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Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

par Ugo Palheta, le 24 juin 2010

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’État

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Équipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2].

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’État. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en annexe ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques, sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence. » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible. Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible, et non plus « implacable »…, déliquescence, et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses, de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6].

Évidemment, le « philosophe » prompt à « blaguer » en 2005 sur la couleur des joueurs de l’équipe de France (voir notre annexe) n’a pas de mots assez durs en 2010 à l’égard de ceux qu’ils nomment des « voyous » : « Nous avons la preuve effarante que l’équipe de France n’est pas une équipe, que c’est une bande de voyous qui ne connaît qu’une seule morale, celle de la mafia […] Il est temps de ne plus confier le destin de l’équipe à des voyous arrogants et inintelligents et de sélectionner des gentlemen ».

L’auteur d’Un cœur intelligent, lui, sélectionne courageusement ses indignations : non pas le président de la République et son délicieux « casse-toi pauvre con », ni même ces patrons qui licencient et laissent sur le carreau des milliers d’ouvriers (et leurs familles), mais Anelka et les joueurs de l’équipe de France. La boulimie des tenanciers des médias et la frénésie du penseur à grande vitesse sont si bien ajustées qu’elles contribuent ensemble à transformer une péripétie insignifiante en événement médiatique, à amener les auditeurs ou les téléspectateurs à prendre position sur cet événement plutôt qu’à s’interroger sur la nécessité de prendre position. Divertir et faire diversion, s’indigner et produire l’indignation.

Et Nicolas Demorand l’accueillit

BHL étant sans doute en vacances, Nicolas Demorand ne pouvait laisser passer cette occasion pour tendre un micro à ce grand spécialiste du football qu’est devenu en quelques semaines Alain Finkielkraut. Après le Journal du Dimanche et Europe 1 le dimanche 20 juin, c’est donc France Inter qui invitait dès le lendemain le prédicateur à exposer ses profondes pensées sur « la crise du football français » (titre de l’émission).

La nuit lui ayant permis d’affûter ses banderilles, le professeur de culture générale part à l’assaut avec l’entrain et la bravoure intellectuelle qu’on lui connaît : « J’hésite devant ce grand naufrage entre le rire et les larmes. Ces joueurs ne sont pas seulement odieux, ils sont parfaitement grotesques. […] Personnellement je ne ferai pas cadeau du beau mot de mutinerie pour qualifier le putsch débile de voyous milliardaires qui s’est déroulé hier sous nos yeux ébahis. […] Ils doivent être exclus, la France doit déclarer forfait. Une bande de 11 petites frappes ça ne fait pas une équipe et ça ne fait pas une équipe qui nous représente. […] On n’est plus dans l’univers mental du football ; on est dans l’univers mental des Soprano, de la mafia, de l’omerta ». Devant une telle ignominie, le penseur engagé en appelle courageusement aux pouvoirs publics : « s’ils doivent jouer, si les instances fédérales et le gouvernement français continuent à abdiquer devant ce genre d’attitudes, alors en tant que citoyen, que philosophe, que supporter, que patriote français, j’espère que l’Afrique du sud va leur infliger une leçon de football ».

Peut-être touché par la foudre, le journaliste Nicolas Demorand sert alors une question apparemment perfide au citoyen-philosophe-supporter-patriote français : « Est-ce un sujet si important tout ça, Alain Finkielkraut ? » Si la question se pose, et c’est bien la seule question que l’on devrait poser au « philosophe », pourquoi donc lui avoir consacré une émission sur France Inter ? Et pourquoi avoir invité Alain Finkielkraut ? S’il est « si important » pour Demorand d’adopter un ton critique tout au long de l’interview, c’est qu’il lui faut faire oublier qu’en donnant la parole sur ce sujet à Alain Finkielkraut, durant une bonne demi-heure et à une heure de grand écoute, il contribue activement à la production médiatique de l’ « événement » [7].

La réponse de l’intéressé fuse, évidemment bien préparée : « Oui, c’est un sujet très important ! Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités ». Comme tous les sophistes ou autres « doxosophes » dont parlait Bourdieu, Alain Finkielkraut procède toujours par identifications tape-à-l’œil (« comme aussi l’école »), allusions voilées et arguments d’autorité, plutôt que de tenter de démontrer ce qu’il avance. Ainsi invoque-t-il « un journal aussi impeccable, aussi moralement irréprochable que Le Monde » pour affirmer que le problème de cette équipe symbolise, révèle et dérive d’ « une division en clans, en ethnies, d’une division religieuse de l’équipe […] Donc ça a effectivement tout à voir avec l’esprit des cités. » Les quartiers populaires – les « cités » – sont ainsi renvoyés, sans autre forme de procès, non seulement au choc des civilisations mais à un « processus de décivilisation », c’est-à-dire en quelque sorte à la sauvagerie.

Malicieux ou affectant de l’être, Demorand tente alors de mettre l’intellectuel pour médias devant ses possibles contradictions : « Vous qui vous battez vigoureusement contre la tyrannie de la transparence, vous voulez savoir ce qui se passe dans les vestiaires ? ». La réponse est symptomatique des automatismes de la pensée-Finkielkraut :

- « Oui je veux aussi savoir ce qui se passe dans les écoles, absolument. C’est pareil !
- Ils n’ont pas le droit d’être seuls dans leur vestiaire ?
- Oui, c’est ce qu’ils ont osé dire dans leur communiqué totalement imbécile.
[…] Je veux savoir qu’aujourd’hui l’insulte au sélectionneur, l’agression verbale, est inhérente à une équipe de haut niveau. Je veux le savoir. Je pense qu’il est très important que nous le sachions, parce que c’est seulement si nous regardons la réalité en face qu’un sursaut est possible ».

La « réalité », mais laquelle ? Celle de joueurs frustrés se prenant le bec avec leur entraîneur dans un vestiaire ? Est-ce vraiment cela la « réalité » ? N’y a-t-il pas suffisamment de motifs d’indignation actuellement (réforme des retraites, agression israélienne contre une flottille humanitaire, répression des chemises rouges en Thaïlande, etc.) pour réserver son temps de parole médiatique et ses grands sentiments à d’autres causes que celle d’une déroute footballistique ? En faisant passer sa vertueuse colère pour une réaction naturelle face à la « réalité », Finkielkraut passe sous silence le fait que cette « réalité » est toujours le produit d’un travail de représentation. Or, c’est précisément un attribut des médias dominants que de parvenir à imposer, au moins partiellement, une certaine représentation de la « réalité » ou plutôt de ce qui – dans cette « réalité » – fait problème et doit être l’objet de discours, de polémiques et d’indignations. Chez eux, Alain Finkielkraut est bien chez lui [8].

Mais c’est surtout à la consécration médiatique de l’insignifiant que contribuent ses bavardages, prisés par ceux-là même qui l’interrogent (même lorsqu’ils paraissent les désavouer). Rehaussés de citations leur donnant un air vaguement « philosophique », ils métamorphosent en affaire d’État une vulgaire engueulade de vestiaire et les péripéties qui l’ont suivie. Bien entendu, Alain Finkielkraut n’y parvient pas par la seule grâce de son intellect mais avec tout l’appui et toute l’autorité que lui confèrent les grands médias. Ces derniers n’aiment en effet rien tant que ces polémiques de pacotille, oubliées presque instantanément après leur éclatement mais vouées à faire oublier – au moins pendant quelques jours ou le temps d’un été – les questions qui fâchent.

Ugo Palheta

Annexe : Alain Finkielkraut, supporter impénitent

Pour mémoire, rappelons qu’Alain Finkielkraut avait déclaré en 2005 dans une interview au journal israélien Haaretz : « Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe ». Faisant face aux critiques (polies) proférées dans l’espace médiatique, l’auteur de la Défaite de la pensée s’était défendu en assimilant ses propos à une « blague » qui n’aurait pas dû être rapportée par le journaliste. Blague ou non, cela n’avait guère terni l’aura médiatique d’un penseur qui – comme l’affirmait Nicolas Sarkozy il y a quelques années – « fait honneur à l’intelligence française » et a été promu en 2009 au rang d’officier de la Légion d’honneur. Alain Finkielkraut, par ailleurs animateur de l’émission « Répliques » sur France Culture, continue d’être invité sur tous les plateaux de télévision ou de radio pour donner son avis, évidemment éclairé et éclairant, sur les sujets que les grands médias désignent à son « intelligence française ».

En bon professionnel de l’indignation sur commande, Alain Finkielkraut sait qu’il ne faut pas ménager ses mots pour convaincre l’auditeur de l’importance de son propos (car c’est là tout l’enjeu de tels discours) ; aussi recourt-il frénétiquement ou à des locutions latines, ou à des citations ou, à défaut, à des expressions hyperboliques. Lorsque Thierry Henry a offert la qualification à la France en contrôlant la balle avec sa main, voici comment le « philosophe » a réagi dès le lendemain (19 novembre 2009) sur l’antenne d’Europe 1 [9] : « comme tout le monde, j’avais échafaudé deux scénarios : je me préparais à chanter victoire ou à pleurer ’’cum grano salis’’ en cas de défaite. […] Et me voici embarrassé par une victoire déplorable. […] Le jeu c’est les règles, il y a eu triche, une main visible, une main volontaire. Fort heureusement aucun joueur français n’a pu parler comme Maradona de la ’’main de dieu’’. La France ne s’est pas tiers-mondisé à la faveur de cet événement mais, effectivement, on est là devant un véritable cas de conscience. Est-ce qu’il y a une morale dans le sport, puisque je suis un spécialiste de la morale ? ». On ne peut que se réjouir d’avoir échappé à un tel risque de tiers-mondisation.

Mais Alain Finkielkraut n’en était pas resté là. Après son interview du matin sur Europe 1, il était invité (une nouvelle fois) dans l’émission de Frédéric Taddéi le soir même [10]. Voyant dans cette main de Henry le signe et l’effet d’une inexorable perte « du respect des normes, des règles et des formes », il pontifiait à propos du « débat capital » que constituerait l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage des matchs de football. Cette introduction permettrait de « résorber l’inégalité, qui est en train de se creuser entre l’homme au sifflet et le public », et même cette « dissymétrie terrifiante » qui « enseigne le mépris des médiateurs ». De la part d’un « penseur » qui n’a jamais dépensé sa salive pour dénoncer les inégalités économiques et sociales ou la « dissymétrie terrifiante » entre actionnaires et salariés, on se demande s’il faut rire ou pleurer, d’autant plus quand on entend la conclusion de ce bavardage : « Ce n’est pas une question sportive, c’est une question de salut public ».

Au passage, l’interview sur l’antenne d’Europe 1 avait été l’occasion pour notre « spécialiste de la morale » de revenir doctement sur sa hantise du communautarisme triomphant. Ainsi, à propos de la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde (la troisième de son histoire) et du déferlement dans les rues de milliers de supporters réjouis, Alain Finkielkraut se montrait catégorique : « Des manifestations en France qui doivent encore aggraver notre malaise. Marc Bloch disait ’’c’est un pauvre cœur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d’une tendresse’’. Alors pourquoi pas deux amours ? Le problème c’est que, pour de très nombreux supporters de l’Algérie, il n’y en a pas deux il n’y en a qu’un. Tout le monde a en mémoire les sifflets qui ont ponctué le match France-Algérie […] Que pensent-ils de la France ? On a l’impression que l’identité imaginaire est algérienne et que la France c’est au mieux une compagnie d’assurance, au pire un objet d’exécration. Et c’est la raison pour laquelle […] la campagne pour l’identité française a un succès en France. Certains nous disent qu’une telle affirmation identitaire est excluante. Non ! On invite tous les citoyens français à partager cette identité et il y en a un certain nombre qui refusent fermement et agressivement ». La citation de Marc Bloch n’a évidemment ici qu’une fonction d’intimidation intellectuelle, visant à faire oublier que ces affirmations ne reposent sur aucun argument empirique. Une dure leçon pour les journalistes qui l’accueillent en se montrant si attachés aux faits ! Sans doute conscient qu’une sottise plusieurs fois répétée dans les médias devient une demi-vérité, Finkielkraut resservit le soir même dans l’émission de France 3 exactement la même argumentation, appuyée sur la même citation de M. Bloch et procédant aux mêmes amalgames sans fondement. Malheureusement pour lui, l’animateur de l’émission avait préparé un extrait du journal télévisé durant lequel un supporter de l’Algérie affirmait : « Comme on a fait la fête en 98 pour la France, hé ben là on fait la fête pour l’Algérie ».

Notes

[1] Cas exemplaire de l’ignorance dont font preuve les commentateurs instantanés de « l’actualité ». Comme le rappelait Michel Platini dans une interview au Monde en 2008, « il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport. […] Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre. »

[2] Lire notre précédent article : « Quand L’Équipe occulte les turpitudes de la FIFA ».

[3] Qui a déjà pratiqué un sport (notamment collectif) sait que les relations entre un entraîneur et ses joueurs, mais aussi entre les joueurs eux-mêmes, sont toujours potentiellement conflictuelles. Les cas existent d’ailleurs, non pas simplement d’insultes, mais d’altercations violentes. On ne donnera ici que deux exemples : l’agression en 1997 d’Artur Jorge, alors sélectionneur du Portugal, par l’attaquant Sa Pinto ; la tentative d’étranglement commise par le joueur américain de basket Latrell Sprewell contre son entraîneur P. J. Carlesimo, en 1997 également. Bien évidemment, le climat d’unité nationale et d’enthousiasme collectif (pour ne pas dire d’hystérie collective), créé par les coupes du monde de football, ne fait que renforcer ces tensions inhérentes aux relations entre joueurs et entraîneurs

[4] L’intégrale de cette prédication sur le site du JJD.

[5] Voir la vidéo.

[6] À ce stade de délire interprétatif, on peut à bon droit se demander jusqu’où ira Alain Finkielkraut. Comment expliquer à des lycéens ou à des étudiants en sciences humaines l’entendant s’exprimer ainsi qu’il faut se garder des généralisations abusives, élaborer soigneusement des hypothèses, s’interroger méthodiquement sur les moyens de les valider ou de les réfuter, etc. ?

[7] Nicolas Demorand excelle dans ces impertinences calculées. Voir ici-même l’accueil réservé à BHL-Botul le 19 février 2010.

[8] Le football passionne Alain Finkielkraut ; c’est son droit et il n’y a pas – en matière de réflexion philosophique, économique ou sociologique – de petits objets. Mais force est de reconnaître que cette passion adroitement mise en scène, à première vue étonnante de la part d’un « mécontemporain » revendiqué, constitue surtout un prétexte l’autorisant à étaler partout ses obsessions intellectuelles et ses indignations morales. Au premier rang de celles-ci, la montée des divisions ethniques et religieuses, que l’intellectuel médiatique invoque en chaque occasion afin d’expliquer n’importe quoi.

[9] Voir la vidéo .

[10] Voir la vidéo.

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