De Paris jusqu’Ă Vesoul (oĂą Alain Joyandet vilipende les journalistes de France 3), c’est une vĂ©ritable chasse aux journalistes qui a Ă©tĂ© lancĂ©e par quelques-uns des plus hauts responsables du gouvernement et de la majoritĂ© au pouvoir en France.
Après les rĂ©vĂ©lations des journalistes de MĂ©diapart, du Canard EnchaĂ®nĂ© et de la presse en gĂ©nĂ©ral sur l’utilisation des fonds publics et les multiples affaires Woerth/Bettencourt, les journalistes semblent bien devenus les « nuisibles » Ă abattre.
Plus les questions posées aux différents acteurs de ces mauvais feuilletons reçoivent des réponses dilatoires, voire pas de réponse du tout, plus les informations se multiplient. Et à leur tour, elles ne reçoivent guère de réponses convaincantes.
Ainsi les multiples dossiers Woerth/Bettencourt/Banier se transforment en affaire d’État.
Dans ce qui ressemble bien Ă un ouragan de panique politique, après le traitement par l’arrogance et le mĂ©pris, une seule obsession dĂ©sormais pour la classe au pouvoir : faire cesser les « nuisances ».
Pour les protagonistes, il convient donc de discréditer les journalistes et les faire taire.
Les accusations telles que : « Une certaine presse des annĂ©es 1930 », « Un site qui utilise des mĂ©thodes fascistes », « Calomnies, mensonges amalgames et dĂ©sinformation », tombent sous le coup des lois de notre pays.
Les journalistes, dont la mission est d’informer les citoyens et de « porter le fer dans la plaie » si nĂ©cessaire, ont mis en lumière que des dĂ©lits et crimes tels que fraude fiscale, blanchiment d’argent, trafic d’influences, prises illĂ©gales d’intĂ©rĂŞt, entrave Ă la justice, corruption, Ă©taient potentiellement inscrits dans ces dossiers.
Les outrances des propos, les insultes, les menaces et leurs convergences contre les journalistes montrent assez la conception obsolète et dégradée que les politiques ont du rôle des médias : des chiens en laisse !
Et voici qu’on veut leur tresser une muselière puisqu’une dĂ©putĂ©e UMP propose ce jeudi une rĂ©solution pour empĂŞcher « une certaine conception de la presse » de devenir « la règle ». Son texte entend prĂ©ciser « l’Ă©quilibre entre libertĂ© de la presse, droit d’informer, droit au respect de la vie privĂ©e et respect des informations couvertes par des secrets professionnels ».
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, rĂ©affirme son soutien Ă tout journaliste injustement attaquĂ© dans l’exercice de sa profession.
Le SNJ propose Ă MĂ©diapart de se porter Ă ses cĂ´tĂ©s dans le procès en diffamation qu’il entend mener contre ses dĂ©tracteurs.