Deux poids, un seul format
Entre les deux interviewĂ©s, existent d’emblĂ©e de profondes inĂ©galitĂ©s. Le premier, aussi peu connu que l’association qu’il reprĂ©sente, n’accède que très occasionnellement aux studios de radios que la seconde frĂ©quente assidĂ»ment, Ă l’instar des autres membres d’un gouvernement qui occupe une place de choix sur la scène mĂ©diatique. A moins qu’il ne se soit personnellement intĂ©ressĂ© aux questions que soulève Sauvons la Recherche, Ă ses revendications et Ă ses propositions, l’auditeur les connaĂ®t beaucoup moins que les rĂ©ponses du Ministère. Mais ce n’est pas tout. D’une part, la frĂ©quentation des micros (et des camĂ©ras) dotent les interviewĂ©s d’expĂ©riences – et donc de qualitĂ©s « mĂ©diatiques » – très inĂ©gales. De l’autre, alors qu’un ministre ou une grande figure politique sait s’entourer de conseillers en communication qui prĂ©parent les entretiens (et complètent ainsi la formation professionnelle… du politique professionnel), la plupart des porte-parole d’associations ou de syndicats ne bĂ©nĂ©ficient pas d’une telle prĂ©paration. Apparence de franchise contre franchise sans apprĂŞt.
Quelle contribution au dĂ©bat dĂ©mocratique peut-on attendre d’un traitement formellement Ă©quivalent d’invitĂ©s si inĂ©gaux (et qui pourraient l’être encore plus si Bertrand Monthubert ne disposait des atouts culturels et rhĂ©toriques qui lui permettent de faire face Ă n’importe quel interviewer) ? On serait en droit d’attendre des responsables, « concepteurs » et animateurs d’émission, qu’ils cherchent Ă corriger si peu que ce soit ces inĂ©galitĂ©s initiales et remplissent des fonctions d’aide Ă l’exposition et Ă l’expression des positions les moins connues et les moins expĂ©rimentĂ©es, sans que cela attĂ©nue en rien la « franchise » des interviews. Evidemment il n’en est rien.
D’autant que le « format » de ce type d’entretien, un format court qui semble de plus en plus prisĂ©, non seulement aggrave ces inĂ©galitĂ©s, mais interdit toute discussion rĂ©ellement argumentĂ©e. Ce qui sur France Culture est un comble ! En neuf minutes, Hubert Huertas ne pose pas moins de dix questions Ă Bertrand Monthubert, et treize Ă ValĂ©rie PĂ©cresse. Imposer cette durĂ©e moyenne de moins d’une minute Ă leurs rĂ©ponses est-il le plus sĂ»r gage de leur intĂ©rĂŞt ou de leur pertinence ? Rien de moins sĂ»r.
Ce qui reste alors c’est un exercice de style qui valorise l’habileté de l’interviewé, et surtout l’impertinence supposée de l’interviewer. Une impertinence à géométrie variable.
Une interview à balles réelles
« Se faire l’avocat du diable » est une posture apprĂ©ciĂ©e de nombreux journalistes qui opposent ainsi Ă leurs interlocuteurs des objections dont ils ne seraient pas les vĂ©ritables auteurs. Ce faisant, ils peuvent chercher Ă « bousculer le client » et obtenir, Ă peu de frais, des brevets d’impertinence et d’indĂ©pendance, mĂŞme si ledit avocat ne plaide pas toujours avec la mĂŞme pugnacitĂ©, ni la mĂŞme conviction, loin s’en faut. Hubert Huertas, semble-t-il, apprĂ©cie ce rĂ´le. Mais que reste-t-il des propos de l’interlocuteur quand toutes les questions sont des objections, dont on ne sait de quel diable elles Ă©manent, au point que l’auditeur est en droit de penser que ce sont celles de l’interviewer ? Qu’on en juge…
- Hubert Huertas : - « En toute franchise est-ce que vous ne vous mettez pas quand mĂŞme un peu dans votre tort en rĂ©pondant par une manifestation Ă une invitation Ă la concertation ? »
Bertrand Monthubert répond que c’est une fausse concertation, et même une opération médiatique de communication, d’autant que les revendications des chercheurs sont déjà connues de la ministre.
- Hubert Huertas : - « Vous allez aller la voir quand mĂŞme ou vous allez seulement manifester ? »
Bertrand Monthubert doit alors prĂ©ciser que Sauvons la recherche n’a pas Ă©tĂ© « invitĂ©e » (ce qui rend les deux premières questions totalement vaines…) et commence ensuite Ă Ă©numĂ©rer les sujets d’« inquiĂ©tude » des chercheurs. Question sans intĂ©rĂŞt ? Toujours est-il qu’Hubert Huertas le coupe au beau milieu de sa phrase :
- Hubert Huertas : - « Mais vous lisez les objections qu’on porte Ă votre mouvement… Pourquoi est-ce que vous vous inquiĂ©tez sur vos statuts ? Est-ce que vous souhaitez… vous pensez que le chercheur Ă vie, bien Ă l’abri dans son labo, c’est vraiment l’idĂ©al dans le monde dans lequel on vit ? »
Qui parle ici ? Quel est-ce « on » dont on ne saura rien, mais qui disparaĂ®t aussitĂ´t apparu, quand la question charrie tous les clichĂ©s gouvernementaux (le chercheur – comme le fonctionnaire, le cheminot… – « bien Ă l’abri » dans ses privilèges, incapable de comprendre les nĂ©cessitĂ©s de l’adaptation au « monde dans lequel on vit », etc. ? A quoi bon demander pourquoi les chercheurs s’inquiètent pour leurs statuts quand on suggère aussitĂ´t que ces statuts (ceux du « chercheur Ă vie, bien Ă l’abri dans son labo ») sont inadaptĂ©s au « monde dans lequel on vit » ?
Or Ă peine Bertrand Monthubert est-il parvenu, non sans peine, Ă Ă©voquer des « suppressions de postes » alors que le public est en « augmentation » constante, nouvelle « objection » :
- Hubert Huertas : - « Pourtant le prĂ©sident Sarkozy a pris des engagements, et donc ValĂ©rie PĂ©cresse et l’ensemble du gouvernement ne dit pas qu’il y a moins de moyens, mais y’aura davantage de moyens, on parle de ce milliard huit, c’est quand mĂŞme pas rien par les temps qui courent. »
« Pourtant », la question ne porte pas sur le rapport entre les « engagements du prĂ©sident Sarkozy » et les « suppressions de postes ». La question est Ă©vacuĂ©e par une autre qui glisse des engagements financiers Ă leur commentaire par l’avocat lui-mĂŞme : un milliard huit, est-ce rien, ou n’est-ce pas rien par les temps qui courent ? Grave question, Ă laquelle Bertrand Monthubert tentera d’opposer une analyse de ce milliard huit, en Ă©voquant l’augmentation du seul crĂ©dit d’impĂ´t-recherche. Mais comme « on » est pressĂ©, nouvelle objection :
- Hubert Huertas : - « Mais est-ce qu’on n’est pas au cĹ“ur du problème, Ă savoir que le gouvernement n’est pas effrayĂ© par l’idĂ©e du financement privĂ© de la recherche, sachant qu’il faut bien trouver de l’argent et qu’il n’y en a pas beaucoup, et on a la sensation que de votre cĂ´tĂ©, du cĂ´tĂ© des syndicats, du cĂ´tĂ© de « Sauvons la Recherche »â€¦ on n’aime pas ça, on n’a pas envie de financement privĂ©. Pourquoi c’est si mal que ça ce financement ? »
Nouvelle asymĂ©trie qui oppose un gouvernement qui n’a pas froid aux yeux face au financement privĂ©, « sachant » que ce dernier est la seule solution « par les temps qui courent », et des syndicats effrayĂ©s par le Mal. Peut-on se faire l’avocat du diable sans proposer de l’accusĂ© – et du problème posĂ© – une caricature ?
Bertrand Monthubert évoque alors la question du faible nombre de titulaires de doctorat dans les entreprises. Hubert Huertas le coupe encore :
- Hubert Huertas : - « Donc il faut les encourager, donc les encourager fiscalement c’est pas mal ? »
Qui parle, là encore ? Serait-ce la perspective de faire approuver par Sauvons la Recherche le budget annoncé par le gouvernement qui justifie cette interruption – impertinente à souhait ? Mais à peine Bertrand Monthubert a-t-il rappelé que Sauvons la Recherche propose de conditionner cet impôt-recherche et que le gouvernement s’y oppose qu’il est déjà temps de changer de sujet :
- Hubert Huertas : - « Alors vous dites « nous faisons des propositions », et ce qu’on entend… dans les critiques qui vous sont adressĂ©es, et que je suis chargĂ© de rapporter ce soir , c’est que en fait vous n’avez pas en tĂŞte de vouloir avancer, mais que vous ĂŞtes plutĂ´t bloquĂ©s sur le maintien de vos statuts, que vous ĂŞtes des conservateurs. »
En effet, Hubert Huertas est très visiblement chargĂ© de « rapporter des critiques ». Par qui ? A quelle fin ? Pour « faire vivre le dĂ©bat dĂ©mocratique » ? Mais pourquoi alors le vicier Ă ce point ? Pourquoi, au moment oĂą Monthubert Ă©voque prĂ©cisĂ©ment une « proposition » (de laquelle on pourrait, rĂŞvons un peu, dĂ©battre), prendre la parole pour dire que lui et les membres de son association ne veulent pas « avancer », marteler qu’ils sont « bloquĂ©s sur le maintien de leurs statuts », et donc des « conservateurs » ?
Bertrand Monthubert se défend en arguant que la question est de savoir si ces réformes vont permettre de progresser ou de régresser. Hubert Huertas le coupe à nouveau. C’est la troisième et dernière fois, mais elle vaut à elle seule les deux autres :
- Hubert Huertas : - « Je vais vous poser… pardonnez-moi de vous interrompre, une dernière question, Ă laquelle je vous demande de rĂ©pondre le plus brièvement possible s’il vous plaĂ®t. On a quand mĂŞme peut-ĂŞtre le sentiment qu’il y a quelque chose de fourre-tout. C’est-Ă -dire, y’a ce que vous venez de nous dire, mais que viennent faire par exemple les IUFM au milieu de votre revendication ? »
- Bertrand Monthubert : - « Les IUFM c’est une revendication plus spĂ©cifique… »
- Hubert Huertas : - « Oui, ne dĂ©veloppons pas mais… »
Poser une question accusatrice et rendre impossible la réponse – le temps presse…– dépasse la simple maladresse.
Aperçus de l’art de couper la parole au moment mĂŞme oĂą commence Ă se faire entendre une argumentation :
Format mp3 - DurĂ©e : 1’ 59" - TĂ©lĂ©chargeable ici
Une interview à fleurets (soigneusement) mouchetés
« L’avocat du diable » - que l’on songe Ă Elkabbach ou Ă Aphatie – se transforme souvent en avocaillon quand il est confrontĂ© aux dĂ©positaires d’une position de pouvoir. Ce n’est pas toujours l’effet d’une complicitĂ© de fait, mais plus banalement, d’un rapport de forces qui prĂ©existe Ă la situation d’entretien. Inutile par consĂ©quent de soupçonner Hubert Huertas de connivence quand il est pris par le dispositif qu’il entend peut-ĂŞtre maĂ®triser.
Ainsi, quand on compare, l’interview (à charge) de Bertrand Monthubert avec celle de Valérie Pécresse, le lendemain, force est de constater quelques différences notables.
Il suffit de lire la liste des questions posĂ©es pour remarquer que le journaliste prend beaucoup plus explicitement ses distances avec les « critiques » et les « objections » qu’il rapporte. Ce n’est pas un « on » anonyme, majoritĂ© potentielle (englobant potentiellement le journaliste), qui critique la ministre, mais des chercheurs, et plus prĂ©cisĂ©ment « ceux de Sauvons la Recherche » – citĂ©e trois fois dans les trois premières questions [1]. Et dans tous les cas les objections sont formulĂ©es dans des termes beaucoup moins agressifs :
- Hubert Huertas : - « En toute franchise est-ce que votre journĂ©e de concertation a une chance de changer quoi que ce soit Ă des projets qui sont dĂ©jĂ ficelĂ©s, pour rĂ©pondre Ă la prĂ©occupation de Sauvons la Recherche ? »
- Hubert Huertas : - « Alors qu’est-ce qui s’est passĂ© pour qu’on assiste aujourd’hui Ă ces manifestations le jour de votre confĂ©rence de presse, oĂą on trouve des enseignants-chercheurs, on trouve Sauvons la Recherche, on trouve l’UNEF, etc. ? »
- Hubert Huertas : - « Alors j’imagine que vous connaissez l’objection des chercheurs, en tout cas ceux de Sauvons la Recherche. Ils disent « oui on nous a promis un milliard huit, en fait y’a que 740 millions qui sont tenus, et grosso modo ça fait l’inflation ? »
[ValĂ©rie PĂ©cresse rĂ©plique qu’elle ne sait « pas du tout ce que dit Sauvons la Recherche ». Ce qui ne l’empĂŞche pas d’affirmer qu’« en tout cas 740 millions, sur un budget de 10 milliards, ça ne fait pas l’inflation, parce que l’inflation n’est pas Ă 7,4%. » NĂ©gligeant d’approfondir un non-dĂ©bat qu’il a lui-mĂŞme introduit, alors qu’il porte sur un point dĂ©cisif, l’interviewer change de sujet. Et le flot de questions reprend.]
- Hubert Huertas : - « Alors vous avez introduit l’autonomie, hein, ça c’est fait. Vous venez de parler, dans votre confĂ©rence de presse, d’un financement, disons variable, en fonction de l’évaluation que vous ferez d’un certain nombre de projets. Vous parlez d’universitĂ©s exemplaires, celles-lĂ auront plus d’argent, les autres moins. Est-ce que vous… ce n’est pas reprendre d’une main ce que vous donnez de l’autre en termes d’autonomie ? Elles sont autonomes mais vous les tenez par le portefeuille. »
- Hubert Huertas : - « On va parler de la Recherche. Ce matin sur France Culture, nous avons diffusĂ© un reportage sur une unitĂ© de recherche, et il Ă©tait clair que les chercheurs disaient qu’ils passaient leur temps, ou beaucoup de temps Ă chercher de l’argent, et une autre partie de leur temps Ă justifier l’utilisation qu’ils avaient fait de l’argent. »
- Hubert Huertas : - « Parmi les critiques qui vous sont faites, il y a que on aurait maintenant une recherche qui serait financĂ©e sur des projets trop Ă court terme, et qui nĂ©gligerait un petit peu le long terme, au fond qu’on serait sur une espèce d’audimat des rĂ©sultats, pour utiliser une formule. »
Nous ne ferons pas ici de procès d’intention Ă Hubert Huertas. Mais force est de constater que les objections sont formulĂ©es sans suggĂ©rer la moindre prise de parti et que l’interview gagne par consĂ©quent en sĂ©rĂ©nitĂ©. L’antagonisme entre les deux interlocuteurs est bien moindre, comme l’indiquent du reste les amorces des questions : « pourtant », « mais » pour Monthubert ; « alors », rĂ©pĂ©tĂ© trois fois, pour PĂ©cresse, et mĂŞme un surprenant « on va parler de la recherche » au milieu de l’interview : tout se passe comme si le journaliste, mĂŞme quand il Ă©voque des critiques, cherchait ici Ă Ă©viter la position de contradicteur qu’il assumait fort bien la veille. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions qui manquent. Ainsi quand la ministre dĂ©clare sans sourciller : « Je ne sais pas quelles sont les inquiĂ©tudes qui s’exprimeront, mais ce que je sais, c’est qu’elles n’ont pas lieu d’être », cette belle assurance ne sera pas relevĂ©e.
En tout cas, si Hubert Huertas se borne Ă porter Ă la connaissance de ValĂ©rie PĂ©cresse les objections des « chercheurs », il n’est pas sĂ»r que ceux-ci l’aient « chargĂ© » d’une telle mission en voyant comment il s’en acquitte. D’ailleurs, sont-ce des critiques, ou des « prĂ©occupations », comme il le dit dans sa première question ? Et quand il les « cite », on peut compter sur lui pour mettre en valeur leurs arguments :
- Hubert Huertas : - « Alors j’imagine que vous connaissez l’objection des chercheurs, en tout cas ceux de Sauvons la Recherche. Ils disent « oui on nous a promis un milliard huit, en fait y’a que 740 millions qui sont tenus, et grosso modo ça fait l’inflation ? »
On remarquera en outre qu’Hubert Huertas ne coupe jamais la parole Ă Madame la ministre. Certes il lui fait parfois des « objections », mais toujours après avoir patiemment attendu la fin de la belle pĂ©riode de son interlocutrice. Cette diffĂ©rence de traitement (que le ton employĂ©, plus affable, renforce encore) est tout sauf un dĂ©tail. Trois interruptions en huit minutes d’interview suffisent Ă entamer la cohĂ©rence d’un discours, l’assurance de l’interlocuteur, et perturbent la rĂ©ception du message.
Enfin, les deux dernières minutes, soit plus de vingt pour cent de l’interview de la ministre, sont consacrées à des sujets autrement plus importants que l’avenir de la recherche française, à savoir la coiffure de la ministre et ses soutiens éventuels pour les élections régionales de… 2010.
- Hubert Huertas : - « ValĂ©rie PĂ©cresse, vous pensez Ă quoi le matin en vous coiffant, hein ? A la rentrĂ©e universitaire, Ă la recherche, ou bien Ă 2010, aux rĂ©gionales ? »
- Hubert Huertas : - « J’ai lu dans le Figaro quand mĂŞme que... on vous voit partout en ce moment, et que vous ĂŞtes en campagne. »
- Hubert Huertas : - « Il y avait trois ministres, hein, il en reste deux maintenant… Qui est-ce qui va trancher ? Les militants vous allez me dire, hein ? »
- Hubert Huertas : - « Le prĂ©sident aussi un peu quand mĂŞme ? »
- Hubert Huertas : - « C’est vrai que vous recherchez le soutien de Jean Sarkozy ? »
- Hubert Huertas : - « Si les choses ne se passaient pas comme vous le souhaitiez, vous seriez prĂŞte Ă vous mettre au service de Roger Karoutchi, s’il gagnait ? »
- Hubert Huertas : - « L’Etat est arrivĂ© et ValĂ©rie PĂ©cresse arrive. Merci ValĂ©rie PĂ©cresse. »
Format court, idées courtes
Forme incisive ou forme dĂ©corative ? La question mĂ©rite d’être posĂ©e. Que reste-t-il en effet de tels Ă©changes quand aucun ne peut faire l’objet d’une argumentation approfondie ? Comment, par exemple, peut-on comprendre le dĂ©saccord sur le fameux « milliard huit » : « Grosso modo, ça fait l’inflation », dit Sauvons la Recherche ou son « porte-parole » d’un jour, « ça fait pas l’inflation », rĂ©pond la ministre. Et que dit le journaliste ? Il passe Ă autre chose. Et qu’avons-nous appris sur la teneur exacte des propositions de Sauvons la Recherche ou des projets gouvernementaux sur l’organisation et les finalitĂ©s de la recherche ? Presque rien en vĂ©ritĂ©. Il existe d’autres Ă©missions pour cela ? Soit. Mais avec Sauvons la Recherche ? MĂŞme si la prĂ©sence Ă l’antenne de cette association dĂ©pend de la programmation gĂ©nĂ©rale de la station, et non des responsables de l’émission « En toute franchise », le rĂ©sultat est lĂ : apparence de pluralisme car pluralisme d’apparat.
Olivier Poche
NB. Sauvons la Recherche a connu nettement pire. Voir ici mĂŞme
« Sur BFM, les aboiements de Philippe Manière, porte-voix de l’Institut
Montaigne ».