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Gratuits de tous pays

Pour faire connaissances aves les journaux gratuits...

Des quotidiens et des groupes - En France, trois "gratuits" - Quelles conséquences pour la presse payante

Des quotidiens et des groupes

Les journaux gratuits existent depuis une trentaine d’annĂ©es. Ils ont du reste absorbĂ© une bonne part les petites annonces. Le phĂ©nomène relativement nouveau, ce sont les quotidiens qui se prĂ©sentent comme des journaux d’information.

Financés exclusivement par la publicité, présents dans une vingtaine de pays, les journaux gratuits sont édités essentiellement les deux groupes scandinaves très puissants, le suédois Metro International, éditeur du quotidien gratuit français Metro, et le norvégien Schibsted, éditeur de Vingt Minutes (dont la sortie est imminente en France).

– Metro International SA

LancĂ© le 13 fĂ©vrier 1995 Ă  Stockholm (Suède) - sous le nom de Metro, parce qu’il est distribuĂ© dans le rĂ©seau souterrain de transports de Stockholm - le premier quotidien d’informations gĂ©nĂ©rales entièrement gratuit attire d’abord le mĂ©pris des Ă©diteurs de journaux payants suĂ©dois qui crient au "journal d’Ă©picier".

<< (...) en 2001, le Metro suĂ©dois, lancĂ© dans la capitale puis Ă  Göteborg et Ă  Malmö, cartonne Ă  969 000 lecteurs par jour, devant le quotidien payant Dagens Nyheter vendu Ă  387 000 exemplaires et lu par 966 000 SuĂ©dois... Au passage, il a prĂ©cipitĂ© dans la tombe le quotidien payant Arbetet. Depuis 1995, Metro International a fait des petits (il est distribuĂ© dans 20 villes de 14 pays), et le norvĂ©gien Schibsted l’a rejoint sur son crĂ©neau. >> Catherine Malaval, LibĂ©ration, mardi 19 fĂ©vrier 2002

Toutes Ă©ditions confondues, Metro revendique "plus de 9 millions de lecteurs", ce qui le hisserait Ă  la cinquième place des quotidiens les plus lus au monde, derrière l’allemand Bild et des journaux japonais. Son lectorat est composĂ© Ă  50 % de femmes.

Metro est distribuĂ© dans treize pays (quatrorze avec la France) et vingt villes : RĂ©publique tchèque, Hongrie, Pologne, Italie, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Finlande, Danemark, Etats-Unis, Canada, Chili et Argentine. L’Ă©dition de Zurich, non rentable, a fermĂ© dĂ©but fĂ©vrier 2002.
La sociĂ©tĂ© Metro International est basĂ©e Ă  Londres et est cotĂ©e Ă  la Bourse de New York (Nasdaq) et Ă  Stockholm. Elle a Ă©tĂ© dissociĂ©e en 2000 de sa maison mère, le Modern Times Group, qui regroupe les activitĂ©s mĂ©dias du suĂ©dois Jan Stenbeck. [1]

– Shibsted ASA

(...)

En France, trois "gratuits"

- MĂ©tro :

LancĂ© le 18 fĂ©vrier 2002 par le groupe suĂ©dois Metro International SA - Quotidien de 24 pages - Objectifs : 400 000 exemplaires Ă  Paris, 100 000 Ă  Lyon et Marseille - Diffusion par colportage et dans des prĂ©sentoirs - RĂ©daction : 13 personnes Ă  Paris, sous la direction de Didier Pourquery (ex - L’Expansion) - Budget de lancement : entre 8 et 12 millions d’euros - Conseillers : Christine Ockrent, Philippe Tesson et Albert Du Roy.

- 20 Minutes

LancĂ© le 15 mars 2002 par le groupe norvĂ©gien Shibsted ASA - Actionnaire : spir communication, filiale de Ouest-France SA - Quotidien de 32 pages - Diffusion par colportage et dans des prĂ©sentoirs des gares RER et SNCF - RĂ©daction 27 personnes, sous la direction de FrĂ©dĂ©ric Filloux (ex-LibĂ©ration) - Budget : 35 millions d’euros sur 3 ans.

–  Marseille Plus


LancĂ© de 18 fĂ©vrier par La Provence (Hachette Filipacchi MĂ©dias). Quotidien de 24 pages - Objectif : 100 000 exemplaires - Diffusion par colportage - RĂ©daction : 9 journalistes, dirigĂ©s par Gullaume Singer (ex- La Provence) - Budget annuel : 3,8 millions d’euros.

Quelles consĂ©quences pour la presse payante ?

- La fuite des lecteurs ?


Ces journaux vont-ils dĂ©tourner dĂ©tourner une partie du lectorat de la presse payante ?
"Les quotidiens gratuits ont provoquĂ© en moyenne, la première annĂ©e, une baisse de 5 Ă  7 % de la diffusion des quotidiens payants dans les villes oĂą ils ont Ă©tĂ© lancĂ©s", estime Luciano Bosio, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de Carat Expert, centrale d’achat d’espace et sociĂ©tĂ© de conseil. (d’après LibĂ©ration et Le Monde)

Si l’on en croit Le Monde, les rĂ©sultats des quotidiens gratuits et leurs effets sur les journaux payants en Europe sont très variables selon les pays et selon la nature de la presse payante avec laquelle ils rivalisent. [2]

La chute des ventes, fréquente lors de la parution du, " gratuit ", est souvent enrayée dans la deuxième année. Aussi faut-il distinguer selon le type de presse.

C’est ce qu’Ă©crit Catherine Malaval, dans LibĂ©ration :

– Sur les quotidiens populaires
<< En première ligne : les quotidiens populaires. Ainsi, Ă  Londres, London Metro, quotidien gratuit du groupe britannique Associated Newspaper, lancĂ© en 1999 et sans lien de parentĂ© avec le Metro suĂ©dois, a-t-il coĂ»tĂ© 4 % de leur lectorat (certes Ă©norme) aux tabloĂŻds Ă  scandale que sont le Sun et le Mirror. MĂŞme constatation en Suisse alĂ©manique, oĂą le norvĂ©gien 20 Minutes a provoquĂ© une chute de 14 % de la diffusion du populaire Blick, alors que le quotidien de qualitĂ© Tages Anzeiger n’a pas frĂ©mi. >>

– Sur les quotidiens rĂ©gionaux

Catherine Malaval prĂ©cise :
<< Autres victimes putatives des quotidiens gratuits : les rĂ©gionaux. Ainsi, Ă  Milan, oĂą s’activent pas moins de trois quotidiens gratuits, ni le Corriere della Sera, ni la Repubblica n’ont souffert quand le populaire rĂ©gional Il Giorno, dĂ©jĂ  pas très forme au dĂ©part, a encaissĂ© une chute de ses ventes de 20 %. >>

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