillée. De plus, ce n’est pas son candidat qui figure en photo et son rôle est minimisé.

Le jeudi 31 mai 2012 après-midi, les locaux du journal Sud-Ouest ont été occupés pendant près de deux heures par une trentaine de militants du Front de gauche qui réagissaient à la publication, le jour même, de la première partie d’un dossier de quatre pages consacré aux différentes familles politiques de l’agglomération bordelaise. La raison de la colère des militants : les deux premières pages de ce dossier évoquaient les différentes composantes politiques de l’agglomération, sans même mentionner l’existence du Front de gauche.

Sous l’intitulé « Les sept familles politiques », le dossier signé Hervé Mathurin recensait « une droite bordelaise municipalo-centriste », « la gauche rive gauche », « l’embryon bleu marine », « la gauche rive droite », « la droite “tradi” et populaire », « la gauche rive gauche », « les écolos (qui) sont aussi gestionnaires », et « l’extrême gauche bruyante mais en ordre dispersé ». Soit, dans l’ordre : la droite rassemblée autour d’Alain Juppé (qualifiée de centriste, nulle part n’apparaît le sigle UMP), le Front national, le Parti socialiste « modernisé », le Parti socialiste « tradi » (plus un bout du PC), Europe Écologie-Les Verts et le NPA.

Chaque famille politique est illustrée dans cette double page par une photographie d’un de ses leaders. La « gauche rive droite » et la « gauche rive gauche » par un membre du PS, Europe Écologie Les Verts par un Vert, le Front national par son leader local, le NPA par Philippe Poutou et la droite « centriste », non pas par Alain Juppé (trop UMP ?), mais par un ancien écologiste, Michel Duchêne.

Avant de lever le siège, les militants du Front de gauche ont pu rencontrer Benoît Lasserre, directeur des éditions Gironde de Sud-Ouest. « Il n’a pas apprécié notre action. Il était furax », nous a confié une représentante de la Gauche unitaire (l’une des composantes du Front de gauche). « Pour justifier notre absence du dossier, il nous a été dit que Sud Ouest ne savait pas qui contacter parmi nous. C’est grotesque ». Finalement, Benoît Lasserre, a consenti à prendre un rendez-vous avec des représentants du Front de gauche pour un article à venir. À suivre...

Que penser de cette disparition inopinée (et peut-être provisoire) d’une composante significative de la gauche du paysage politique bordelais ? Ce n’est pas la première fois que Sud-Ouest, en position de monopole, entend choisir qui a le droit de participer à la vie politique et même représenter la population dans sa zone d’influence. Rappelons-nous comment l’arrivée d’Alain Juppé à Bordeaux a été traitée par ce journal, alors que son prédécesseur, Jacques Chaban-Delmas, était moribond. Le documentaire, réalisé par Pierre Carles et intitulé « Juppé forcément » l’illustre on ne peut mieux (à visionner et/ou télécharger sur le site du réalisateur). Il semble que les mauvaises habitudes ne se sont pas perdues.

Michel Ducrot

Annexe : Article du 31 août 2012, Sud Ouest

Dans ce court article, le Front de Gauche est évoqué mais assimilé aux différents courants... d’extrême gauche, alors que le Parti communiste (principale composante du Front de Gauche) est implanté localement et cogère depuis longtemps le département avec le Parti socialiste. (Acrimed)

Extrême Gauche : Bruyante mais en ordre dispersé

La candidature à la présidentielle du girondin Philippe Poutou pour le Nouveau Parti Anticapitaliste ne doit pas faire illusion : dans l’agglomération bordelaise et a fortiori en Gironde, l’extrême gauche ne pèse pas lourd. Balançant éternellement entre l’action militante et l’engagement citoyen au sein de collectivités locales, le NPA n’est pas parvenu à rassembler la nébuleuse de la gauche radicale incarnée aujourd’hui par Jean-Luc Mélenchon. Monica Casanova, élue à Lormont, et Christine Héraud, conseillère municipale à Cenon, essayent cependant de faire entendre « la voix du peuple » sur la rive droite, tout comme à Pessac Isabelle Ufferte et Gérard Barthélémy. Lutte Ouvrière semble se désintéresser des questions municipales pour se concentrer sur l’action sociale.

C’est donc le Front de gauche, et singulièrement sa principale composante, le Parti communiste, qui capte les voix de la gauche protestataire avec quelques personnalités bien connues comme Max Guichard sur la rive droite, Vincent Maurin dans le quartier de Bacalan à Bordeaux ou Claude Mellier à Mérignac. Sans oublier Jean-Jacques Paris à Bègles, vice-président du Conseil général où il côtoie deux communistes ruraux. Le PCF s’est donné récemment un jeune secrétaire départemental avec Sébastien Laborde. Reste à savoir si ce sera suffisant pour enrayer le manque de cadres, illustré lors des dernières cantonales par la candidature du « nordiste » Vincent Maurin dans le quartier de la gare. Quant au Parti de gauche de Mélenchon, il s’appuie sur quelques militants aux convictions bien établies mais à la notoriété insuffisante, si l’on excepte le cas particulier du conseiller régional Gérard Boulanger.

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