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PRESIDENTIELLE 2007
Brèves de campagne (2) : Tout en finesses et en connivences
Les hauts faits et les bas-côtés d’un traitement médiatique exemplaire (forcément...). Quelques brèves informations qui en disent plus long qu’il n’y paraît. 1. Tout en finesses Nicolas Demorand : « hum, hum » « Alors, heureux d’avoir été condamné ? C’est un beau cadeau ça pour une entrée en campagne ? » Le 8 février 2007, c’est par cette question singulière que démarra l’interview de José Bové par Nicolas Demorand dans le 7-9h30 sur France Inter. Elle donne le ton de l’entretien. Nous nous rappelons que lors de la venue de Nicolas Sarkozy, seulement 3 auditeurs avaient pu s’exprimer dans Inter-Active (les journalistes de la station avaient monopolisé la parole). Demorand n’avait alors jamais pressé ni le Ministre de l’Intérieur, ni ses troupes. Cette fois c’est différent. L’invité n’est pas éminent, alors, on prend ses aises : « Il y a ÉNORMÉMENT de questions au standard de France Inter ce matin. (...) Essayez de faire des réponses RELATIVEMENT courtes que l’on puisse prendre le maximum de gens ? » Ou « Retour au standard de France Inter. Questions et réponses synthétiques, s’il vous plaît José Bové. » Mais plus cocasse est le « petit code » proposé par Demorand : « Alors on va établir un petit code José Bové : quand je ferai « hum, hum » [il se racle la gorge] comme ça, ça veut dire qu’on repasse au standard, d’accord ? Je rappelle que vous êtes à Marseille. » Et en plein milieu de la réponse de Bové, naturellement, Demorand mugit. Le reste de l’émission est aussi expéditive : « Question rapide Georges, s’il vous plaît, il nous reste une petite minute. » « Réponse rapide. » « Vite, vite, vite ! »... Le fichier sonore que propose Acrimed est éloquent et... comique. C’est la fête à Bové Dans son éditorial du Point (le 15.02.2007), tout en finesse, Claude Imbert sous-entend que ce même José Bové serait antisémite : « Gauchiste international version gauloise, apparatchik déguisé en bouvier des Causses, faux paysan, faux Aveyronnais, Bové plastronne en Astérix d’opérette, mais ne vise que la sape des démocraties libérales. Moustache celte mais tripe castriste ; bouffarde arverne mais blog tiers-mondiste, il n’aime ni le maïs yankee, ni les juifs transgéniques d’Israël ... » [C’est nous qui soulignons.] La « bourde » de Bourdin Aussi léger que Demorand, subtil comme Imbert : c’est Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Le 24 janvier 2007, Ségolène Royal était son invitée. La mode est à la médiatisation des bourdes et Bourdin veut la sienne. Relayant la question d’un auditeur (« Avons-nous besoin d’autant de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins ? »), le journaliste impertinent pose une question jusqu’alors jamais posée à un homme politique, fut-il Ministre de la Défense : « On en a combien, tiens ? Ségolène Royal, on a combien de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins aujourd’hui ? » Après une brève hésitation, Royal répond : « Nous en avons un. » Et marmonne, gênée, « deux ». Jean-Jacques Bourdin, fier de son guet-apens : « Non, non, nous en avons sept ! » Ségolène Royal : « Oui, sept ! » 2. Tout en connivences Prendre un journaliste par les épaules
- Philippe Ridet : « Je vais pas vous révéler un secret, mais il lui arrive à Sarkozy de vous prendre par les épaules et de dire : "Ah, c’que c’est que la complicité des journalistes avec les politiques", par exemple. De façon à ce que les autres le voient. Mais... Voilà, ça l’amuse. C’est une sorte de joke comme ça, qu’il a en permanence avec certains d’entre nous... » br>
- Daniel Schneidermann : « Et, vous, vous le tutoyez ? » br>
- Jean-François Achilli : « Je crois que, globalement... Parce que, oui, c’est vrai, effectivement il est très sympathique, hein. Il est très avenant, il a un côté réactif, malin... Mais, je crois que cette relation qui ressemblerait à une fausse camaraderie n’empêche pas le traitement journalistique. » Question d’hygiène ? Et, surtout, un bon appétit ! Connivence encore. Dans la série « un tout petit monde », venues du Canard enchaîné (14.02.2007), « Des nouvelles de Radio France, où l’audience annuelle du groupe continue de baisser mais où les déjeuners politiques en ville se multiplient à l’approche de la présidentielle. Le dernier en date, organisé à l’initiative du pédégé : lundi 5 février, Cluzel et son état-major ont partagé leur table avec Sarkozy et ses proches. » En toute indépendance, évidemment. [Post scriptum : Le Canard enchaîné daté du 21 février 2007 précise que Jean-Paul Cluzel dément ce déjeuner. Dont acte.] « Je vous demande de vous arrêter ! » « Si Ségolène Royal s’y est mise, c’est parce qu’on l’avait fait avant ! » Arlette Chabot a humblement revendiqué à Libération la maternité du concept de débat participatif (le 03.02.2007). Elle évoquait, bien sûr, son émission « A vous de juger » sur France 2. Une « participation » un peu encadrée quand même. L’édition du 15 février 2007 a ainsi été le théâtre d’un échange assez savoureux entre un intervenant du public (Nabil) et la présentatrice, Arlette Chabot, protectrice de l’un de ses invités... Vite, question suivante : « hum », « hum » ! _________________________________________________ [1] avec Richard Malka et Riss, La Face karchée de Sarkozy, Paris, Fayard [2] Lire ici même « Vous avez dit « peopolisation » ? (2) : L’art du portrait selon Le Monde ». |
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