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Lettre ouverte au gouvernement et aux parlementaires
« Dis-moi qui te paie, je te dirai qui tu es » (1999)
A propos de la télévision publique de son financement
« Dis-moi qui te paie, je te dirai qui tu es »Le gouvernement présente devant le parlement la 19è réforme de la télévision et de l’audiovisuel depuis l’éclatement de l’ORTF en 1974. Les soussignés, auteurs, cinéastes, producteurs, journalistes, universitaires, syndicalistes, citoyens constatent que, une fois de plus, le nouveau projet, n’ est pas à la mesure des enjeux : parce qu’il se refuse à trancher clairement sur le financement, il ne parviendra ni à stopper la dégradation des programmes, ni à relancer le service public de télévision. Si l’on excepte ARTE (chaîne atypique, exigeante, mais pauvre en moyens) la télévision publique restera condamnée à une course éperdue avec les chaînes commerciales pour tenter d’engranger des recettes publicitaires. I1 faut choisir : une télévision publique financée pour moitié par des recettes commerciales et pour le reste par l’argent de la redevance (ou du budget) est condamnée à maintenir l’ambiguïté des contenus et à perdre sur tous les tableaux : sans parvenir à enrayer la montée en puissance financière des chaînes privées, elle continuera à renoncer à ses vocations spécifiques (informer, éduquer, distraire) pour s’aligner sur les recettes des télévisions commerciales (tunnels de publicité, variétés interchangeables, séries stéréotypées etc.). C’est pourquoi nous proposons : Ainsi, ni le budget de l’Etat ni le contribuable ne seraient davantage sollicités qu’ils ne le sont. Indépendant des contraintes économiques et politiques à court terme, un tel mode de financement, assuré annuellement par la taxe, serait enfin durable. Nous savons qu’une telle proposition heurte de front de puissants intérêts commerciaux : le courage commande de les affronter. Car cette proposition est parfaitement réalisable, et nous ferons connaître par tous les moyens à notre disposition les arguments qui le démontrent. La télévision publique est à reconstruire, beaucoup reste à inventer. Elle peut être un formidable moyen de divertissement, d’ouverture sur les autres, de découverte et de solidarité. Qu’on lui en donne enfin les moyens !
Signataires : Liste réactualisée le 20-09-1999. Cette lettre - évidemment ? - n’a été publiée que dans quelques journaux : Politis, L’Humanité, Rouge. Le journaliste de Libération que nous avons contacté nous a assuré que la lettre avait été...archivée. Nicole Vulser du Monde nous a expliqué que Le Monde ne pouvait pas publier "tous" les textes que la rubrique recevait. |
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