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« L’Europe, L’Europe... »

Laure Adler, gardienne de l’orientation de France Culture

La Commission europĂ©enne est « gardienne des traitĂ©s » et Laure Adler est « gardienne de l’orientation de France Culture ». DĂ©cidĂ©ment, les manières europĂ©ennes dĂ©teignent sur les pratiques nationales avant mĂŞme l’application Ă©ventuelle du TraitĂ© constitutionnel europĂ©en.

Et Laure Adler remplit avec constance son rĂ´le de gardienne de l’orientation.

Sur le site du Parti socialiste, un fichier au format .pdf [1] prĂ©sente, au titre de la « Campagne pour le rĂ©fĂ©rendum » (comprendre pour le « oui » au rĂ©fĂ©rendum), le ComitĂ© de soutien prĂ©sidĂ© par Jacques Delors.

L’ordre alphabĂ©tique Ă©tant impitoyable, on dĂ©couvre très vite que Adler Laure, comme c’est parfaitement son droit, fait partie dudit comitĂ©. Mais Ă  quel titre ? Comme « Directrice de France Culture » !

Pourtant Laure Adler, annonçant qu’elle allait quitter cette fonction Ă  l’automne, dĂ©clarait au Monde, le 24 mars 2005, que « journaliste » Ă©tait son « mĂ©tier de base », elle se prĂ©sente couramment comme « journaliste et historienne ».

Ainsi, toujours zĂ©lĂ©e, la grande Laure Adler, « Directrice de France Culture » encore pour quelques mois, aura profitĂ© jusqu’Ă  la veille de son dĂ©part de ce titre pour servir ses causes, ses amis, et sans doute ses arrières. Avec un culot garanti par un sentiment de totale impunitĂ©, elle n’aura pas hĂ©sitĂ© Ă  « prendre en otage » (puisque l’expression plait tant Ă  la presse !) la fonction de directrice d’une chaĂ®ne de service public pour apporter sa contribution Ă  la campagne Ă©lectorale en faveur de la ratification du TraitĂ© constitutionnel europĂ©en.

Quant au mĂ©diateur (garant de la « dĂ©ontologie »...), au CSA (garant de « l’Ă©quitĂ©...) et Ă  Jean-Paul Cluzel, prĂ©sident de Radio France (garant de son « indĂ©pendance ...), ils protègent de leurs silences le bon petit soldat Laure Adler qui dĂ©clarait, dans l’article dĂ©jĂ  citĂ© du Monde que pour la remplacer, « Il faut un serviteur de l’Etat, amoureux du service public et mĂŞme[sic] de France-Culture. »

Ajoutons qu’il faut aussi ĂŞtre prĂŞt Ă  servir tous les gouvernements, de gauche comme de droite, non seulement passĂ©s, mais Ă  venir.

C’est donc officiel : Laure Adler soutient le « oui », en qualitĂ© de « Directrice de France Culture ». Mais, ce faisant, elle se borne Ă  officialiser la position de la quasi-totalitĂ© des chroniqueurs de la chaĂ®ne. Il suffit pour cela d’avoir encore le courage d’Ă©couter le 7/9 avec la chronique d’actualitĂ© culturelle europĂ©enne, les chroniqueurs Alain-GĂ©rard Slama, Alexandre Adler, Olivier Duhamel, Anne Coudin, mais aussi Geneviève Fraisse, Jean-Marie Colombani, Jean-NoĂ«l Jeanneney, Jacques Le Goff, Ali Baddou, Jean-Claude Casanova, Jean Lebrun. Certains d’entre eux, mais sans se prĂ©valoir de France Culture, figurent sur le comitĂ© de soutien du Parti socialiste. Quant Ă  ceux que nous avons oubliĂ©s qu’ils nous pardonnent : ils sont si nombreux !

Il est vrai qu’il Ă©tait toujours possible de faire pire : en septembre dernier, lors de la prĂ©sentation de la grille 2004/2005, Laure Adler avait annoncĂ© un nouveau chroniqueur : ValĂ©ry Giscard d’Estaing lui-mĂŞme.

Dans de telles conditions, il ne suffit pas de nous opposer que des partisans du « non » sont invitĂ©s sur France Culture, alors qu’ils sont gĂ©nĂ©ralement entourĂ©s ou interrogĂ©s par des partisans du « oui » qui ne parviennent mĂŞme pas Ă  dissimuler leur engagement, du moins quand ils essaient de le faire...

Vincent Mutin

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