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BHL calomnie le Diplo

Dans Le Point du 9 mars 2006 Bernard-Henri LĂ©vy, de retour des Etats-Unis, s’est laissĂ© aller - Ă´ surprise ! - Ă  quelques divagations dignes des « dĂ©bats » mĂ©diatiques.

Revenant sur la question du nuclĂ©aire en Iran, il pose la question : « Inde et Iran, deux poids et deux mesures face Ă  la question du nuclĂ©aire ? » Et affirme : « Eh oui. Bien entendu. Il y a deux poids et deux mesures, toujours, entre la dĂ©mocratie et le fascisme. » Avant de commenter : « Rien ne me semble plus redoutable que ce jeu de fausse symĂ©trie qui voudrait nous convaincre, au nom de l’« Ă©quitĂ© », que ce qui est donnĂ© Ă  la dĂ©mocratie indienne devrait l’ĂŞtre Ă  l’Iran des mollahs. Ne pas cĂ©der sur ce point. »

Et de mettre ainsi en scène son courage : s’Ă©garer... «  Ne pas se laisser intimider par les compagnons de route des islamistes radicaux qui, comme le directeur du Monde diplomatique, regrettent, ce mois-ci, que l’on "diabolise" les hĂ©ritiers de Khomeyni.  »

Ignacio Ramonet, puisqu’il s’agit de lui, serait d’une part un compagnon de route des « islamistes radicaux » et aurait regrettĂ© « que l’on "diabolise" les hĂ©ritiers de Khomeyni ».

On se convaincra aisément de la probité intellectuelle de BHL, en comparant avec le texte initial de Ramonet (Le Monde Diplomatique, mars 2006).

Après un retour sur la dĂ©finition de la « dĂ©mocratie » et sur le choix de ce qu’est une bonne dĂ©mocratie selon les Etats-Unis, Ramonet explique que selon eux pour ĂŞtre un bon dĂ©mocrate, « il ne suffit pas d’ĂŞtre Ă©lu dĂ©mocratiquement », il faut ĂŞtre le candidat choisi par les Etats occidentaux. Et il prend l’exemple de l’Iran (entre autres) :

« Pour l’Iran, chacun trouvait les Ă©lections de juin 2005 formidables : participation massive, pluralitĂ© et diversitĂ© des candidats (dans le cadre de l’islamisme officiel), et surtout brillante campagne de M. Ali Akbar HachĂ©mi Rafsandjani, favori des Occidentaux et donnĂ© vainqueur. Nul n’Ă©voquait alors le « pĂ©ril nuclĂ©aire ». Tout a brutalement changĂ© après la victoire de M. Mahmoud Ahmadinejad (dont, par ailleurs, les dĂ©clarations sur IsraĂ«l sont inacceptables). Et l’on assiste maintenant Ă  une diabolisation de l’Iran. Bien que TĂ©hĂ©ran soit signataire du traitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire et nie vouloir la bombe, le ministre français des affaires Ă©trangères ne vient-il pas d’accuser l’Iran de conduire un "programme nuclĂ©aire militaire clandestin" ? »

Le lecteur attentif pourra juger sur pièce, quoi qu’il pense de l’analyse d’Ignacio Ramonet.

Rien dans ses propos ne permet de le prĂ©senter comme un « compagnon de route des islamistes radicaux ». Mais notre nouveau Tocqueville ne recule devant aucune calomnie.

Et si le directeur du Monde Diplomatique s’interroge sur la « diabolisation de l’Iran », c’est uniquement pour mettre en Ă©vidence les variations du gouvernement Ă©tatsunien dans l’usage qu’il fait des critères dĂ©mocratiques qu’il invoque [1]. Mais notre « nouveau philosophe » sait que tous les moyens sont bons pour ... « diaboliser ».

La gloire médiatique est à ce prix.

Mathias Reymond

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